Critiques Séries : Elsbeth. Saison 3. Episode 20 (season finale)

Critiques Séries : Elsbeth. Saison 3. Episode 20 (season finale)

Elsbeth // Saison 3. Episode 20. That’s All.

SEASON FINALE

 

La saison 3 de Elsbeth vient de tirer sa révérence avec un vingtième épisode qui ne bouscule pas les habitudes, mais qui choisit de poser un peu le jeu. Après un épisode 18 très concentré sur Buzz et les frictions internes de la police, puis un épisode 19 qui s'attaquait avec ironie aux dérives de la presse à scandale, ce grand final prend une trajectoire différente. Les scénaristes ont décidé de revenir à des enjeux plus personnels pour notre avocate préférée, et pour une fois, l'émotion prend le pas sur les grands éclats. Ce n’est plus un secret pour personne : l’équipe derrière la série adore lier ses fins de saison au monde du spectacle et de la scène new-yorkaise. 

 

Mais on se souvient tous du final précédent, qui avait parfois tendance à en faire trop avec ses moments chantés et ses intrigues un peu trop perchées. Cette fois-ci, l'épisode 20 redresse la barre. La musique est bien là, mais elle sert de simple toile de fond à une enquête criminelle menée de façon très classique. Pour l’occasion, le show s’offre une invitée de marque avec Patti LuPone. Elle incarne Ruby Lane, une ancienne star de la chanson qui ne vit plus que dans le souvenir de sa gloire passée. Ruby est grincheuse, condescendante, méprisante avec son entourage, bref, le genre de personnage qu'on adore détester. 

Le trait est tellement appuyé dès les premières minutes qu'on devine sans problème qu'elle cache un lourd secret. Cette écriture très visible des coupables est devenue la marque de fabrique de cette troisième saison. On n'est pas dans un polar à suspense où l'on cherche le tueur pendant une heure. On sait immédiatement qui a fait le coup. Tout l'intérêt de l'histoire repose plutôt sur le jeu du chat et de la souris, et sur la manière dont Elsbeth va coincer le suspect grâce à ses remarques lunaires. C'était déjà la recette de l'épisode précédent avec Tracey Ullman, et la formule se répète ici. Si Ruby bascule vite dans la caricature à force de paniquer et de s'enfoncer dans ses mensonges, ce final passe mieux que l'épisode 19. 

 

Pourquoi ? Parce qu'il assume son style de A à Z. Le scénario ne cherche jamais à nous faire croire que l'enquête est d'une complexité folle. Il préfère s'amuser avec les réactions des personnages et pousser les situations jusqu'à l'absurde. On pense notamment à cette scène surréaliste où un faux suspect s'introduit sur la scène du crime uniquement pour regarder des œuvres d'art. C’est complètement loufoque, mais c’est fait exprès. Elsbeth a toujours entretenu un rapport très lâche avec le réalisme policier. La série sait pertinemment que ces situations n'ont aucun sens dans la vraie vie, mais elle s'en sert pour nourrir son ton décalé. 

Les scénaristes en profitent aussi pour glisser plusieurs clins d'œil très amusants sur leur propre univers. Entre les piques lancées aux actrices de théâtre de New York qui cachent des secrets et les blagues sur les clichés des séries criminelles, on sent que l’équipe d'écriture s'est fait plaisir. Cet humour méta fonctionne bien parce qu'il reste discret et ne vient jamais parasiter le fil de l'histoire. Le vrai point fort de cet épisode réside dans le parallèle subtil entre Ruby et Elsbeth. Sous sa carapace de diva insupportable, Ruby est surtout une femme terrifiée par l'oubli. Depuis la mort de son mari, le monde du spectacle avance sans elle et ne jure que par la nouveauté. 

 

Sans jamais chercher à excuser ses actes, l’épisode réussit à montrer la profonde solitude de cette femme. Cette thématique de l’isolement fait directement écho à l'intrigue secondaire qui implique Teddy, le fils d'Elsbeth. Leur relation a souvent été traitée de manière un peu lourde au cours de la saison, mais elle trouve ici un ton juste. Teddy prépare sa demande en mariage, et Elsbeth prend conscience qu'elle est en train de passer au second plan. Sa volonté d'organiser une demande extravagante n'est rien d'autre qu'une tentative un peu maladroite de garder sa place dans la vie de son fils. Le fait que Teddy aille demander conseil au capitaine Wagner plutôt qu'à sa mère apporte d'ailleurs une vraie touche de douceur et d'humanité au patron du commissariat. 

Je redoutais le pire après les épisodes précédents qui insistaient lourdement sur l'arche narrative de Tully et les tensions politiques de la ville. Heureusement, la série fait le choix d'une conclusion calme, sans cliffhanger artificiel pour accrocher le spectateur. Cela change des conclusions habituelles où tout doit exploser pour relancer la saison suivante. Le retour de Kaya à l'écran, même pour quelques instants, vient sceller cette réussite. Sa complicité avec Elsbeth est l'un des moteurs principaux de la série, et revoir leur dynamique naturelle apporte une vraie bouffée d'énergie qui manquait parfois ces derniers temps.

 

Note : 8/10. En bref, ce vingtième épisode ne change rien aux forces et aux faiblesses d'Elsbeth. L'enquête est prévisible et légère, mais en se recentrant sur l'humain et en laissant de côté les intrigues politiques un peu lourdes, cette fin de saison s'avère particulièrement agréable et cohérente. Une jolie note de fin pour une série qui sait exactement ce qu'elle est.

Prochainement sur TF1 et TF1+

CBS a renouvelé Elsbeth pour une saison 4.

 

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