17 Avril 2025
Chicago Med // Saison 10. Episode 18. Together One Last Time.
Cette semaine dans Chicago Med, l’épisode 18 nous replonge dans une atmosphère intense, mais qui commence à sentir la redite. À force de multiplier les drames autour de la maternité et des traumatismes personnels, la série prend le risque d'émousser l’émotion du spectateur. Non pas que les histoires manquent de réalisme, mais plutôt que certaines mécaniques sont usées, et l’épisode du jour en est un bon exemple. Dès les premières scènes, on pressent un événement tragique à venir autour de la grossesse de Lizzie. Pourtant, malgré le thème difficile abordé — la perte d’un bébé suivie d’une complication médicale grave —, on peine à ressentir une véritable empathie.
Le lien entre le spectateur et ce personnage secondaire, jusque-là peu développé, reste fragile. Son retour dans la vie de Hannah sert visiblement à mettre sous tension une relation déjà complexe, mais le traitement paraît forcé. Cela m’amène à m’interroger sur l’usage répété de certains arcs narratifs dans la série. Depuis plusieurs saisons, Chicago Med multiplie les scénarios de fausses couches, de naissances prématurées ou de décès d’enfants. Si ces réalités médicales existent bel et bien, leur fréquence à l’écran frôle l’épuisement dramatique. L’émotion devient prévisible, et c’est un problème quand on cherche à provoquer une réaction sincère du public.
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Le choix de faire intervenir Hannah de manière médicale dans le cas de sa sœur, malgré les conflits d’intérêts évidents, interroge. On sent que cette décision narrative a pour but de forcer une proximité, mais elle manque de justesse. Elle fait surtout ressortir les contradictions internes du personnage de Hannah, tiraillée entre ses convictions de médecin et ses blessures personnelles. Pendant ce temps, l’axe centré sur Ripley et Hannah poursuit son chemin chaotique. Les scènes entre eux renforcent le sentiment que cette dynamique ne fonctionne pas. Ripley continue à accaparer la conversation sans vraiment écouter, et Hannah, malgré ses instincts professionnels affûtés, semble aveuglée par une vision idéalisée de l’homme qu’il pourrait devenir.
Archer, pourtant souvent cynique, semble cette fois avoir une lecture assez lucide de la situation. L’idée que certaines personnes ne changent pas, ou du moins pas dans le sens qu’on espère, prend ici tout son sens. Autre intrigue de l’épisode : l’affaire du serpent perdu. Ce segment avait tout pour être intriguant — une possible manipulation parentale, des soupçons de maltraitance déguisée — mais vire rapidement dans le burlesque. L’image d’un serpent qui se promène dans l’hôpital détourne l’attention de la portée psychologique que cette situation aurait pu avoir. On frôle la caricature, au détriment de la tension dramatique.
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Heureusement, Chicago Med sait parfois rectifier le tir dans le même épisode. La scène avec Cynthia, patiente atteinte de démence, apporte une émotion plus juste. Le diagnostic posé par Lenox a un écho profond, d’autant plus qu’il réveille chez elle une douleur intime liée à ses propres pertes familiales. Cette fois, le propos touche au cœur. Sans avoir besoin de gestes spectaculaires, la série réussit ici à évoquer la résilience, le deuil, et l’accompagnement dans la maladie avec retenue. Ce fil narratif agit également comme un déclencheur pour le personnage de Lenox. Touchée par le dévouement du mari de Cynthia, elle semble enfin prête à baisser la garde dans sa relation avec Hayes.
Ce changement, suggéré en finesse, est bienvenu dans un épisode où tant d’émotions paraissent forcées. En somme, l’épisode 18 de cette dixième saison illustre bien les limites d’un recours trop fréquent aux mêmes ressorts narratifs. Les drames liés à la maternité, bien qu'émotifs, perdent en impact lorsqu'ils deviennent systématiques. On aimerait voir Chicago Med s’aventurer davantage sur des terrains moins balisés, comme elle le fait parfois avec brio — notamment dans les interactions entre les personnages principaux lorsqu’ils sont confrontés à leurs propres failles.
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Ce n’est pas un épisode raté, loin de là. Mais il est révélateur d’une tendance qu’il serait peut-être temps de réévaluer : trop de tragédie tue la tragédie. Pour continuer à capter l’attention, la série devra éviter de tomber dans le piège du sensationnalisme et revenir à ce qui fait sa force : des histoires humaines traitées avec subtilité.
Note : 3.5/10. En bref, l’épisode 18 de cette dixième saison illustre bien les limites d’un recours trop fréquent aux mêmes ressorts narratifs. Les drames liés à la maternité, bien qu'émotifs, perdent en impact lorsqu'ils deviennent systématiques. J’aimerais voir Chicago Med s’aventurer davantage sur des terrains moins balisés.
Chicago Fire // Saison 13. Episode 18. Post-Mortem.
Après plusieurs épisodes tournés vers les dynamiques personnelles, la série Chicago Fire revient à ses racines avec un épisode centré sur une intervention à haut risque. L’épisode 18 de la saison 13 s’inscrit dans la lignée des épisodes les plus intenses de la série, non pas pour son action spectaculaire, mais pour la manière dont il explore les conséquences humaines et professionnelles d’une intervention qui tourne mal. C’est un épisode structuré, tendu, et dont la narration nous plonge dans la complexité d’un événement vécu collectivement, mais perçu différemment par chacun. Le retour de Boden dans cet épisode n’est pas anodin. Dès les premières minutes, on comprend que quelque chose de grave s’est produit.
L’un des membres de la caserne 51 a été gravement blessé lors d’un incendie, et la présence de Boden sert de fil conducteur pour reconstituer les événements. Comme dans un puzzle, chaque témoignage vient enrichir notre compréhension de ce qui s’est réellement passé. Ce choix narratif — l’interrogatoire des pompiers par Boden — rappelle certains épisodes d’autres séries qui utilisent la multiplicité des points de vue pour mettre en lumière les subjectivités et les responsabilités. Cela donne au spectateur une sensation de tension constante, car jusqu’au dénouement, on ignore l’identité du pompier blessé. L’incendie en question, dans une maison familiale, est décrit par tous comme une mission à hauts risques.
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Le feu était déjà très avancé à l’arrivée des secours, les conditions sur place étaient instables, et le temps jouait contre eux. Ce n’est pas une situation nouvelle pour les membres de la 51, mais l’élément humain, cette fois, pèse plus lourd. Ce qui est particulièrement bien mis en avant ici, c’est la notion de charge mentale. On ressent chez plusieurs personnages une forme d’usure : Cruz est à bout de force, Herrmann semble accuser le poids des années, même Severide n’est pas totalement dans son élément. Quant à Carver, tout juste revenu de congé, on sent chez lui une volonté de faire ses preuves… peut-être au détriment de sa sécurité.
Pascal, que l’on observe depuis plusieurs épisodes, continue de diviser. Ce nouvel officier, placé dans une position délicate dès son arrivée, est ici au cœur de la décision la plus difficile : ordonner une évacuation d’urgence alors que tout le monde n’est pas encore sorti. Une décision impopulaire, mais sans doute justifiée. Et si jusqu’ici, on pouvait remettre en question sa légitimité à commander, cet épisode lui donne enfin une consistance. L’épisode ne cherche pas à l’absoudre, mais il ne le condamne pas non plus. Il le montre humain, dans ses doutes, dans ses automatismes. Pascal n’a pas le charisme de Boden, ni l’intelligence émotionnelle de Herrmann, mais il est là, il assume. Peut-être pas celui qu’on attendait, mais celui qui agit.
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L’approche de l’épisode est résolument immersive. On avance avec Boden, en recollant les morceaux d’une histoire complexe, entre témoignages flous, souvenirs contradictoires et silences lourds de sens. Ce n’est pas une enquête au sens classique, mais bien une tentative de comprendre : qui était où, qui a fait quoi, et pourquoi le résultat a été ce qu’il a été. Et dans ce récit éclaté, certaines vérités émergent : Carver a pris des risques qu’on ne lui avait pas demandés. Damon, frère de Severide, s’est retrouvé isolé, blessé, presque sacrifié. La confusion était telle que même Herrmann, d’habitude si rigoureux, ne savait plus qui était à l’intérieur.
Ce qui ressort également de l’épisode, c’est à quel point les liens entre les membres de la caserne influencent leurs décisions sur le terrain. Severide, Stella, Carver, Pascal… chacun agit aussi en fonction de ses attaches, de ses sentiments, de ses loyautés. La profession impose une discipline, mais elle n’efface pas les émotions. Et c’est justement cela qui rend l’épisode si prenant : on ne regarde pas juste des pompiers face au danger, on voit des êtres humains qui luttent pour rester professionnels malgré la peur, malgré les doutes. La conclusion de l’épisode n’apporte pas une résolution claire, et c’est tant mieux. Boden refuse de désigner un coupable, conscient que dans ce genre de situation, les responsabilités sont partagées.
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C’est un choix qui tranche avec les logiques habituelles de blâme, et qui renforce l’idée d’un collectif solidaire, malgré les tensions. Cependant, ce flou laisse planer des questions : Pascal est-il enfin intégré ? Herrmann est-il prêt à assumer pleinement un rôle de chef ? Le regard échangé entre eux en fin d’épisode laisse penser que rien n’est totalement figé. On est loin de l’unité parfaite, mais c’est justement cette imperfection qui rend les choses crédibles. Au fil des saisons, Chicago Fire a vu partir des personnages importants. On sent aujourd’hui une certaine stabilité retrouvée, avec un noyau solide : Severide, Stella, Herrmann, Cruz, Violet…
Et même si chacun traverse des périodes difficiles, l’alchimie fonctionne. Le temps semble venu de se concentrer sur ce groupe, d’approfondir leurs histoires, sans nécessairement introduire de nouveaux visages. Dans les épisodes précédents, on s’était attaché à la possibilité d’un enfant pour Stellaride, ou à la présence de jeunes en difficulté dans leur environnement. Ici, le récit revient au feu, au terrain, au métier. Mais en réalité, tout est lié : le feu révèle les personnalités, les fragilités, les solidarités. Et c’est bien ce qui fait l’intérêt de la série.
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L’épisode 18 de la saison 13 de Chicago Fire marque un tournant discret, mais significatif. Pas d’explosion dramatique, pas de cliffhanger gratuit, mais une exploration sobre et efficace des risques du métier et des responsabilités individuelles. On en ressort avec le sentiment que la série reprend un peu de souffle en se recentrant sur ce qu’elle sait faire : montrer l’humain derrière l’uniforme. Et si Pascal n’est toujours pas un personnage que l’on aime spontanément, il est peut-être enfin devenu quelqu’un que l’on respecte.
Note : 6/10. En bref, l’épisode 18 de la saison 13 de Chicago Fire marque un tournant discret, mais significatif. Pas d’explosion dramatique, pas de cliffhanger gratuit, mais une exploration sobre et efficace des risques du métier et des responsabilités individuelles.
Chicago PD // Saison 12. Episode 18. Demons.
Avec l’épisode 18 de la saison 12, Chicago PD remet Hank Voight sur le devant de la scène, dans une configuration qui renvoie autant à ses débuts qu’à ses contradictions actuelles. On le savait, Voight est un personnage complexe. Mais dans cet épisode, les lignes bougent — non pas parce qu’il change fondamentalement, mais parce que ce sont les autres autour de lui qui commencent à le regarder autrement. Après l’introspection centrée sur Kevin Atwater dans l’épisode 17, où les émotions passaient avant l’action, « Demons » revient à un terrain plus politique, voire presque tactique, avec une tension sourde entre Voight et le Deputy Chief Reid.
Cette opposition n’est pas simplement hiérarchique. C’est un duel de méthodes, de philosophies, de limites — et surtout, de façades. On pourrait croire que Reid est une version policée de Voight. En surface, il coche toutes les cases du dirigeant moderne : calme, propre sur lui, stratège. Mais plus l’épisode avance, plus la façade se fissure, et plus on comprend que ce qui les distingue réellement n’est pas tant la méthode que la transparence. Reid manipule, mais il le fait avec un sourire et des dossiers bien rangés. Voight, lui, ne s’en cache plus depuis longtemps. Il agit dans les zones grises, parfois dans le noir complet, mais toujours avec cette loyauté maladroite envers ceux qu’il considère comme sa famille.
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Ce que Reid ne fait pas, ou alors pour des raisons bien moins altruistes. Ce que montre bien cet épisode, c’est que Voight, malgré toutes ses erreurs, reste fidèle à une certaine idée de la loyauté. Reid, lui, sacrifie sans remords un flic en détresse comme Dante. Ce n’est pas un simple jeu d’échecs stratégique. C’est une trahison d’humanité. Dante se retrouve malgré lui au cœur de cette opposition. Il est pris dans un engrenage qui le dépasse, utilisé comme pion dans une guerre d’influence entre ses supérieurs. Ce que l’épisode met en lumière, c’est l’incapacité du système à protéger ceux qui en ont besoin, surtout quand cela dérange l’ordre établi.
Voight, avec ses méthodes contestables, est pourtant celui qui tente réellement d’aider Dante. Il ne le fait pas pour redorer son image. Il agit parce qu’il comprend ce que ça veut dire d’être laissé sur le carreau. Et c’est là que l’épisode touche juste : on ne nous demande pas de voir Voight comme un héros, mais comme quelqu’un qui, malgré tout, se bat pour ceux qui sont à ses côtés. L’un des moments les plus parlants de l’épisode est cette discussion entre Adam et Kim. Adam affirme avec assurance que Voight leur dirait s’il y avait autre chose derrière ses décisions. Mais en tant que spectateurs, on sait que ce n’est pas tout à fait vrai.
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Voight ne partage pas. Il contrôle, il anticipe, il protège à sa manière. Et cette manière implique souvent de garder pour lui les éléments qu’il juge trop lourds à porter. Ce n’est pas une question de malveillance, mais de fonctionnement. Il a toujours agi ainsi. Ce n’est pas nouveau. Ce qui l’est peut-être, en revanche, c’est que les autres commencent à le réaliser pleinement. Et c’est cette prise de conscience collective qui donne à l’épisode une tension supplémentaire : l’équipe commence à voir les failles derrière le masque. Chicago PD n’a jamais tenté de présenter Voight comme un homme réformé. Et heureusement. Ce qui rend son personnage intéressant, c’est justement cette constance dans le flou moral.
Il n’est pas là pour incarner le bien, mais pour poser la question suivante : jusqu’où peut-on aller pour défendre une cause qu’on croit juste ? Mais dans cet épisode, quelque chose change : le collectif s’invite dans le dilemme. Habituellement, Voight agit seul, dans l’ombre, en marge. Là, c’est toute l’équipe qui est impliquée, même indirectement. Et cela donne à ses choix un poids différent. On n’est plus simplement dans une série de décisions individuelles. On entre dans une dynamique de groupe, où chaque action de Voight a une répercussion immédiate sur les autres.
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Et pour une fois, ce ne sont pas que les spectateurs qui en prennent conscience, mais bien les membres de l’équipe eux-mêmes. Il est intéressant de rapprocher cet épisode de celui de la semaine précédente. Dans l’épisode 17, Atwater apprenait à composer avec sa propre vulnérabilité, en acceptant l’idée qu’un soutien extérieur — en l’occurrence, Val Soto — pouvait être une force plutôt qu’une faiblesse. Ici, Voight reste dans sa posture classique de loup solitaire, mais les événements le poussent malgré lui à s’appuyer sur les autres. Pas pour les émotions, mais pour la stratégie.
Cela montre deux facettes d’un même changement : l’équipe, autrefois éclatée, se resserre, se consolide. Même si cela ne se fait pas dans la douceur. L’un cherche à construire une relation intime (Atwater), l’autre tente de maintenir un semblant de cohésion professionnelle (Voight). Dans les deux cas, le besoin d’être entouré ressort, et ça donne à cette fin de saison une tonalité plus humaine que les précédentes. « Demons » ne clôt rien. On reste dans une tension latente entre Voight et Reid, avec l’impression que les choses ne peuvent qu’exploser à un moment donné. Et c’est peut-être ce que cherche la série : créer une pression continue, pour mieux en observer les effets sur le groupe.
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Ce que je retiens surtout, c’est que la série commence enfin à assumer pleinement ce qu’elle a toujours laissé entrevoir : Voight n’est pas un modèle. Il n’a pas à l’être. Mais il peut rester un bon personnage à condition que la série continue à explorer les conséquences de ses actes — sur lui-même, mais surtout sur ceux qui gravitent autour. L’épisode 18 confirme une dynamique amorcée depuis quelques semaines : Chicago PD revient à ses fondamentaux en mettant les personnages au cœur de l’intrigue, sans les transformer en archétypes. On n’assiste pas à une révolution narrative, mais à une maturation.
Voight reste Voight. Mais le monde autour de lui change. Et cette instabilité est peut-être ce qui rend cette fin de saison plus engageante que ce que la série nous a proposé depuis un moment. On n’attend pas que les personnages deviennent meilleurs. On attend juste qu’ils soient honnêtes avec eux-mêmes. Et ça, c’est déjà beaucoup.
Note : 7/10. En bref, les moments de détresse de Dante Torres font partie de mes intrigues préférées dans Chicago PD tant ce personnage me touche.
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