19 Août 2026
Lioness // Saison 3. Episode 3. The Bear is Infected.
Après un démarrage sur les chapeaux de roue, Lioness lève le pied dans cet épisode 3. La série délaisse un temps l'action pure pour se concentrer sur la guerre de l'ombre qui se prépare directement aux États-Unis. Un changement de rythme qui peut surprendre, mais qui permet de poser les bases d'une menace bien plus vaste et vicieuse. Le véritable intérêt de l'épisode réside dans la montée en puissance d'Oleksandra Balakin. L’agente ukrainienne se transforme peu à peu en rouage essentiel pour Joe McNamara. À mesure qu'elle parle, un constat inquiétant s'impose : pour détruire les États-Unis, pas besoin de les attaquer de face.
L'attaque de leur maison a tout changé. Jusqu'ici, Joe réussissait à maintenir une frontière étanche entre son boulot à la CIA et sa vie de famille. Ce temps-là est définitivement révolu. Réfugiés dans une planque sécurisée, Joe, Neal et leurs filles font face à l'évidence. Kate avance une option logique : pourquoi Joe ne démissionne-t-elle pas simplement ? Sur le papier, le calcul est vite fait. Plus de missions secrètes, plus de cibles sur le dos, plus de tirs à vue dans le jardin. Seulement voilà, Joe refuse. Ce passage illustre parfaitement la trajectoire du personnage, complètement piégée par sa propre logique. Joe n'envisage plus son métier comme un travail, mais comme un devoir moral.
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Elle reste persuadée qu'il faut quelqu'un au front, quitte à y laisser sa peau et son équilibre familial. Le souci, c'est que cette conviction vire franchement au fanatisme. Quand elle explique à ses filles qu'elle a dû tuer pour préserver leur mode de vie, le discours est cash, mais il fait froid dans le dos. Joe assume tout, sans filtre. Et la scène où elle donne un flingue à Neal enfonce le clou : le mari qui voulait rester loin de ce merdier est poussé malgré lui à en adopter les codes. Pendant ce temps, l'interrogatoire d'Oleksandra se poursuit. La méthode employée pour jauger sa loyauté fait froid dans le dos. Sa mère et sa sœur se retrouvent braquées par une équipe américaine, sous l'œil d'une caméra.
L'idée n'est pas forcément de tirer, mais de voir jusqu'où elle craque. On retrouve là les méthodes douteuses déjà vues chez les précédentes Lioness. La série rappelle au passage que dès qu'il s'agit de renseignement et de survie, la morale saute très vite. Pourtant, Oleksandra ne flanche pas. Elle parvient même à inverser le rapport de force en faisant comprendre à Joe que la CIA n'a rien pigé à la nouvelle donne géopolitique. C'est sans doute le moment le plus marquant de l'épisode. Pour elle, la Russie et la Chine mènent une guerre feutrée. Inutile de battre l'Amérique sur un champ de bataille traditionnel quand il suffit de grignoter ses institutions, de manipuler des profils clés et de souffler sur les braises de ses divisions.
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Oleksandra résume la situation avec une analogie parlante : la Russie est le loup, la Chine le tigre, et les États-Unis l'ours. Un ours est trop massif pour être terrassé en duel. Pour l'abattre, il faut un virus. C'est exactement la trajectoire que prend cette saison 3. Après des opérations aux quatre coins du globe, la menace s'installe sur le sol américain. Le traitement fonctionne plutôt bien, insufflant une vraie dose de paranoïa. Les taupes et les pions manipulés peuvent être partout : chez les politiques, dans les laboratoires ou au cœur même des services secrets. Le danger n'est plus un tir de missile, c'est le voisin de bureau à Washington.
Pour contrer cette menace, Joe opte pour une tactique risquée : rendre publique l'arrestation d'un espion russe aux États-Unis, sans donner son nom, histoire de faire paniquer Moscou et d'obliger les taupes à se faire griller. L'idée a du sens, mais Joe joue avec le feu. La série continue d'utiliser intelligemment des flash-forwards pour gâcher un peu la fête : pendant qu'elle élabore son plan, on sait déjà qu'elle finira entre les mains de l'ennemi à se faire torturer. Le moindre de ses choix prend alors une teinte tragique, chaque bon coup semblant paver le chemin vers sa défaite. C'est là aussi que Lioness retombe dans ses travers. La série a cette manie de vouloir tout expliciter au lieu de faire confiance au spectateur.
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Certains échanges sonnent comme des cours magistraux sur le renseignement. Taylor Sheridan aime les tirades grandiloquentes où une simple remarque se transforme en cours de géopolitique. Si le procédé dégage une certaine efficacité par moments, il alourdit la narration et sort un peu de l'action. La métaphore de l'ours et des prédateurs relève d'ailleurs plus de la posture théâtrale que d'une vraie réflexion stratégique. Au final, cet épisode 3 remplit sa mission. Même sans grandes scènes d'action, la tension reste palpable. Joe gère une crise inédite où sa famille sert de cible et où personne ne semble plus fiable.
Le duo qu'elle forme avec Oleksandra rebat les cartes. L'Ukrainienne apporte une vraie plus-value grâce à sa connaissance du terrain adverse, même si cette alliance repose sur un fil très fin. Le montage en parallèle entre les décisions tactiques de Joe et sa future captivité rappelle qu'elle n'a plus forcément la main sur la partie.
Note : 6/10. En bref, cet épisode 3 remplit sa mission. Même sans grandes scènes d'action, la tension reste palpable. Un épisode de transition obligatoire, moins spectaculaire, mais indispensable pour poser les bases de l'engrenage à venir.
Disponible sur Paramount+
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