Critiques Séries : Elsbeth. Saison 3. Episode 15.

Critiques Séries : Elsbeth. Saison 3. Episode 15.

Elsbeth // Saison 3. Episode 15. Otherwise Enraged.

 

Avec cet épisode 15 de la saison 3, Elsbeth reprend enfin du poil de la bête. Pour être honnête, la semaine dernière m’avait laissé sur ma faim. L’enquête au bal des débutantes manquait franchement de finesse, mais ce nouvel opus, intitulé « Otherwise Enraged », parvient à redresser la barre en trouvant un équilibre bien plus satisfaisant entre le pur polar et l’étude de mœurs. Pourtant, au premier abord, on pouvait craindre de retomber dans les vieux travers de la série, avec une suspecte un peu trop exubérante qui se croit plus maligne que la terre entière. 

 

Mais le scénario évite le piège du "déjà-vu" en allant chercher ce qui se cache vraiment derrière les apparences. Rachel, notre meurtrière du jour, n’est pas forcément quelqu'un d'attachant, mais elle est infiniment plus humaine qu’Izzy dans l’épisode précédent. Là où Izzy n'était qu'une caricature de froideur, Rachel est une femme en plein naufrage, dévorée par un besoin de reconnaissance presque pathétique. Le point de bascule est d'ailleurs assez bien vu. Tout part d'une fête organisée pour célébrer un héritage, un événement que ses amis traitent avec un mépris souverain. Voir ses proches saboter ce qui compte pour elle donne une tout autre dimension à son geste. 

Évidemment, cela n'excuse rien, mais la série réussit à capter ce malaise social très contemporain. On ne nous sert pas un plan machiavélique mûri pendant des plombées, mais un acte impulsif, né d'une colère subite et presque banale. C’est dans l’improvisation qui suit, avec des décisions de plus en plus bancales, que le personnage devient vraiment intéressant à observer. Sur le plan de l'investigation pure, j’ai aussi retrouvé ce qui me plaît dans la série : le goût du détail qui tue. On sort du simple "feeling" pour revenir à une enquête minutieuse. L’histoire des casseroles, par exemple, peut sembler dérisoire, mais c’est typiquement le genre d’indice qui fait le sel d’Elsbeth. 

 

C’est gratifiant de voir l’héroïne construire son raisonnement brique par brique plutôt que de se reposer uniquement sur son intuition magique. Entre les traces de sang mal nettoyées, le cycle du lave-vaisselle et les trous dans l’alibi, les pièces du puzzle s’emboîtent avec une logique bien plus solide que ce qu’on nous proposait récemment. Toutefois, tout n'est pas parfait, et je commence à saturer d'un ressort dramatique que les scénaristes utilisent jusqu’à la corde : le scepticisme permanent de la police. Voir Donnelly jouer encore une fois les incrédules face aux conclusions d'Elsbeth devient lassant. À ce stade de l'histoire, et vu le palmarès de l'avocate, ce manque de confiance semble totalement artificiel. 

C’est d’autant plus agaçant que les preuves contre Howie, le suspect initial, étaient vraiment légères. On sent que ce doute n'est là que pour gagner du temps et étirer l'épisode. Heureusement que Wagner apporte un peu de nuance en laissant Elsbeth agir, ce qui évite que l'ambiance au commissariat ne devienne trop caricaturale. Du côté des intrigues secondaires, le bilan est plus mitigé. La suite de l’arc sur Alec Bloom se règle un peu trop facilement à mon goût. La révélation publique est cohérente avec le personnage, mais après le suspense de l’épisode 14, j’attendais peut-être quelque chose de plus percutant, avec de vraies conséquences. 

 

Quant aux péripéties autour de l’anniversaire de Wagner et des tensions entre sa fille et Rivers, on flirte carrément avec la sitcom. Ce n’est pas désagréable, mais cela crée une rupture de ton un peu brutale avec le reste de l’intrigue. Ce qui sauve vraiment cet épisode, c'est son miroir inversé avec le précédent. On a deux femmes qui tentent de contrôler leur image, mais leurs moteurs sont opposés. Là où l’une agissait par pur calcul, l’autre sombre par émotion pure. Cette spirale de décisions mal maîtrisées rend l'épisode bien plus vivant. 

 

Note : 7/10. En bref, même si tout n'est pas encore parfait dans cette saison 3, « Otherwise Enraged » prouve qu’Elsbeth a encore de la ressource quand elle se concentre sur la psychologie de ses suspects plutôt que sur des artifices de mise en scène. C’est un épisode imparfait mais franchement engageant, qui redonne un élan bienvenu à la série. Pourvu que la suite garde cette rigueur dans l'écriture.

Prochainement sur TF1 et TF1+

 

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