Critiques Séries : Stuart Fails to Save the Universe. Saison 1. Episode 6.

Critiques Séries : Stuart Fails to Save the Universe. Saison 1. Episode 6.

Stuart Fails to Save the Universe // Saison 1. Episode 6. Spoiler: Corn is Delicious.

 

Après cinq épisodes à enchaîner les réalités loufoques, ce sixième chapitre pose enfin les bonnes questions. Pourquoi Stuart, un mec anxieux, égoïste et dépassé, serait-il celui qui doit sauver le multivers ? Jusqu’ici, le patron du comic shop avançait un peu par la force des choses. Chaque monde lui collait une nouvelle urgence sur le dos, sans qu’il ait vraiment le temps de réfléchir. Cet épisode ralentit un peu le rythme. Après avoir quitté la communauté précédente, le petit groupe formé par Stuart, Denise, Bert et Kripke atterrit dans une réalité étonnamment paisible. Pas de robots tueurs, pas d’IA oppressive, pas de démons aux trousses pour récupérer la machine. 

 

Bon, le décor a quand même un twist absurde : ici, l'humanité a évolué à partir des vaches. Visuellement et sur le papier, c'est marrant. Les habitudes alimentaires sont inversées, la viande est un tabou absolu et le végétal règne en maître. Si l'humour repose un peu trop souvent sur les mêmes vannes d'alimentation, le concept sert surtout de toile de fond à un enjeu beaucoup plus intime. Pour une fois, Stuart a le temps de respirer. Fatigué de chercher Leonard, Sheldon et Howard, épuisé par une technologie qu'il ne maîtrise même pas, il réalise une chose toute simple : dans ce monde, il pourrait juste être heureux. Denise est à ses côtés, le quotidien est calme, personne ne leur tire dessus. Rester là devient une option très tentante.

Et franchement, on le comprend. Le mec n'a jamais demandé à jouer les héros. Pourquoi devrait-il sacrifier sa sérénité pour corriger une catastrophe dont il n'est même pas responsable ? C'est ce dilemme qui donne un peu d'épaisseur à la série. Jusqu'à présent, le voyage entre les mondes ressemblait à un prétexte pour enchaîner les sketchs. Là, l'intrigue prend enfin une tournure personnelle. De leur côté, Bert et Kripke finissent par se poser les mêmes questions. Après avoir suivi Stuart sans trop rouspéter, ils réalisent qu'ils pourraient eux aussi chercher un univers sur mesure. Leur tentative de récupérer la machine pour filer de leur côté n'est pas très glorieuse, mais elle colle parfaitement à la mentalité des deux personnages. 

 

Ils pensent à leur pomme, comme d'habitude. C'est là que l'épisode sort sa grosse carte narrative : Stuart n'est pas juste un voyageur comme les autres. On apprend qu'il est le maillon indispensable au fonctionnement du saut interdimensionnel. Sans sa présence, le système déraille et bloque tout le monde dans une zone grise. Cette révélation remet pas mal de choses en perspective. Stuart n'est pas le « choisi » parce qu'il possède des super-pouvoirs ou une intelligence hors norme. Il est l'élu par pur hasard technique. C'est assez ironique pour un type qui s'est toujours senti insignifiant, mais cela lui donne une vraie responsabilité. La confrontation entre Stuart et un double venu d'une autre réalité pousse le personnage dans ses retranchements. 

S'il décide de la couler douce dans ce monde idéal, les autres réalités finissent par s'effondrer. Pour la première fois de la saison, il ne fuit pas. Il choisit sciemment de reprendre la route, en sachant exactement ce qu'il abandonne. Ce choix ne transforme pas le personnage du jour au lendemain en meneur charismatique. Il reste maladroit, hésitant et flippé. Mais il accepte enfin de porter la charge, et c'est ce qui rend cette évolution crédible. Tout n'est pas parfait dans cet épisode. Le monde bovin manque un peu d'exploitation et tire sur la corde avec des gags redondants. Les scènes où Bert et Kripke se retrouvent coincés traînent un peu en longueur pour meubler le temps et réexpliquer la science du voyage.

 

Mais au-delà de ces baisses de régime, cet épisode 6 marque une étape importante. On comprend que le véritable intérêt de la série ne réside pas seulement dans le délire des mondes traversés, mais dans ce qu'ils révèlent sur la bande. Stuart passe du statut de victime des événements à celui d'acteur de son propre destin. C'était le recadrage nécessaire pour relancer l'intérêt avant la dernière partie de la saison.

 

Note : 5.5/10. En bref, cet épisode fait évoluer Stuart en le plaçant face à un choix personnel fort, apportant enfin un véritable enjeu émotionnel à la série. Malgré quelques baisses de rythme et des gags bovins répétitifs, ce tournant plus mûr et centré sur les personnages redonne du souffle à la saison.

Disponible sur HBO max

 

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