Brothers (Saison 1, épisodes 3 et 4) : toujours aussi drôle ?

Brothers (Saison 1, épisodes 3 et 4) : toujours aussi drôle ?

Franchement, après deux premiers épisodes qui posaient de super bases, j’attendais la suite au tournant. Brothers continue son bonhomme de chemin sur Apple TV+, et ces deux nouveaux chapitres viennent confirmer tout le potentiel comique du duo Woody Harrelson / Matthew McConaughey. On navigue entre un drame familial déclenché par un simple toutou, une campagne politique qui prend l'eau et pas mal de petits clins d’œil bien placés à la vraie vie des deux stars. Le ressort principal reste le même : une grosse dose d’autodérision. Même si je commence à voir revenir les mêmes ficelles, l’épisode 4 redresse carrément la barre et offre des moments vraiment tordants.

 

Avec l’épisode 3, on reprend juste après le bazar chez les frères Travis. Woody retrouve Ma Mac, qui lui fait comprendre gentiment qu’il ferait mieux de plier bagage pour éviter d’autres embrouilles. Mais connaissant le personnage, pas question de lever le camp sans comprendre l'histoire autour de son père et ce mystérieux lien de sang avec Matthew. Pendant ce temps-là, Matthew fonce tête baissée dans la préparation de sa candidature pour devenir gouverneur du Texas. Problème : dès qu’il croise de vrais électeurs, ses lacunes sur la politique locale sautent aux yeux. Sa conseillère, Gwen Hillcrest, frôle l'infarctus à chaque prise de parole. 

 

Pour elle, c'est une opportunité énorme, alors voir son candidat enchaîner les bêtises sans réaliser le boulot que ça demande, ça commence à lui taper sur les nerfs. La vie commune au ranch n'arrange rien. Matthew aimerait juste un peu de tranquillité pour bosser ses dossiers, mais Woody et sa tribu ont pratiquement envahi tout son espace. Pour détendre l’atmosphère, Woody a une idée lumineuse : adopter un chiot et l'appeler Little Woody. Son plan est simple comme bonjour : faire fondre le cœur de Matthew pour gratter du temps en attendant les résultats du fameux test ADN. Les gosse mordent à l'hameçon direct et tombent amoureux de la boule de poils. De son côté, Matthew grille tout de suite la manœuvre et voit surtout son pote s'incruster encore plus dans son quotidien.

 

Ma Mac comprend vite la supercherie et décide de répliquer à sa façon. Elle s'en prend à un vieux maillot de foot américain de Matthew, ce qui déclenche une dispute monumentale. Résultat : le pauvre chiot repart au refuge et le ranch repart en guerre. La réaction des enfants face à ce départ est hilarante. Les scénaristes ont volontairement poussé le curseur du mélodrame à fond, avec une scène musicale surjouée qui transforme la perte du chien en véritable drame national. C’est typiquement ce genre d'exagération absurde qui marche du tonnerre dans la série : prendre un problème ridicule et le traiter avec le sérieux d'une crise diplomatique.

 

Matthew finit évidemment par craquer. Il accompagne Woody au refuge pour récupérer la bête, moyennant une addition bien salée. L'apaisement revient un temps, mais Woody garde son idée en tête. Il fait mine d'écouter les consignes de Ma Mac tout en menant sa petite enquête dans le dos de tout le monde. J’ai trouvé cet épisode plutôt sympa, même si la recette commence à se voir. Woody cherche les histoires, Matthew monte dans les tours, ils trouvent un terrain d'entente et l'orage passe. L’arrivée du chiot apporte un côté mignon bienvenu, mais j’aurais aimé que l’histoire principale avance un peu plus vite. Le quatrième épisode garde le même rythme mais laisse enfin respirer les personnages. 

 

Ce qui fait la force de la série, c'est de voir Woody et Matthew s’amuser avec leur propre image sans jamais chercher à paraître sous leur meilleur jour. La série s’amuse de leur célébrité et montre bien que la notoriété ne résout pas tout dans la vie. L’aventure politique de Matthew offre encore de grands moments de rigolade. Sa candeur et son manque de préparation sont des pépites. Gwen apporte une vraie fraîcheur en lui rentrant dedans sans filtre. Ses répliques balancées cash font clairement partie des meilleurs dialogues de cette fournée. Mais la très bonne surprise vient de la musique. Sans gâcher le plaisir, les personnages se retrouvent embarqués dans un numéro collectif complètement improbable. 

 

Le décalage entre leur sérieux olympique et le ridicule de la situation marche du feu de dieu. On sent que les acteurs prennent un plaisir fou à lâcher prise et à faire les idiots. On a aussi droit à quelques belles références à leur filmographie. Les fans de True Detective repéreront un clin d'œil très sympa. Ce qui est cool, c'est que ça ne fait pas juste « fan service » gratuit : ça rappelle intelligemment le passif que ces deux-là partagent à l'écran. Autre bon point : les seconds rôles prennent un peu plus de place. Ça permet de souffler et d'éviter que chaque scène devienne un simple duel entre les deux héros. Il reste quand même un petit effort à faire sur certains personnages féminins, notamment les épouses, qui restent encore trop en retrait par rapport aux décisions de leurs maris.

 

Brothers tourne-t-elle un peu en rond ? C’est la vraie question après avoir vu ces quatre premiers épisodes. L'idée de départ reste géniale, le duo fonctionne à merveille et certaines scènes sont hilarantes. Pourtant, la façon dont s'articulent les épisodes montre déjà quelques limites. On règle un problème en deux minutes, puis on en réinvente un autre dans la foulée pour relancer la machine. L’histoire de leur possible lien de parenté reste un fil conducteur prenant, mais elle s'efface un peu trop derrière les petits soucis du quotidien. Après les grosses révélations du début, j’espérais que ça bouge un peu plus vite. L'attente du test ADN maintient la curiosité, mais j'ai parfois l'impression que le récit fait du surplace.

 

On risque de retrouver la sensation d'un long film découpé en tranches. Rien de dramatique pour une comédie décontractée, mais il va falloir renouveler un peu les situations si la série veut tenir sur la longueur. Ces épisodes 3 et 4 montrent les qualités évidentes de la série, mais aussi les pièges qui la guettent. Woody Harrelson et Matthew McConaughey ont un capital sympathie énorme, leur complicité rend leurs engueulades crédibles, et la galerie de personnages autour d'eux commence à prendre forme. L’épisode 3 m'a paru un poil répétitif malgré l'intrigue du chiot. En revanche, l’épisode 4 monte d'un cran grâce à son humour absurde, son intermède musical déjanté et ses clins d’œil réussis.

 

Pour l'instant, Brothers cherche encore le dosage parfait entre comédie pure et vrai mystère. Pour la suite, il faudra absolument faire avancer l'histoire de la famille et donner un peu plus de grain à moudre aux seconds rôles pour éviter de tourner en boucle.

 

Note : 6.5/10. En bref, la série reste un très bon divertissement, porté par deux potes qui prennent un pied monstre à tourner ensemble. L’épisode 4 redonne un bon coup de boost, mais j'espère que la saison osera prendre un peu plus de risques par la suite.

Disponible sur Apple TV

 

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