Stuart Fails to Save the Universe (Saison 1, épisodes 7 à 10) : un final en méta-sitcom complètement fou

Stuart Fails to Save the Universe (Saison 1, épisodes 7 à 10) : un final en méta-sitcom complètement fou

Il fallait bien que la saison 1 de Stuart Fails to Save the Universe finisse par perdre totalement le contrôle. Après avoir passé plusieurs épisodes à traverser des réalités alternatives toutes plus dingues les unes que les autres, j'attendais de voir comment les scénaristes allaient gérer la dernière ligne droite. Sur le papier, le problème de nos quatre héros est basique : sauver l’univers. Mais dans les faits, Stuart, Denise, Bert et Kripke sont surtout occupés à essayer de comprendre dans quelle dimension ils viennent d'atterrir. Ces épisodes 7 à 10 marquent pourtant un vrai tournant pour le spin-off de The Big Bang Theory. 

 

Si le concept du multivers reste évidemment le moteur de l'intrigue, je constate que les personnages prennent enfin le pas sur le simple délire de science-fiction. C’est exactement là que mon intérêt pour la série a vraiment décollé et que j'ai commencé à m'attacher à ce casting d'outsiders. Cet épisode 7 prolonge directement la logique d'une réalité qui part totalement en vrille. Le groupe essaie de piger pourquoi ses précédentes tentatives n'ont pas permis de retourner dans leur univers d’origine. Le souci viendrait de leur méthode de voyage interdimensionnel. Dit comme ça, ça a l'air presque logique. Puis Stuart et ses potes se mettent à communiquer par télépathie sans pouvoir bloquer la lecture de leurs propres pensées. 

 

Forcément, une simple discussion tourne très vite au cauchemar absolu. Ce que j'ai adoré ici, c’est que la série lâche complètement l'affaire avec les règles scientifiques strictes. Elle se sert plutôt du jargon quantique comme d'un pur ressort comique. C'est hilarant de les voir essayer de régler un effondrement de la réalité tout en étant incapables de rester concentrés plus de deux minutes sans se juger mentalement. Leur passage par le fameux institut Caltech permet de reconnecter avec la nostalgie de The Big Bang Theory. Nos héros cherchent Howard, mais tombent sur une version totalement inédite des personnages que je connais par cœur. 

 

Ce principe est devenu la vraie signature du show : un visage familier pointe le bout de son nez, mais ce n'est jamais la version que ma mémoire de fan espérait retrouver. Et puis le délire monte encore d'un cran. Plusieurs versions de Stuart, Denise, Bert et Kripke débarquent à l'écran. À partir de cet instant, le scénario joue avec une idée brillante. Si de multiples groupes ont été générés à travers ces dimensions, lequel doit vraiment sauver l’univers ? Impossible de trancher. Chaque variant est intimement persuadé d’être le bon. Le résultat est délicieusement absurde, jusqu'à cette mutation physique qui laisse notre équipe dans une posture hallucinante. Après les téléportations et les guerres parallèles, il fallait bien que la production finisse par mixer les espèces pour pousser le curseur au maximum.

 

L’épisode 8 apporte un changement de dynamique captivant avec le retour de Penny, toujours jouée par Kaley Cuoco. J'avais un peu peur du fan service facile, car les épisodes précédents balançaient parfois des clins d’œil un peu trop lourds. Mais cette apparition donne un vrai poids à la théorie voulant qu'un même individu puisse avoir une existence radicalement différente selon son monde. La Penny que j'ai sous les yeux n’est pas juste une copie modifiée de la voisine de palier de Leonard et Sheldon. Elle a traversé d’autres épreuves, mené d'autres batailles et surtout vécu une tout autre vie. J’ai adoré cette approche. Le showrunner évite le piège du caméo purement nostalgique. 

 

Penny ne sert pas juste de panneau publicitaire pour nous rappeler que The Big Bang Theory existe. Elle joue un rôle central dans l’intrigue et son caractère de feu reste identifiable malgré son nouveau passif bien plus sombre. Cette rencontre met d'ailleurs Stuart et son équipe face à leur propre incompétence. Penny paraît tellement plus qualifiée pour gérer l'apocalypse, alors que nos quatre bras cassés ont littéralement la mission d'empêcher le multivers de s'effondrer. L'histoire continue de jongler avec sa propre complexité. Face à cette avalanche de mondes parallèles et de règles contradictoires, je trouve qu'il devient franchement dur de trier ce qui compte vraiment. 

 

Mais Stuart Fails to Save the Universe réussit l'exploit de transformer cette énorme confusion en un gag récurrent. Je suis perdu en tant que spectateur, tout simplement parce que les héros le sont aussi. Et étonnamment, ça passe super bien à l'écran. L’épisode 9 est sans doute celui qui m’a le plus accroché, tout simplement parce qu’il replace enfin Stuart au centre du jeu. Depuis le pilote, le mec donne son nom à la série mais passe le plus clair de son temps à subir les catastrophes. Cette fois, son passé de gérant d'une boutique de comics s'avère crucial pour la survie du groupe. Le petit quatuor atterrit dans une réalité calquée sur les codes des comics. 

 

Stuart capte tout de suite qu’il a le bagage nécessaire pour les maintenir en vie. Il maîtrise les archétypes, les enjeux et les règles de cet univers de papier. Ce qui aurait pu virer à la foire aux références geek bas du front sert finalement au développement du personnage. Il n'est plus juste le boulet qui a déclenché la fin des temps. Il devient le sauveur du jour grâce à sa culture pop. La dynamique qu'il entretient avec Denise gagne aussi en épaisseur. Leurs rapports avançaient doucement depuis un moment, mais leur complémentarité saute aux yeux ici. Stuart a la théorie, Denise garde les pieds sur terre avec une lucidité redoutable face au danger. Je trouve qu'ils commencent enfin à former un vrai duo solide. 

 

L’humour autour des tropes super-héroïques fait d'ailleurs mouche. Stuart passe son temps à décrire des scènes d'action invisibles plutôt que de les vivre, ce qui donne un ton fauché assumé super drôle. La production tacle au passage les blockbusters qui préfèrent raconter l'action plutôt que de payer les effets spéciaux pour la montrer. C’est le genre de méta qui colle parfaitement à l'esprit de ce spin-off. Puis j'arrive au grand final. Rien que le titre de l'épisode 10, « Spoiler: Filmed Before a Live Studio Audience », m'a mis la puce à l'oreille. Après avoir essoré tous les codes de la science-fiction moderne, la série décide de replonger dans l'ADN pur de la franchise mère. Le groupe se retrouve coincé dans une authentique sitcom.

 

Au démarrage, j'ai cru à un simple retour aux sources sympa. Les personnages traînent dans la boutique de comics, les vannes ressemblent à du pur The Big Bang Theory old school, et les rires enregistrés du public transforment complètement l'atmosphère de la scène. Mais les détails dérapent vite. Stuart ne pige pas comment il se téléporte d'une pièce à l'autre lors des transitions temporelles. Des accessoires poppent sans aucune logique. Certains figurants réagissent à des intrigues dont ils ne devraient absolument rien savoir. Quand Bert et Kripke captent que la matrice bugge, le scénario marque un vrai point fort. Au lieu de foncer sur leur machine interdimensionnelle pour fuir comme ils le faisaient lâchement au début de la saison, ils encaissent. 

 

Ils restent soudés face au danger. Leur évolution en tant que groupe soudé saute aux yeux et fait plaisir à voir. La dernière ligne droite de ce final m'a littéralement scotché. L'équipe découvre des variants d'eux-mêmes qui jouent consciemment dans cette fausse sitcom. En clair, après avoir retourné tout le multivers, Stuart et sa bande pourraient très bien n'être que de simples pions dans un show télévisé. Le concept prend une ampleur folle. Si leur réalité entière est une vaste fiction scénarisée, à quoi bon s'acharner à sauver l’univers ? Pourquoi réparer leur machine temporelle ? À quoi bon continuer d'avancer ? Je pensais que la série utiliserait ça comme une grosse pirouette humoristique, mais les auteurs lui donnent une portée ultra humaine. 

 

Stuart et ses amis ont passé des heures à courir pour survivre sans jamais prendre le temps de se poser. Toujours en train de fuir. Toujours face à une nouvelle apocalypse imminente. Ce cliffhanger leur accorde enfin une pause pour réaliser la vacuité de leur quête effrénée. 

 

Note : 8.5/10. En bref, ces épisodes 7 à 10 m'ont prouvé que Stuart Fails to Save the Universe a su grandir et trouver sa propre voix. D'une idée de base un peu mince, la série a bâti un road trip interdimensionnel jouissif. Stuart s'affirme, Denise s'impose en leader de l'ombre, et le duo Bert et Kripke dépasse son simple statut de relai comique. La vraie question pour la saison 2 ne sera pas de savoir s'ils peuvent sauver l'univers, mais de déterminer quel univers mérite réellement d'être sauvé. J'ai vraiment hâte de voir la suite.

Disponible sur HBO max

HBO max a renouvelé Stuart Fails to Save the Universe pour une saison 2.

 

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