Critique Ciné : Parasomnia (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : Parasomnia (2026, direct to SVOD)

Parasomnia // De James Ross II. Avec Jasmine Mathews, RJ Brown et Sally Stewart.

 

Le cinéma d’épouvante adore scruter nos nuits. L’idée qu’une entité vienne nous cueillir quand on ferme les yeux reste l'une des peurs les plus tenaces de l'humanité. Avec Parasomnia réalisé par James Ross II, la promesse de départ avait tout pour plaire aux amateurs de frissons. On nous vendait un mélange de terreur psychologique, d'événements sanglants et de traumatismes enfouis. Mais une fois l'écran éteint, la déception prend vite le dessus. On se retrouve face à une œuvre molle, coincée entre de bonnes intentions visuelles et une écriture aux fraises.

 

Riley est une jeune femme tourmentée par des terreurs nocturnes. Lorsque sa meilleure amie devient la dernière personne à disparaître, elle commence à soupçonner que la figure démoniaque qui rôde dans ses rêves a franchi la frontière pour entrer dans le monde réel.

 

L’intrigue s'ouvre sur Riley, jouée par Jasmine Mathews, une adolescente résidant dans un foyer. Le soir de ses quinze ans, la nuit vire au bain de sang. La gouvernante, possédée ou manipulée par une force obscure, massacre presque tout le monde. Seule une poignée de jeunes en sort indemne, mais profondément traumatisée. Des années plus tard, Riley est adulte. Pour garder le contrôle sur sa vie et empêcher ses vieux démons de revenir, elle applique un rituel de sommeil ultra strict. Tout semble fonctionner jusqu'au jour où les phénomènes bizarres reprennent de plus belle. Sur le papier, explorer la frontière entre les cauchemars et la réalité fonctionne toujours. 

 

Sauf que James Ross II ne fait absolument rien de pertinent avec ce concept. Le scénario manque cruellement de subtilité. Au lieu de laisser planer le doute et d'entretenir un vrai mystère, le film commet l'erreur de tout expliciter beaucoup trop tôt. Les dialogues tournent en rond et répètent constamment des éléments que le spectateur avait déjà pigés depuis dix minutes. À force de tout souligner au marqueur rouge, le récit désamorce sa propre tension. Visuellement, l'ensemble n'est pas totalement à jeter. L'ambiance générale reste poisseuse et la demeure liée au passé de Riley possède un vrai cachet flippant. Le réalisateur tente même de casser la routine en injectant des séquences tournées façon caméscope ou caméra portée. 

 

Bruit de respiration lourde, champ de vision réduit par la torche, caméra qui tremble : ces passages façon vidéo retrouvée apportent un vrai coup de fouet à l'immersion. C'est une excellente décision technique qui tranchait agréablement avec le reste de la mise en scène, souvent trop académique. Malheureusement, cette belle idée est vite étouffée par un problème majeur de rythme. Après un démarrage canon qui accroche le regard, Parasomnia ralentit brusquement. Le film s'embourbe dans de longs tunnels explicatifs qui plombent l'énergie de l'histoire. On attend désespérément la montée en pression, mais elle ne vient jamais. Les rares sursauts reposent sur des ficelles tellement usées qu'elles en deviennent prévisibles. 

 

Résultat : la première demi-heure tient à peu près la route, mais toute la seconde partie s'effondre doucement dans l'ennui. Côté hémoglobine, les fans de gore auront au moins deux ou trois scènes généreuses à se mettre sous la dent. Le réalisateur ne cache pas la brutalité et propose quelques séquences viscérales qui réveillent un peu le visionnage. Le souci, c'est que du sang étalé sur un mur ne suffit pas à créer de l'angoisse si l'on ne croit pas un instant à ce qui se passe sous nos yeux. L'écriture des personnages pose un gros problème de crédibilité. Riley enchaîne des choix absurdes qui ne tiennent pas la route, même pour quelqu'un pris de panique. 

 

On sent trop souvent la main des scénaristes qui forcent une décision stupide uniquement pour faire avancer le script vers le prochain meurtre. Ce manque de logique brise le contrat de confiance avec le spectateur. Au lieu d'avoir peur pour l'héroïne, on finit par lever les yeux au ciel devant ses réactions. C'est d'autant plus dommage que le film tente d'intégrer des éléments de sorcellerie et de vaudou sans jamais aller au bout du sujet. Ces thématiques arrivent comme un cheveu sur la soupe et repartent aussi vite, comme si l'équipe avait coché des cases sur une liste de clichés d'horreur sans chercher à créer un univers solide.

 

Au milieu de ce naufrage narratif, Jasmine Mathews essaie tant bien que mal de sauver les meubles. L'actrice s'investit sincèrement et parvient à donner une vraie détresse à son personnage. Mais son talent se heurte à des répliques creuses et à des seconds rôles complètement invisibles. Les autres acteurs font ce qu'ils peuvent avec des figures stéréotypées dont on oublie le nom deux minutes après leur sortie de champ. Impossible de ressentir la moindre empathie quand le sort d'un personnage nous laisse de marbre. Je cherche toujours à sauver ce qui peut l'être dans un film de genre. Parasomnia possédait un pitch de départ accrocheur, une ambiance prometteuse et une poignée de séquences visuellement stimulantes. 

 

Malheureusement, le résultat final souffre d'une paresse d'écriture rédhibitoire. Entre ses explications lourdingues, ses incohérences de comportement et ses faux rythmes, le film passe complètement à côté de son sujet. C'est un projet rempli d'idées qui restent toutes à l'état d'ébauche. Vous pouvez éventuellement lui donner sa chance un soir de pluie si vous aimez les ambiances sombres et le gore, mais n'en attendez pas grand-chose : ce Parasomnia risque surtout de vous plonger dans un profond sommeil.

 

Note : 2/10. En bref, Parasomnia possédait un pitch de départ accrocheur, une ambiance prometteuse et une poignée de séquences visuellement stimulantes. Malheureusement, le résultat final souffre d'une paresse d'écriture rédhibitoire. 

Sorti le 4 septembre 2026 directement sur Shudder

 

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