Critiques Séries : Elsbeth. Saison 3. Episode 18.

Critiques Séries : Elsbeth. Saison 3. Episode 18.

Elsbeth // Saison 3. Episode 18. Murder From Scratch.

 

Avec ce 18ème épisode de la saison 3, Elsbeth ne change pas radicalement sa recette, et c’est tant mieux. On y retrouve ce qui fait le sel de la série : un crime un peu barré, des suspects excentriques et notre héroïne qui, sous ses airs de ne pas y toucher, analyse les gens avec une précision chirurgicale. Mais cette fois, ce n’est pas l’enquête qui m’a fait rester devant mon écran, c’est ce qui se passait en arrière-plan. Et je dois bien admettre que je ne pensais pas être aussi touché par un personnage comme Buzz. Depuis quelques semaines, la série joue un peu avec nos nerfs concernant Kaya. Son absence par intermittence force Elsbeth à faire équipe avec différents inspecteurs. 

 

Après son retour remarqué dans l’épisode précédent, j’ai trouvé ça assez frustrant de la voir s’éclipser à nouveau. Leur duo fonctionne tellement bien, sans effort, que n'importe quelle autre dynamique semble un peu forcée à côté. D'habitude, les autres flics ne sont là que pour lever les yeux au ciel face aux intuitions loufoques d’Elsbeth. Buzz était le champion dans cette catégorie. Jusqu’à présent, il collait parfaitement à l’étiquette du policier un peu bourru, celui qui veut juste remplir sa paperasse et rentrer chez lui sans écouter les théories farfelues de notre consultante préférée. Mais cet épisode change la donne. En abordant le sujet de sa retraite obligatoire, la série lui donne enfin une vraie épaisseur. 

Sous ses blagues et son sourire de façade, on sent le malaise d'un homme qui n'est pas prêt à raccrocher. Ce n'est pas la vieillesse qui l'effraie, c'est l'idée de ne plus servir à rien. C’est traité avec légèreté, sans sortir les violons, mais c’est assez juste pour qu’on s’y attache. Ce qui est intéressant, c’est de voir comment Elsbeth réagit. Pour une fois, elle ne se contente pas de résoudre une énigme, elle devient un soutien moral. Leur relation évolue et sort du schéma répétitif où personne ne la croit avant le dénouement final. On sent une vraie bienveillance ici, et ça fait du bien de voir la série injecter un peu d'émotion dans sa mécanique bien huilée. 

 

Côté crime, on plonge en plein délire avec une influenceuse tradwife campée par Anna Camp. Là, les scénaristes se sont fait plaisir sur la satire. Tout y passe : les repas qui prennent huit heures à préparer, les gosses aux prénoms improbables et cette mise en scène permanente d'une vie domestique parfaite et rétro. Le contraste entre le monde ultra-contrôlé de ces femmes et la spontanéité bordélique d'Elsbeth donne des scènes franchement drôles. Par contre, si on regarde l’enquête pure, c’est peut-être là que le bât blesse. Le meurtre est tellement alambiqué qu'il en devient presque surréaliste. On repose sur une suite de coïncidences et de choix illogiques qui demandent de débrancher un peu son cerveau pour y croire. 

La série assume de plus en plus son côté caricatural, voire cartoon, ce qui est un choix audacieux mais risqué. L'épisode 17 sur les ultra-riches tenait mieux l'équilibre entre la critique sociale et la crédibilité de l'intrigue policière. Ici, on frôle parfois la farce. Heureusement, la force de la série reste son héroïne. Elsbeth ne juge jamais ses suspects de front. Elle les écoute, elle les laisse s'étaler, jusqu’à ce qu’ils finissent par s’auto-saboter. C’est cette sincérité désarmante qui sauve l'épisode, même quand les situations deviennent trop absurdes. On apprécie aussi que la série laisse de côté, pour un instant, les magouilles politiques de Tully ou de Wagner pour se concentrer sur l'humain. 

 

Même si on sent bien que les pions se mettent en place pour un final de saison explosif, ces moments de respiration sont essentiels. La petite fête improvisée pour Buzz en fin d'épisode est un excellent exemple. C'est simple, c'est chaleureux, et ça rappelle que derrière l'humour acide et les meurtres bizarres, Elsbeth est une série qui aime profondément ses personnages. Cet épisode 18 n’est peut-être pas le plus brillant en termes de suspense, mais il réussit le pari de nous faire aimer un personnage qu'on pensait transparent. Rien que pour ça, la saison 3 continue de marquer des points. On accepte volontiers un peu d'absurdité quand le cœur y est.

 

Note : 8/10. En bref, bien que l'enquête sur la tradwife bascule parfois dans une caricature absurde, cet épisode brille par la vulnérabilité inattendue qu'il apporte au personnage de Buzz. C’est une pause bienvenue qui privilégie l’émotion et l’évolution des relations humaines sur la simple résolution de crime.

Prochainement sur TF1 et TF1+

 

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