2 Septembre 2026
Mon meilleur ami, sa copine et moi // De Marco Petry. Avec Kostja Ullmann, Janina Uhse, David Kross.
Avec Mon meilleur ami, sa copine et moi, Marco Petry s’attaque à un sujet plutôt sympa : qu’est-ce qui se passe quand la nouvelle copine d’un mec vient s'immiscer dans son amitié fusionnelle ? Sur le papier, il y a de quoi faire. Entre la jalousie, les projets de voyage qui tombent à l'eau et la peur de grandir, le terrain de jeu est parfait pour une bonne comédie. Le problème, c'est que ce film allemand transforme vite une idée prometteuse en une suite de prises de tête répétitives. Le souci ne vient pas du pitch de départ, mais de l'écriture des personnages et du manque criant de finesse dans les relations.
Olli et Matt sont meilleurs amis. Ils vivent, travaillent et prévoient de parcourir le monde ensemble, mais tout bascule le jour où Matt tombe amoureux de Rebecca.
Olli et Matze, c'est les deux doigts de la main. Ils bossent ensemble, vivent sous le même toit et ont façonné toute leur vie autour de leur duo. Leur grand projet ? Partir un an pour faire le tour du monde. Tout roule jusqu'au moment où Rebecca débarque dans la vie de Matze. Matze tombe sous le charme et se met logiquement à projeter son avenir différemment. Pour Olli, la pilule passe beaucoup moins bien. Il voit d'un très mauvais œil l'arrivée de Rebecca, persuadé qu'elle va lui voler son pote et réduire en miettes leur projet de voyage. Cette crainte d’être mis sur touche reste probablement le point fort du scénario. C'est facile d'empathiser avec Olli : une amitié très forte prend forcément un coup quand le couple s'installe.
Sauf que sa manière de gérer la chose pose vite problème. Au lieu d'accepter que son pote avance, Olli réagit comme un gamin qui refuse de voir son binôme grandir. Le film s'appuie très vite sur ce duel d'égos. Chacun voit l'autre comme un poison pour Matze. D'un côté, Olli défend une vie sans attaches, faite de fêtes et d'attitudes franchement gamin. De l'autre, Rebecca cherche du sérieux et de la stabilité. On comprend d'ailleurs assez bien son point de vue : quand on voit Olli faire n'importe quoi devant ses collègues de boulot, on n'a pas franchement envie de le compter dans ses proches. Sauf que Rebecca finit elle aussi par dépasser les bornes.
Elle tente progressivement de remodeler la relation des deux potes et cherche à s'imposer sur leur mode de vie. Résultat : le conflit perd de son intérêt parce que personne ne rattrape l'autre pour faire preuve d'un peu de maturité. Le scénario aurait pu creuser cette difficulté à équilibrer amour et amitié. Au lieu de ça, la réalisation préfère enchaîner les crasses et les piques inutiles. C'est vraiment le gros point noir du projet. Quand on vend une comédie basée sur un affrontement, il faut que ce soit drôle. Ici, le soufflé retombe vite. Le film essaie pourtant de balancer des gags absurdes : des objets qui sautent, des dérapages incontrôlés ou des décisions tirées par les cheveux. Mais cette surenchère ne fait pas mouche.
Le rythme manque aussi de punch. Marco Petry filme tout ça avec un certain détachement, comme si les pires boulettes n'avaient aucun impact sur la suite. Un incendie éclate dans une scène ? Le truc passe presque aux oubliettes la minute d'après. On a la sensation que le film veut pousser le bouchon toujours plus loin sans jamais assumer ce qu'il met en scène. Matze devrait être le cœur de l'intrigue, puisque Olli et Rebecca se battent pour capter son attention. Pourtant, il devient très vite le trophée de cette guéguerre au lieu d'être un vrai personnage actif. Les deux autres décident pour lui et il ne lui reste que des miettes pour s'exprimer. C'est dommage, parce qu'il y avait un vrai sujet à traiter.
Comment faire la part des choses entre son ami d'enfance et sa copine ? Comment faire évoluer une amitié sans tout casser ? Où s'arrête l'inquiétude et où commence la toxicité ? Ces questions sont bien là, mais elles finissent étouffées sous les engueulades. C'est l'aspect qui m'a le plus dérangé pendant le visionnage. Le film donne parfois l'impression que le couple et l'amitié sont deux mondes obligés de se faire la guerre. On tombe aussi dans pas mal de clichés sur les rapports hommes-femmes. Rebecca est peinte comme la copine rabat-joie qui veut tout contrôler, tandis que le comportement irresponsable d'Olli sert de prétexte pour caser deux ou trois vannes. Tout ça manque de nuance.
Le récit gagnait à montrer que les torts étaient partagés et que chacun devait faire un effort pour respecter le territoire de l'autre. L'idée selon laquelle mûrir implique forcément d'abandonner ses potes ou sa liberté est traitée sans grande subtilité. Le casting fait pourtant le job. Kostja Ullmann met une belle énergie dans le rôle d'Olli et réussit à laisser entrevoir une vraie fêlure derrière ses airs de gamin irresponsable. David Kross propose un Matze plus effacé, coincé entre deux feux et incapable de prendre une décision. Janina Uhse apporte suffisamment d'assurance à Rebecca pour ne pas se faire écraser par le duo. Le problème ne vient pas des acteurs, mais bien de ce qu'on leur donne à jouer.
J'en retiens surtout un goût d'inachevé. Avec un scénario plus fin et un humour mieux dosé, on aurait pu avoir une vraie bonne comédie sur le temps qui passe et les relations qui changent. En l'état, ça se laisse regarder un dimanche soir, mais ça s'oublie aussitôt le générique lancé.
Note : 3.5/10. En bref, Mon meilleur ami, sa copine et moi partait d'une bonne intention. Cette appréhension de perdre son meilleur pote au profit d'une vie de couple parle à tout le monde et pouvait donner un truc très sympa à l'écran. Malheureusement, cette production Netflix s'enferme dans un schéma répétitif et artificiel. Les gags tombent souvent à côté, les personnages dépassent les bornes sans que ça porte à conséquence et la réflexion sur l'amitié reste en surface.
Sorti le 28 août 2026 directement sur Netflix
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