30 Juillet 2026
The Westies // Saison 1. Episode 4. Favors and Funerals.
Chaque choix finit par se payer. C’est le fil conducteur que suit The Westies depuis son tout premier épisode, et ce quatrième chapitre pousse le curseur un cran plus haut. Après avoir installé la guerre froide entre le clan irlandais et les Gambino, la série décortique cette fois ce qui se passe quand la confiance vole en éclats de l’intérieur. Les ennemis d’en face restent menaçants, mais ce sont bien les querelles internes qui risquent de faire sauter Hell’s Kitchen. Tout repart des funérailles de Pat Murphy. Devant la communauté rassemblée, Eamon Sweeney livre un discours vibrant sur la solidarité du quartier, la fierté des Westies et l'importance de rester unis.
L'accroche fonctionne auprès de la foule, mais le spectateur décèle tout de suite le décalage. C’est un moment particulièrement ironique quand on sait que plusieurs choix récents d'Eamon ont directement mené à ce drame. Le patron du clan cherche désespérément à garder le contrôle, mais sa manie de tout manipuler commence à refroidir ses plus fidèles alliés. Jimmy est aux premières loges. Au début de la saison, il vouait une admiration presque aveugle à Eamon. Aujourd'hui, le doute s'installe pour de bon. Il continue de jouer les soldats disciplinés et de recadrer les troupes, mais les fausses notes deviennent trop bruyantes pour être ignorées. Plus les cachotteries s'accumulent, plus le respect s'effrite. La question de la drogue illustre à merveille cette hypocrisie.
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Il y a peu, Eamon refusait catégoriquement que les plus jeunes touchent au trafic de cocaïne, prétextant des principes moraux et le besoin de discrétion. Dans cet épisode, il s'apprête pourtant à faire exactement la même chose, à la seule condition que le coup se fasse dans l'ombre. Ce revirement montre bien la philosophie du personnage : les règles d'éthique ne s'appliquent que lorsqu'elles l'arrangent. Évidemment, ce genre de calcul comporte d'immenses risques. L'argent facile attire forcément un groupe qui cherche à prendre du galon, mais vouloir aller trop vite expose tout le monde. Les Westies peinent déjà à maintenir un statu quo très précaire avec la mafia italienne. Lancer un nouveau trafic dans leur dos ressemble fort à un pari suicidaire.
D’autant que la mafia a l’œil aiguisé. Une simple transaction louche suffit à éveiller les soupçons, et John Gotti comprend vite qu'Eamon joue un double jeu. Dans ce monde-là, le moindre signe de faiblesse devient une invitation à frapper, et les Gambino n'attendent que le bon moment pour abattre leur carte. Au-delà des intrigues financières, l'épisode brille par sa gestion de la tension humaine. La fracture se creuse à tous les étages. Jimmy ne croit plus au discours officiel, Mickey conteste ouvertement la méthode, et le reste des troupes commence à se demander si Eamon travaille encore pour le collectif ou uniquement pour sa propre survie. Mickey apporte toujours cette nervosité très bienvenue à l’écran.
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Derrière son attitude impulsive et imprévisible, le personnage montre une loyauté brute qui entre en collision directe avec le calcul d'Eamon. Pour lui, accepter les courbettes et les demi-mesures imposées par le chef devient physiquement insupportable. En parallèle, le parcours de Glenn Keenan prend une tournure dramatique. Coincé entre ses obligations avec le FBI, son attachement au gang et son désir d'arracher son fils Danny à la rue, il passe son temps à mentir à tout le monde. Le problème, c'est que plus il tente de protéger son fils, plus il le pousse vers le milieu. Sa trajectoire illustre la tonalité de la série : à Hell's Kitchen, les meilleures intentions finissent souvent par faire le plus de dégâts. Du côté des personnages féminins, Bridget gagne enfin en consistance.
Jusqu'ici, son passé lié à l'IRA tenait du simple détail de fond. L'épisode 4 met en avant des motifs beaucoup plus personnels et familiaux qui expliquent ses choix. Le hic, c'est qu'elle commence à cacher ses démarches à Jimmy. Leur duo reposait sur une sincérité totale, et voir des secrets s'immiscer entre eux confirme que chacun commence désormais à jouer sa propre carte. L'épisode s'achève sur une scène clé : pris sous le feu d'une tentative d'assassinat, Eamon ne doit sa survie qu'à l'intervention réflexe de Jimmy. Ce geste prouve que l'attachement est toujours là, mais il ressemble davantage à un baroud d'honneur qu'à une vraie réconciliation. La loyauté tient encore, mais elle ne tient plus qu'à un fil.
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Après quatre épisodes, The Westies dresse le portrait d'un groupe au bord du gouffre. Si la menace extérieure existe belle et bien, c'est surtout la somme des petites trahisons internes qui risque d'être fatale au clan. Les pions sont désormais placés pour une fin de saison électrique.
Note : 6/10. En bref, ce quatrième épisode tient plus de l'étape intermédiaire que du grand choc scénaristique. Le rythme ralentit un peu par rapport aux deux premiers épisodes, qui bombardaient d'action et de rebondissements. Néanmoins, l'écriture fait un travail minutieux d'usure : elle prépare le terrain pour les explosions à venir.
Prochainement en France
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