4 Août 2026
The Westies // Saison 1. Episode 5. A Right Rose Tree.
On entre dans une phase où les armes restent au chaud, mais où les coups bas font deux fois plus de dégâts. Ce cinquième épisode met un petit coup d'arrêt aux fusillades brutes pour s'intéresser à ce qui fait le vrai sel de la série : les magouilles politiques et les petites trahisons entre amis. Jusqu'ici, on regardait deux bandes s'affronter gentiment pour le contrôle du quartier. Là, le décor change. Chacun commence à calculer dans son coin, et on comprend vite que le plus grand danger ne vient pas forcément du clan d'en face. Le conflit entre les Irlandais de Hell's Kitchen et les Gambino prend une tournure bien plus personnelle. La guerre de territoire s'efface peu à peu derrière les intérêts individuels.
Et à ce jeu-là, personne n'est vraiment irréprochable. Au cœur de l'intrigue, il y a cette histoire de coke qui vient tout compliquer. Big Paul Castellano tente de garder la hand sur son monde et fixe une ligne rouge très claire : pas de trafic de drogue, ni pour les Italiens, ni pour les Westies. C'est de la logique pure. Le FBI tourne autour des familles comme des vautours, et ramener de la poudre dans l'équation, c'est tendre le bâton pour se faire battre. Sauf que l'appel du billet vert est trop fort. Eamon comprend instantanément tout le bénéfice qu'il pourrait en tirer pour renflouer ses caisses. Mais fidèle à lui-même, il préfère envoyer les autres au charbon. Il refile le bébé et les risques à Jimmy.
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C'est assez révélateur de la trajectoire du personnage depuis le pilote. On pensait voir un chef de clan protecteur, prêt à aller au feu pour ses hommes. On découvre surtout un type prêt à sacrifier ses troupes pour garder son petit confort et son trône. Face à ça, Jimmy ne se contente plus de jouer les seconds rôles. Il exécutait les ordres sans trop poser de questions jusqu'à présent, mais quelque chose casse dans cet épisode. En acceptant de gérer le deal, il prend une sacrée épaisseur. Il comprend les rouages du business et commence à bâtir sa propre autorité, loin de l'ombre étouffante d'Eamon. La scène de la transaction avec les nouveaux intermédiaires pose d'ailleurs une ambiance pesante très réussie.
L'air est irrespirable, la méfiance se lit sur tous les visages et on sent que le moindre faux mouvement peut faire tout sauter. Sans surprise, le rendez-vous vire au règlement de comptes improvisé. C'est presque une marque de fabrique dans cette série : chaque fois qu'un personnage pense avoir un coup d'avance, la réalité lui revient en pleine figure. Depuis la mort de Vinnie, toutes leurs tentatives pour reprendre le contrôle créent encore plus de bordel qu'autre chose. Heureusement, la relation entre Jimmy et Mickey apporte un peu d'air frais. Les deux gars sont loyaux jusqu'au bout des ongles, même s'ils ne fonctionnent pas du tout de la même manière. Jimmy pose le jeu et réfléchit aux conséquences, alors que Mickey marche au sang-chaud et à l'instinct.
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Cette dynamique fonctionne très bien et amène un vrai relief au milieu de ce panier de crabes. Chez les Gambino, ce n'est pas beaucoup plus calme. John Gotti en a marre de piétiner et de suivre les consignes de Big Paul. Il décide donc de jouer sa propre carte en sous-main. Sa démarche auprès de Jimmy et Mickey prouve que la pègre italienne est tout aussi fissurée que le clan irlandais. L'affrontement n'est plus binaire, et c'est tant mieux pour l'intérêt du récit. Gotti propose carrément une alliance à Jimmy. C'est une offre empoisonnée, mais elle tombe à un moment stratégique. Jimmy reste attaché à sa bande, mais la rupture avec Eamon paraît désormais inévitable. On sent bien qu'il va devoir choisir son camp très rapidement.
Pendant ce temps, Glenn Keenan vit un vrai cauchemar. Coincé entre la pression du FBI qui lui met le couteau sous la gorge et les attentes d'Eamon, il essaie de jouer sur les deux tableaux. Sauf que sa position devient intenable. Son histoire touche particulièrement parce qu'il ne cherche ni le fric ni la gloire. Il veut juste protéger son fils et effacer ses erreurs passées. C'est de la tension psychologique pure, et ça marche du tonnerre. De son côté, Bridget s'enfonce aussi dans un terrain glissant. Son opération avec Brendan contre un officiel britannique tourne au vinaigre avec un coût humain bien trop lourd. Elle réalise enfin dans quoi elle s'est embarquée.
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Cette sous-intrigue politique élargit le champ de la série et montre que l'histoire ne va pas s'arrêter aux frontières de New York. Pour moi, cet épisode réussit sa mission en déplaçant les enjeux. Les bastons brutes s'effacen derrière les faux-semblants et la manipulation. On se rend compte que le danger ne vient plus forcément de l'ennemi en face, mais plutôt du gars qui marche à côté de vous.
Note : 7/10. En bref, même si le rythme accuse parfois de petits coups de mou au milieu de l'épisode, l'écriture tient la route. Entre l'égoïsme d'Eamon, l'émancipation de Jimmy, les manœuvres de Gotti et la pression du FBI, le piège se referme doucement mais sûrement. La suite s'annonce explosive.
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