The Walking Dead: Dead City (Saison 3, épisodes 7 et 8) : le final qu'il fallait ?

The Walking Dead: Dead City (Saison 3, épisodes 7 et 8) : le final qu'il fallait ?

Après la parenthèse assez étrange de l'épisode 6, il était temps pour cette saison 3 de repasser aux choses sérieuses, de faire un retour brutal à New York et de gérer enfin les conséquences de tout ce qui a été semé. Dans l'ensemble, cette année tenait plutôt bien la route. On sentait un vrai travail pour faire avancer Maggie et Negan sans tourner en rond. L’épisode 5 avait d'ailleurs réussi à poser une vraie tension autour de Negan, de Renata et de ce groupe qui essayait tant bien que mal de bâtir un truc solide. Ensuite, on a eu droit à « Genesis ». Un épisode complètement à part, sorte de réalité alternative qui imaginait une trajectoire différente pour nos deux protagonistes. 

 

J'avais bien aimé l'intention pour ce que ça racontait sur leur dynamique, même si soyons honnêtes, ça cassait net le rythme au pire moment. Ces épisodes 7 et 8 devaient donc relancer la machine et tout boucler. Le souci, c'est que ce retour au réel ne se fait pas sans quelques ratés. Le gros point noir de ce final vient clairement du personnage de Dillard. La série avait commencé à amorcer son virage dans l'épisode 5 en s'attardant sur son rapport très dérangeant avec les rôdeurs. Sauf qu'ici, le voir devenir le grand méchant de la saison en trois scènes montre en main, c'est un peu dur à avaler. Suite à la mort de Fabian puis celle de Cockenspiel, le type pète complètement un câble. Il va jusqu'à se mutiler tout seul pour faire porter le chapeau à Negan. 

 

Renata, qui n'attendait qu'un faux pas de l'ancien chef des Sauveurs, se fait avoir direct. Maggie, de son côté, pige tout de suite que l'histoire ne tient pas debout. Tout ce passage fonctionne uniquement grâce au duo Maggie-Negan. Maggie refuse de croire au retour du grand méchant Negan, malgré leur passé plus que lourd. Cela dit, il faut soulever un vrai problème d'écriture : la série retombe encore dans ce travers de s'interroger en boucle sur la rédemption de Negan. Au bout de trois saisons centrées sur eux deux, cette hésitation constante devient vraiment lourde. C'est au milieu de ce foutoir que leur relation trouve ses meilleurs moments. Maggie essaie de temporiser avec Negan pendant que Dillard prépare son coup. Même bloqués dans un piège qui s'annonce très mal, une vraie complicité saute aux yeux.

 

Il faut se rendre compte du chemin parcouru quand on repense à ce que Negan a fait subir à Glenn sous les yeux de Maggie. Cette troisième saison a réussi l'exploit de faire bifurquer leur rapport vers un terrain bien plus complexe. On ne parle pas d'une amitié classique, et encore moins de romance, mais d'une confiance mutuelle née du chaos. L’épisode 8 appuie fort là-dessus. Entendre Maggie avouer que Negan est devenu la personne la plus proche d'elle juste après son fils Hershel, c'est puissant. Ça aurait semblé totalement absurde il y a deux ans, mais ici, ça s'inscrit naturellement dans leur parcours. Même la scène où Negan plante Maggie joue à fond sur ce niveau de lecture. 

 

Le geste semble choquant au premier abord, puis on comprend vite qu'ils ont un coup d'avance sur Dillard. Pour s'en sortir, ils savent qu'ils doivent jouer le jeu jusqu'au bout. Dillard avait pourtant de quoi faire un antagoniste captivant. Il sortait un peu des clous du méchant habituel de la franchise avec sa fixette étrange sur les morts. Le problème vient de la précipitation. Son pétage de plombs, la façon dont il retourne la communauté et sa haine ciblée sur Negan donnent l'impression d'avoir sauté trois étapes de scénario pour aller plus vite à la fin. La confrontation finale sauve un peu les meubles, notamment parce que Negan refuse de redevenir la brute qu'il était. Il se retrouve forcé de trancher, mais il le fait avec un recul nouveau.

 

Maggie finit par intervenir, et Dillard hérite de la fin qu'il méritait : être changé en rôdeur. La boucle est bouclée avec une belle ironie, même si l'exécution manque de punch par manque de montée en tension préalable. Cette fin de saison remet enfin Maggie à la place qu'elle doit occuper. Après avoir erré une bonne partie de la saison pour trouver son rôle, elle prend la direction de l'hôpital. C'est un choix cohérent avec son ADN. Elle retrouve enfin ce côté chef de clan pragmatique et prévoyante qu'on lui connaissait dans la série mère. Son idée d'étendre leur périmètre à d'autres zones de New York donne une perspective sympa si suite il y a. Du côté d'Hershel, ça bouge aussi dans le bon sens. Son lien avec Luis apporte une touche de fraîcheur bienvenue. 

 

Le gamin sort enfin de son statut de victime traumatisée par Negan pour exister par lui-même. Au final, ce double épisode de clôture reflète bien la valeur de cette saison 3. Dead City a distillé de très bonnes choses et prouve qu'elle a plus dans le ventre que ce qu'on pouvait craindre au début. Mais la narration manque cruellement de régularité. Insérer l'épisode 6 juste avant le sprint final a cassé la dynamique, et le traitement précipité de Dillard gâche le climax. Heureusement que le duo principal fonctionne du feu de Dieu et maintient l'ensemble à flot.

 

Le season finale remet les cartes à plat : Maggie s'impose en leader pendant que Negan prend la tête de la sécurité. Voir l'ancien tyran passer du rôle de despote à celui de protecteur officiel d'un groupe, c'est le genre d'inversion qui relance complètement l'intérêt. À voir si la production saura transformer l'essai par la suite.

 

Note : 4.5/10. En bref, ce double épisode de clôture reflète bien la valeur de cette saison 3. Dead City a distillé de très bonnes choses et prouve qu'elle a plus dans le ventre que ce qu'on pouvait craindre au début. Mais la narration manque cruellement de régularité.

Disponible sur Ciné+ OCS

 

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