25 Août 2026
Lioness // Saison 3. Episode 4. Murder Hornets.
L’épisode 4 de cette troisième saison de Lioness fait basculer l’intrigue dans une urgence absolue. Terminé les mises en place tranquilles, cette fois le compteur tourne. Joe est toujours coincée aux mains des Russes, mais la situation empire brutalement quand ses ravisseurs décident de la transférer vers un tarmac, direction un avion prêt à décoller. Derrière, son équipe patauge et accuse un retard qui risque d'être fatal. Après avoir pris son temps pour installer ses réseaux d'espionnage, la série injecte enfin une pression palpable. Dommage que le show s'accroche encore à son découpage en deux temporalités qui casse régulièrement le rythme.
Si certaines séquences de tension pure fonctionnent du feu de dieu, d'autres moments donnent le sentiment désagréable de meubler pour repousser les vraies révélations. Toutes les scènes ancrées dans le présent s'imposent sans mal comme le gros point fort de l'épisode. On retrouve une Joe ensanglantée, portée disparue, attachée sur une chaise et soumise à un interrogatoire musclé. L'officier de la CIA morfle physiquement, mais le personnage reste fidèle à sa ligne de conduite : zéro concession. Les Russes veulent des détails précis sur les opérations secrètes et le fonctionnement interne de son unité, mais elle ne lâche absolument rien.
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La grande force de cette séquence repose sur la force mentale de Joe. Même complètement sans défense, elle trouve le moyen d'envoyer de l'ironie mordante à la figure de son tortionnaire. Ses piques bien placées sur l'état de la Russie apportent une touche de sarcasme salutaire au milieu d'une ambiance franchement poisseuse. Le vrai basculement s'opère lorsque la menace change de nature. Joe comprend que ses tortionnaires abandonnent l'idée de la faire parler sur place. On la déplace d'urgence vers une piste d'atterrissage. Elle saisit très vite qu'une fois dans les airs, elle quitte le territoire américain, et avec ça, toute chance d'être secourue par ses hommes. La panique grimpe d'un cran.
Sortir des frontières des États-Unis, c'est signer son arrêt de mort ou s'assurer un calvaire sans fin. Pendant que Joe encaisse les coups et essaie de gagner de précieuses secondes, du côté du QG, c'est la panique générale. Kaitlyn, Byron et le reste de la bande cherchent désespérément à deviner le plan d'extraction des Russes. Le constat est glacial : chaque minute de retard rapproche Joe d'une zone d'ombre dont elle ne reviendra pas. L'équipe finit par localiser un hangar suspect susceptible de servir de point de chute. Le raid est mené avec la brutalité habituelle, mais la série joue de nouveau avec nos nerfs : les agents arrivent une fois de plus trop tard. Il ne reste qu'une flaque de sang au sol et deux ou trois douilles.
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Une preuve irréfutable que leur cheffe s’est fait la malle quelques minutes plus tôt. La scène fonctionne fort parce qu'elle transforme la frustration du public en pure angoisse. Le problème ne se résume plus à retrouver un bâtiment, mais à traquer un avion médicalisé dont le transpondeur vient d'être coupé net. Kyle, toujours fidèle à son profil de chien fou, dépasse encore les bornes en flinguant froidement un contact russe sur place pour choper des coordonnées. Bobby lui saute dessus dans la foulée. Ce choc d'éthique remet une pièce dans la machine : Kyle privilégie l'urgence du terrain à n'importe prix, alors que Kaitlyn doit penser aux répercussions diplomatiques au sommet de l'État. L'épisode prend une tournure intéressante en observant la crise du côté de la géopolitique.
Les Russes exigent de récupérer Yurimov contre la libération de Joe. Sauf que pour accepter le deal, Washington devrait avouer publiquement qu'un tel prisonnier est détenu en secret sur le sol américain. Un aveu catastrophique, d'autant que le type n'a toujours rien lâché de vraiment utile lors de ses interrogatoires. Pour ajouter de la paranoïa, l'ombre d'un transfert vers l'Iran plane au-dessus de la table. Si Joe est livrée à Téhéran, les conséquences seraient désastreuses. Avec toutes les opérations qu'elle a supervisées au Moyen-Orient durant sa carrière, sa mémoire vaut de l'or pour n'importe quel service ennemi. L'affaire dépasserait le cadre d'un sauvetage militaire pour devenir un crash diplomatique mondial.
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C'est là que la série gagne en maturité, en dépassant le simple thriller d'action pour explorer la gestion de crise dans les hautes sphères. Malheureusement, la réalisation s'emmêle un peu les pinceaux avec des dialogues très démonstratifs. Les réunions s'enchaînent pour expliquer les scénarios possibles, ce qui vient alourdir le rythme alors que le montage devrait filer à toute vitesse. Le retour en arrière situé six mois avant le drame continue d'observer les dégâts sur la vie privée de Joe. Depuis le raid traumatisant sur leur maison, son mari Neal prend enfin conscience de la dangerosité réelle de la profession de sa femme. Le fossé se creuse doucement mais sûrement entre eux.
La tension monte d'un cran quand Joe essaie d'imposer à son mari le maniement des armes à feu au quotidien. Pour elle, c'est un réflexe logique d'autodéfense. Pour Neal, c'est le signal d'alarme qu'il refuse d'accepter dans son foyer. Cette opposition montre parfaitement le prix à payer pour ce genre de vie : derrière le mythe des agents secrets, il y a une famille qui vit dans la peur constante d'une vengeance ou d'une balle perdue. Neal finit par avouer sa terreur pure et simple, un aveu bien plus puissant que de grands cris. En parallèle, dans le passé, l'équipe avance sur l'opération Treasure pour débusquer les traîtres au sein de l'administration américaine. L'arrestation publique d'une taupe russe sert d'appât.
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L'idée est simple : pousser les réseaux infiltrés à sortir du bois pour vérifier si leurs canaux sont compromis. Cette trame apporte un côté contre-espionnage old-school plutôt plaisant. Joe et son groupe observent les erreurs adverses avec patience. La séquence tournée dans un club apporte même une respiration bienvenue au milieu d'un épisode très sombre. Voir l'équipe sous couverture donne lieu à deux ou trois répliques amusantes, tant nos agents galèrent à se fondre dans le décor malgré leurs déguisements. La scène finale entre Kaitlyn et Neal pose l'une des meilleures séquences de cette saison 3. Kaitlyn débarque sans fard et refuse poliment d'offrir le moindre réconfort à Neal.
Elle pose cartes sur table avec trois options brutes : soit Joe est récupérée rapidement, soit elle est vendue à l'étranger pour des années de négociations, soit elle ne reviendra jamais. Son conseil final d'une froideur glaciale résume tout : commencer à faire le deuil. Cette prise de parole offre une charge émotionnelle découpée au couteau. L'épisode se ferme en rappelant qu'au-delà de la stratégie politique, il y a des vies brisées au bout du fil. Cet épisode 4 de Lioness livre une partition solide, portée par la situation critique de Joe et une fin d'épisode marquante. L'apparition du transfert en avion fait basculer la saison dans une vraie urgence qu'on attendait depuis le lancement.
Tout n'est pas irréprochable pour autant. Les scènes de bureau plombent un peu la dynamique et le double fil temporel continue de créer des baisses de régime inutiles. Mais dès que la caméra se focalise sur l'extraction de Joe et le sentiment d'échec de sa section, la série retrouve toute sa force. Lioness surprend intelligemment en montrant ses héros en retard permanent sur leurs ennemis. La suite s'annonce particulièrement tendue.
Note : 6/10. En bref, cet épisode 4 de Lioness livre une partition solide, portée par la situation critique de Joe et une fin d'épisode marquante. L'apparition du transfert en avion fait basculer la saison dans une vraie urgence qu'on attendait depuis le lancement.
Disponible sur Paramount+
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