1 Octobre 2026
Après une première saison qui transposait l’univers Has Fallen sur petit écran avec Paris Has Fallen, la franchise passe clairement un cap avec Apollo Has Fallen. Dès les premières minutes de cette saison 2, on quitte le cadre parisien pour une histoire à l’échelle internationale. Au programme : réseaux de mercenaires, agents secrets sur le qui-vive, scientifique traquée et menace biologique majeure. Le changement de décor saute aux yeux. La vraie question, c’est de savoir si cette suite apporte du neuf ou si elle se contente d'injecter du budget dans une recette déjà bien rodée.
Ce début de saison ne perd pas un instant en bavardages. Pas de longues présentations ni de mises en place interminables. On retrouve Zara Taylor et Vincent Taleb sur le terrain à Benghazi. Leur cible : Yuri Mishkin, un mercenaire russe qui n'a manifestement aucun penchant pour la discrétion. En quelques minutes, tout dérape autour d’un avion et de Rachel Moss, une virologue ciblée par Mishkin. Le problème est de taille : il est question d'un virus mortel dérivé du MERS-CoV. À partir de là, la série enclenche la vitesse supérieure. Et pour être honnête, ce rythme soutenu fait du bien. Paris Has Fallen avait tendance à tirer sur la corde pour meubler le format télévisuel. Ici, les scénaristes ont retenu la leçon.
Tout va très vite, et le scénario préfère plonger Zara et Vincent dans le pétrin plutôt que de perdre du temps en explications à rallonge. Le revers de la médaille, c'est que cette frénésie amène son lot de raccourcis faciles. La scène dans l'avion illustre parfaitement ce travers. C'est spectaculaire, visuellement efficace, mais la crédibilité en prend un coup. Il faut accepter de poser son cerveau et de jouer le jeu du pur film d'action. Ça passe dans ce genre de production, mais le décalage dérange un peu quand la série essaie en parallèle de tricoter une intrigue d'espionnage crédible. La très bonne surprise de ces deux épisodes vient de la séparation du duo principal.
Zara et Vincent fonctionnaient bien grâce à leurs personnalités opposées. La saison 2 casse immédiatement cette routine : Vincent est capturé, tandis que Zara doit mener l'enquête depuis Londres. Ce choix évite de rejouer la même partition que l'an dernier. Vincent, d'ordinaire très axé sur le rentre-dedans, se retrouve en position de faiblesse. Blessé, retenu prisonnier et dépendant de Rachel pour s'en sortir, il ne peut plus simplement tout régler avec ses poings. C'est sûrement le point le plus réussi de ce lancement. De son côté, Zara affronte une menace plus vicieuse : la présence d'une taupe au sein du MI6. On retrouve la mécanique classique de la paranoïa, mais avec un vrai sentiment d'urgence.
Zara ne doit pas seulement affronter des mercenaires sur le terrain, elle doit deviner à qui elle peut encore faire confiance dans ses propres bureaux. Cela apporte une réelle tension à l'ensemble. C'est là que le bas blesse : la série manque cruellement d'originalité. Un groupe d'intervention privé, une scientifique qui détient des secrets d'État, une arme biologique, une taupe dans les services secrets, le héros coincé dans une cellule et un méchant animé par la vengeance... On connaît la chanson par cœur. La série ne cherche même pas à masquer ses ficelles. Cela ne rend pas le visionnage désagréable pour autant. Les deux épisodes sont suffisamment bien rythmés pour captiver.
Mais difficile d'être surpris quand chaque rebondissement semble tiré d'un manuel du thriller d'espionnage. La révélation concernant la taupe tombe au bon moment, même si le terrain a été balisé un peu trop gentiment. On devine les fausses pistes un peu trop vite. Du côté des nouveaux visages, Yuri Mishkin tire heureusement son épingle du jeu. Le personnage aurait pu tomber dans le cliché du simple mercenaire froid et sans âme. Mais ses interactions avec Vincent et Rachel lui apportent une nuance appréciable. Ce n'est pas juste un terroriste de plus qui veut semer le chaos à Londres. Ses motivations personnelles lui donnent de l'épaisseur.
L'interprétation de Jacek Koman apporte une froideur bienvenue : pas besoin de crier pour imposer sa présence. Son calme rend certaines répliques glacantes, surtout quand Vincent réalise où il a mis les pieds. Visuellement, on sent le gain de moyens. Les changements de pays, les scènes d'action plus denses et le cadre international donnent une vraie touche cinématographique à l'ensemble. Pour autant, la mise en scène reste très sage. Les fusillades sont bien découpées, les combats chorégraphiés comme il faut, mais le style manque de personnalité. Beaucoup de séquences ressemblent à n'importe quel thriller d'action calibré pour les plateformes de streaming.
C'est dommage, car ce changement d'échelle offrait l'occasion d'affirmer une vraie patte visuelle. Ritu Arya et Tewfik Jallab portent heureusement la série sur leurs épaules. Ritu Arya insuffle à Zara une nervosité très juste quand elle comprend que sa hiérarchie ne bougera pas pour sauver son coéquipier. De son côté, Tewfik Jallab tire parti de la vulnérabilité de Vincent pour montrer autre chose que des muscles. Ces deux premiers épisodes montrent qu'Apollo Has Fallen sait rectifier le tir sur le rythme. Le résultat est plus dynamique, plus nerveux et résolument orienté vers l'action. J'ai encore des doutes sur la capacité de la série à dépasser ses propres clichés.
On change de continent et on ajoute un virus mortel, mais les rouages restent très prévisibles. Le contrat reste néanmoins rempli : ça bouge, ça tire, le suspense est là et les personnages morflent. Reste à savoir si la suite saura exploiter ce cadre international pour proposer quelque chose de plus personnel. Pour l'instant, l'action est au rendez-vous, mais il manque ce petit supplément d'âme pour vraiment marquer les esprits.
Note : 5/10. En bref, cette saison 2 gagne en rythme et en ambition visuelle grâce à un cadre international dynamique et une excellente idée : séparer son duo principal pour bousculer la mécanique habituelle. Dommage toutefois que l'ensemble reste englué dans des ficelles d'espionnage ultra-prévisibles qui manquent cruellement d'originalité.
Disponible sur Canal+
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