Elsbeth (Saison 4, épisodes 1 et 2) : entre manipulations toxiques et drames de famille
Avec cette quatrième saison, la série reprend la formule qui a fait son succès. On retrouve des criminels au profil original, des invités connus, des enquêtes légères et cette héroïne qui remarque toujours ce que les autres oublient. Après une troisième saison bien rythmée entre enquêtes policières et humour décalé, ces deux premiers épisodes posent les bases d'un nouveau chapitre. Le résultat est plutôt plaisant, même si l'on commence à deviner certaines ficelles de fabrication. Pour lancer cette nouvelle salve d'épisodes, la série accueille Nicole Scherzinger dans le rôle de Serena Collyer.
Elle incarne une thérapeute de couple populaire qui vend les mérites d'une vie amoureuse idéale et de la confiance mutuelle. Derrière cette belle façade, la réalité est bien différente. Serena vit une relation compliquée avec Casey, un musicien instable. Quand elle réalise que cette liaison met en danger sa réputation et sa vie bien rangée, elle décide d'agir. Elle manipule un ancien patient pour qu'il s'en prenne à Casey, avant de commettre le meurtre elle-même. L'enquête s'oriente rapidement vers un coupable idéal. Le suspect avoue avoir agressé la victime mais nie le meurtre. Elsbeth refuse évidemment de s'arrêter à cette version trop simple. En analysant les détails, les téléphones et les relations de chacun, elle remonte peu à peu jusqu'à Serena.
Le principe de la série ne change pas : le spectateur découvre le meurtrier dès le début. Tout l'intérêt repose sur la manière dont Elsbeth démonte le faux alibi du coupable. Nicole Scherzinger s'en sort très bien dans ce rôle de femme respectable prête à tout pour sauver son confort. On peut toutefois regretter un petit manque de surprise. Les erreurs commises par la meurtrière permettent à la détective de progresser un peu trop facilement, sans grande prise de risque. Une confrontation intellectuelle un peu plus corsée aurait rendu l'ensemble encore plus marquant. Heureusement, quelques touches d'humour bienvenues, notamment lorsque Elsbeth et Smullen se font passer pour un couple en thérapie, apportent une vraie fraîcheur.
Le deuxième épisode change complètement d'ambiance et s'installe dans le milieu du théâtre new-yorkais. Après la mort du dramaturge Richard Perrick, son fils Jeremy espère récupérer les droits d'une œuvre majeure. Son père en a finalement décidé autrement en confiant le projet à un jeune auteur prometteur. Quand ce dernier est retrouvé mort, Jeremy devient immédiatement le suspect numéro un. Entre rejet familial, jalousie artistique et non-dits, les pistes s'accumulent rapidement. Nicholas Braun incarne très bien ce fils écrasé par la figure paternelle, d'autant que le fantôme de son père continue de hanter ses choix. Cette enquête se montre peut-être un peu trop chargée.
Entre les secrets de famille, les rivalités professionnelles et les drames personnels, le scénario multiplie les pistes au détriment de la lisibilité. Heureusement, une intrigue secondaire autour des restrictions budgétaires du commissariat et des difficultés financières de la détective Jackie Donnelly apporte un peu d'ancrage dans le réel. Cela permet de rappeler que la vie continue pour tout le monde, loin des paillettes du milieu artistique. Ces deux premiers épisodes confirment que la série sait se renouveler dans ses décors tout en gardant sa structure habituelle. Le plaisir de retrouver Carrie Preston dans le costume de cette avocate pas comme les autres reste intact.
Sa curiosité naturelle, sa fausse maladresse et son sens de l'observation font toujours des merveilles à l'écran. La série devra simplement faire attention à ne pas rendre ses enquêtes trop prévisibles. Les affaires fonctionnent mieux lorsque les indices demandent un vrai travail de déduction plutôt que lorsque les criminels commisent des erreurs grossières.
Note : 7/10. En bref, ce lancement de saison 4 fait le travail. Entre la manipulation sentimentale du premier épisode et les drames familiaux du second, les fans de la première heure trouveront ce qu'ils cherchent. L'humour et la personnalité loufoque d'Elsbeth suffisent à porter l'ensemble, en attendant de voir si la suite saura un peu plus surprendre son public.
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