Critiques Séries : Elsbeth. Saison 3. Episode 17.

Critiques Séries : Elsbeth. Saison 3. Episode 17.

Elsbeth // Saison 3. Episode 17. High Class Problems.

 

Cet épisode 17 de la saison 3 d'Elsbeth ne réinvente pas la roue, mais il fait un bien fou. On reste dans la lignée de ce que la série nous propose depuis un moment, tout en injectant une énergie nouvelle qui manquait cruellement aux dernières intrigues. Après un passage dans le milieu littéraire un peu crispé de l’épisode précédent, on atterrit cette fois chez les ultra-riches, entre yachts de luxe et séances de thérapie VIP. Le décor est planté très vite : on parle ici de problèmes de riches. Entendre une patiente s’effondrer parce qu’on lui a manqué de respect sur son bateau, ça prête franchement à sourire. On flirte avec la satire, et c’est là qu’Elsbeth est la meilleure. 

 

Derrière le ridicule de ces situations, la série gratte un peu la surface pour montrer comment l’argent et le pouvoir déforment totalement la perception de soi. C’est pas forcément d’une finesse extrême, mais ça tape juste là où ça fait mal. Ce qui m’a vraiment accroché, c’est le personnage de Mallory. On aurait pu croire que la thérapeute allait finir en victime après ses prises de bec avec son patient, Jason. Mais non, les scénaristes ont choisi d'en faire la coupable. Ce retournement de situation est plutôt bien vu. On retrouve ce thème récurrent de la saison : des gens tellement perchés dans leur tour d’ivoire qu'ils pensent être au-dessus des lois. Dès que leur statut ou leur compte en banque est menacé, ils perdent les pédales.

Le meurtre reste fidèle à l'esthétique de la série : c'est propre, presque froid. Un sabotage de moto, une chute dans l'eau, et le tour est joué. Pas besoin de faire des caisses dans l'hémoglobine pour que ça fonctionne. L'intérêt est ailleurs, dans la motivation du crime. Ici, on tue pour garder sa place au soleil et protéger sa réputation. C’est l’ego qui tient le flingue, ou plutôt les outils de sabotage dans ce cas précis. Mais la vraie victoire de cet épisode, c'est le retour de Kaya. Son absence pesait sur les derniers épisodes, et dès qu'elle réapparaît à l'écran aux côtés d'Elsbeth, l'ambiance change du tout au tout. 

 

Leur duo, c'est le moteur de la série. Kaya apporte ce contrepoids nécessaire à la fantaisie d'Elsbeth. Ce qui est agréable, c'est qu'il n'y a pas cette phase de doute habituelle où l'on se demande si Elsbeth divague. Kaya lui fait confiance, elle connaît son flair. Résultat : l'enquête avance deux fois plus vite et on s'épargne les scènes de scepticisme un peu lourdes du capitaine Wagner. Ce regain de rythme se ressent partout. L'intrigue est plus directe, plus punchy. On n'a pas l'impression de piétiner pour rallonger la sauce. En parallèle, les scénaristes continuent de parsemer des petits moments plus personnels. On voit les tensions dans l'entourage de Kaya et on sent qu'Elsbeth traîne encore un peu le poids de sa rupture. 

C’est discret, ça ne prend pas le pas sur l’enquête, mais ça donne une vraie épaisseur humaine aux personnages. On n'est pas juste devant des pions qui résolvent une énigme, on suit des gens qui ont une vie en dehors du commissariat. Le traitement de la thérapie est aussi assez intéressant. Souvent, dans les séries policières, on tombe dans la caricature du psy. Ici, le malaise vient du fait que Mallory utilise les secrets de ses patients pour servir ses propres intérêts. C’est un détournement de confiance qui rend le personnage de la meurtrière assez détestable, ce qui renforce l'envie de la voir tomber. Si je devais émettre un petit bémol, c’est cette obsession pour les milieux hyper privilégiés. 

 

À la longue, ça finit par tourner un peu en rond. On a l’impression que le monde d’Elsbeth s’arrête aux portes des appartements de luxe et des clubs privés. L’épisode 16 jouait déjà sur ce narcissisme des gens de pouvoir. Varier un peu les environnements sociaux ne ferait pas de mal à la série pour la suite. Néanmoins, cet épisode 17 est une réussite. C’est solide, les indices sont bien dispatchés et on ne sort pas la solution du chapeau à la dernière minute. Ce n'est peut-être pas l'épisode qui restera gravé dans les mémoires comme le meilleur de la saison, mais il fait parfaitement le job, surtout grâce à cette dynamique retrouvée entre nos deux héroïnes.

 

Note : 8/10. En bref, Elsbeth garde le cap. On a de l'humour, des personnages un peu barrés et une enquête qui se tient. On espère juste que la fin de saison saura nous sortir un peu de ce cocon doré pour nous surprendre davantage, mais pour l'instant, le plaisir est là.

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