Critiques Séries : The Westies. Saison 1. Episode 7.

Critiques Séries : The Westies. Saison 1. Episode 7.

The Westies // Saison 1. Episode 7. A Boy Made of Trouble.

 

Après six épisodes à bâtir des alliances bancales, à gérer des trafics sous pression et à encaisser les trahisons, ce septième chapitre fait enfin tout exploser. La relation entre Jimmy Roarke et Eamon Sweeney arrive à son point de rupture. Alors que le final approche à grands pas, la série arrête de jouer les équilibristes. Les mauvais choix accumulés depuis le départ finissent par se payer, et certaines limites franchies rendent tout retour en arrière impossible. L'élément déclencheur de cette tempête, c'est l'arrestation de Sean. Le jeune membre du clan se fait serrer avec de la doperie par des flics sous couverture et risque très gros. Mais pour l'équipe, le problème dépasse largement le sort du gamin. 

 

Si Sean craque et commence à parler, c'est tout le réseau mis en place avec John Gotti qui risque de sauter. Fidèle à lui-même, Jimmy reste convaincu que le gamin tiendra sa langue. Eamon, nettement plus parano, voit juste une bombe à retardement en prison, capable de faire tomber tout le monde pour sauver sa peau. Ce décalage de réaction met en lumière la fracture de plus en plus profonde entre les deux hommes. Il faut dire que depuis le début, Jimmy cherche à prendre son envol. Il a d'abord contesté les décisions du boss, puis il a monté ses propres affaires dans son coin avec Mickey. Son rapprochement avec Gotti autour du trafic de coke l'a encore un peu plus éloigné des méthodes à l'ancienne des Westies. 

Dans cet épisode, la réalité le rattrape brutalement. Eamon finit par découvrir la supercherie : Jimmy bosse avec Gotti dans son dos. La réaction ne se fait pas attendre. Entre rage et inquiétude, le chef craint surtout que ce partenariat sauvage n'amorce une guerre avec Big Paul Castellano. Pour lui, la jeune garde joue à un jeu dangereux qui menace l'existence même de l'organisation. Pourtant, le vrai danger ne vient pas de la mafia italienne, mais d'un flic : Glenn Keenan. Longtemps dépeint comme un inspecteur dépassé, Keenan reprend enfin la main sur son dossier. Associé à l'agent Polk, il accentue la pression et comprend très vite comment exploiter les failles internes du gang. 

 

Pas besoin de faire tomber la tête immédiatement : il lui suffit d'injecter une dose de doute supplémentaire chez Jimmy pour que le château de cartes s'effondre. L'arrestation de Sean devient alors un formidable levier psychologique. Dans un premier temps, Keenan tente d'arracher des aveux au jeune arrêté, sans succès. Sean demande un avocat et reste muet. Mais le policier ne s'arrête pas à cet échec. Il connaît Eamon par cœur et sait parfaitement qu'une balance potentielle est un risque que le chef ne tolérera pas longtemps. Ce qui suit illustre à merveille la froideur d'Eamon. Après un échange avec Gotti, il valide l'exécution de Sean. 

La décision n'est pas filmée comme un accès de violence gratuite, mais comme une simple opération de nettoyage nécessaire à la survie du groupe. C'est exactement ce qui dégoûte Jimmy : Eamon ne fait plus la moindre différence entre protéger le clan et exécuter ceux qui deviennent embarrassants. La mort du gamin scelle définitivement leur rupture. Pour enfoncer le clou, Keenan abat sa dernière carte. Il détient un enregistrement audio entre Eamon et Gotti prouvant que le boss a ordonné le contrat. Lorsqu'il fait écouter la bande à Jimmy, les soupçons du lieutenant se changent en une certitude glaciale. La confrontation finale entre les deux hommes constitue naturellement le sommet dramatique de l'épisode. 

 

Jimmy débarque en faisant exploser des semaines de rancœur accumulée. Il balance à Eamon ses mensonges, ses dérives et cette fâcheuse tendance à sacrifier les mecs du quartier pour maintenir son petit pouvoir, une vision du business que Jimmy ne partage plus du tout. Le moment où Jimmy sort son arme apporte un suspense très fort à la scène. Pourtant, il ne presse pas la détente. Ce choix d'écriture est particulièrement réussi. Jimmy n'est pas encore prêt à devenir l'ennemi juré d'Eamon. Malgré le sang versé, il reste attaché à celui qui l'a formé et qui a longtemps joué les pères de substitution. Mais le verre est brisé. Après un tel face-à-face, personne n'imagine une réconciliation.

En parallèle, l'épisode lève un peu le pied sur Mickey par rapport aux semaines précédentes. Sa relation avec Erin permet malgré tout de garder un ancrage humain chez ce personnage complètement imprévisible. Mickey reste une bombe à retardement, et son comportement erratique risque de peser lourd dans le final, maintenant que Jimmy ne peut plus compter sur Eamon pour le canaliser. De son côté, Bridget continue sa quête personnelle autour de Brendan et du colonel Markham. Cette sous-intrigue reste très isolée du conflit mafieux central, mais elle apporte une nuance morale intéressante. La jeune femme se retrouve face à un dilemme cornélien : aller au bout de sa vengeance personnelle ou préserver ce qu'il lui reste d'humanité.

 

Le vrai point faible de cette ligne narrative réside dans sa solitude. Elle manque cruellement de liant avec le reste du récit, alors que les enjeux entre Jimmy, Eamon et la police captivent totalement l'attention. On peut espérer que le dernier épisode parvienne à faire croiser toutes ces trajectoires. Au terme de ce septième chapitre, la série a clairement changé de visage. La première partie de saison s'appuyait sur une entente fragile entre Irlandais et Italiens. Aujourd'hui, la guerre est intestine. Le ver est dans la pomme. Jimmy et Eamon ne peuvent plus se voir en peinture, pendant que Gotti compte les points et ramasse les pièces du puzzle pour étendre son emprise.

Selon moi, cet épisode 7 brille principalement lorsqu'il resserre sa focalisation sur ce duo toxique. Le scénario a parfois tendance à éparpiller ses forces et à presser le pas, mais cet affrontement-là était très bien amené. Les renoncements d'Eamon, les rêves de grandeur de Jimmy et les coups de pression du flic Keenan devaient inévitablement mener à ce choc frontal. Le final s'annonce explosif et laisse plusieurs questions en suspend. Jimmy va-t-il monter sa propre équipe ? Eamon a-t-il encore les épaules pour régner ? Jusqu'où Gotti va-t-il tirer les ficelles ? Et surtout, combien de cadavres va-t-il falloir enterrer avant la fin ? Une chose est sûre : le lien d'amour et de loyauté qui unissait les deux hommes a volé en éclats. Vu le chemin parcouru depuis le pilote, c'était la seule issue possible.

 

Note : 7/10. En bref, cet épisode marque un tournant haletant en faisant voler en éclats le duo Jimmy-Eamon, porté par des choix d'écriture fins et une montée en tension parfaitement maîtrisée. Je regrette seulement le manque de lien avec les intrigues secondaires, mais l'affrontement central prépare idéalement le terrain pour un final explosif.

Prochainement en France

 

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