Critiques Séries : Chicago Med (Saison 11, épisode 16), Chicago Fire (Saison 14, épisode 16), Chicago PD (Saison 13, épisode 16)

Critiques Séries : Chicago Med (Saison 11, épisode 16), Chicago Fire (Saison 14, épisode 16), Chicago PD (Saison 13, épisode 16)

Chicago Med // Saison 11. Episode 16. The Book of Charles.

 

Avec l’épisode 16 de la saison 11 de Chicago Med, la série tente un pari ambitieux : placer Daniel Charles au centre du récit et explorer ses failles. Sur le papier, tout était réuni pour proposer un épisode marquant. Dans les faits, le résultat me laisse assez partagé, entre de bonnes idées et une exécution qui manque parfois de justesse. Depuis le début de la saison, le personnage de Daniel Charles est en retrait, malgré son importance dans l’ADN de Chicago Med. Cet épisode 16 lui redonne logiquement de la place, en s’intéressant à son équilibre mental et à ses limites. L’idée de suivre un psychiatre confronté à ses propres difficultés est pertinente. 

 

C’est même un angle rarement traité avec sérieux dans les séries médicales, qui préfèrent souvent simplifier ou caricaturer la santé mentale. Ici, les scénaristes semblaient vouloir montrer que même celui qui aide les autres peut finir par vaciller. Sur ce point, l’intention est claire. Mais ce qui m’a dérangé, c’est la manière dont tout s’enchaîne. Plutôt que de construire progressivement la crise de Charles, l’épisode choisit d’enchaîner les situations difficiles. Appels sensibles, patients compliqués, tensions professionnelles, conflits personnels… tout arrive presque en même temps. Le problème, c’est que cette accumulation donne un côté artificiel à l’ensemble. On comprend ce que la série veut montrer, mais on le ressent moins. 

Là où un seul cas bien développé aurait pu suffire à faire basculer Charles, l’épisode multiplie les obstacles, au risque de diluer l’impact émotionnel. C’est d’autant plus frustrant que certains moments sont vraiment intéressants pris isolément. La confrontation avec une patiente qui remet en question sa légitimité, par exemple, aurait mérité plus de temps. Le sujet est actuel et important, notamment autour de la perception des médecins et de la confiance dans le système de santé. Ce qui m’a le plus sorti de l’épisode, c’est le traitement de certaines situations liées à la santé mentale. Chicago Med a souvent été plus nuancé sur ces questions, et c’est d’ailleurs ce qui faisait la force du personnage de Charles.

 

Ici, certaines réactions semblent en décalage avec ce qu’on connaît de lui. Il agit parfois de manière impulsive, voire maladroite, là où il était habituellement posé et analytique. On comprend que l’objectif est de montrer qu’il perd pied, mais la transition est trop brutale pour être pleinement crédible. Même constat pour la gestion d’une situation de crise en début d’épisode. Le manque de réalisme dans la manière dont elle est abordée peut gêner, surtout sur un sujet aussi sensible. Cela donne une impression d’approximation qui contraste avec le sérieux que la série a déjà su proposer par le passé. Malgré ces réserves, difficile de nier l’implication de Oliver Platt. 

L’acteur reste fidèle à ce qui fait la richesse du personnage : une forme de retenue, une fatigue qui s’installe progressivement, et une fragilité qui affleure sans être surjouée. Certaines scènes fonctionnent justement grâce à cette interprétation plus subtile. Les échanges avec ses collègues ou sa famille apportent une dimension plus intime, qui contraste avec le rythme parfois trop chargé de l’épisode. On retrouve aussi ce rôle de mentor qu’il a souvent eu dans la série, notamment dans ses interactions avec d’autres médecins. Cela rappelle que Charles reste un pilier de Chicago Med, même lorsqu’il est en difficulté. Comme dans les épisodes précédents, la série continue de tisser des liens avec les intrigues en cours. 

 

On retrouve certaines dynamiques installées ces dernières semaines, notamment autour des relations entre les personnages. Cependant, ces éléments secondaires n’apportent pas grand-chose ici. Ils donnent même parfois l’impression de détourner l’attention de l’intrigue principale. Après un épisode 15 plus centré et plus lisible, ce retour à une structure plus dispersée est un peu dommage. L’épisode se conclut sur une scène forte, censée illustrer le point de rupture de Charles. L’intention est claire : montrer que même les plus solides peuvent craquer. Mais là encore, la mise en scène en fait peut-être un peu trop. Le côté dramatique est appuyé, là où quelque chose de plus sobre aurait sans doute été plus efficace. À force d’accumuler les signes de détresse, l’émotion finit par perdre en impact. 

 

Note : 5/10. En bref, il y a de bonnes idées, et certaines scènes fonctionnent réellement. Mais l’ensemble manque de cohérence et de subtilité dans son exécution. Là où la série peut être touchante quand elle prend le temps de développer ses personnages, elle semble ici vouloir aller trop vite. Cela reste un épisode important pour le personnage de Charles, mais pas forcément celui qui l’exploite le mieux.

NBC a renouvelé Chicago Med pour une saison 12.

 

Critiques Séries : Chicago Med (Saison 11, épisode 16), Chicago Fire (Saison 14, épisode 16), Chicago PD (Saison 13, épisode 16)

Chicago Fire // Saison 14. Episode 16. Firehouse 66.

 

L’épisode 16 de la saison 14 de Chicago Fire marque un tournant assez particulier dans la dynamique de la série. Après les événements chargés des épisodes précédents, notamment le départ de Pascal et la montée en puissance de Severide, cet épisode donne une impression contrastée, entre évolution logique des personnages et choix de production plus discutables. Ce qui frappe immédiatement, c’est la structure même de l’épisode. Là où la série nous a habitués à un vrai esprit d’ensemble, on se retrouve ici avec une présence réduite de l’équipe. L’absence de plusieurs personnages importants donne un sentiment de vide, presque inhabituel pour une caserne censée être l’une des plus actives de Chicago. 

 

En comparaison avec l’épisode 14, qui jouait beaucoup sur les interactions collectives et les adieux à Pascal, ou même l’épisode 15 centré sur Stella Kidd mais toujours équilibré, cet épisode 16 paraît plus resserré, presque isolé. Cela dit, ce choix met clairement en avant Kelly Severide. Et ce n’est pas incohérent avec l’évolution amorcée depuis plusieurs épisodes. Depuis le départ de Pascal, tout semble pousser Severide vers davantage de responsabilités. Là où il était encore dans une forme de retenue auparavant, il apparaît désormais plus affirmé. Le fait qu’il réussisse son examen de capitaine ne surprend pas vraiment, mais ce qui est intéressant, c’est la manière dont la série traite cette progression.

Contrairement à ce qui avait été fait avec d’autres personnages dans les saisons précédentes, ce moment n’est pas mis en scène comme un événement majeur. Et c’est justement là que je reste un peu partagé. D’un côté, cela rend la progression plus réaliste, moins dramatique. De l’autre, cela enlève une partie de l’impact émotionnel que ce type d’évolution mérite. Quand on repense à l’arc narratif de Casey à l’époque, la différence est assez nette. L’autre élément central de l’épisode, c’est l’arrivée – ou plutôt l’installation – du chef Hopkins. Et là, difficile de ne pas ressentir une certaine répétition. 

 

Depuis plusieurs saisons, la série utilise régulièrement le même ressort : un supérieur extérieur qui arrive avec une attitude méfiante, voire hostile, envers la caserne 51. Ce n’est pas forcément mauvais en soi, mais ici, le procédé commence à sembler prévisible. Ce qui sauve en partie cette intrigue, c’est le lien personnel entre Hopkins et le passé de Severide, notamment à travers son père Benny. Cette dimension apporte un peu plus de profondeur au conflit. On comprend que le problème n’est pas uniquement professionnel, mais aussi personnel. Cela donne à Severide une nouvelle occasion de se définir par lui-même, et non plus à travers l’héritage familial. 

Dans la continuité de l’épisode 15, où Severide était absent mais déjà au centre des discussions, cet épisode confirme qu’il est désormais au cœur de la série. Et même si cette évolution est logique, elle pose une question : Chicago Fire peut-elle encore fonctionner comme une série chorale si elle se recentre autant sur un seul personnage ? En parallèle, l’intrigue autour de Cruz apporte un peu d’équilibre. L’annonce de l’arrivée d’un nouvel enfant dans sa famille introduit une touche plus légère, mais aussi plus humaine. Là encore, la série reste fidèle à elle-même en explorant la vie personnelle de ses personnages sans tomber dans l’excès. La relation avec Javi, notamment, montre une vraie continuité dans l’écriture de Cruz, qui gagne en maturité saison après saison.

 

Mais même cette intrigue positive est teintée d’une certaine retenue. On sent que la série n’insiste pas trop, comme si elle avançait prudemment, sans vouloir trop s’attarder sur un moment heureux. Et quand on connaît le parcours de certains personnages, notamment celui de Severide et Kidd, cette retenue n’est pas anodine. Au final, cet épisode 16 donne l’impression d’un moment de transition. Moins intense que l’épisode 14, moins centré émotionnellement que le 15, il sert surtout à repositionner les enjeux pour la suite. On y voit clairement les directions prises : Severide qui avance vers un rôle de leader, un nouveau chef qui impose une tension, et une caserne qui continue d’évoluer malgré les changements.

Reste à voir si la série parviendra à retrouver un équilibre entre ses personnages et ses intrigues. Car si l’évolution de Severide est intéressante, Chicago Fire fonctionne avant tout grâce à son collectif. Et c’est peut-être ce qui manque le plus dans cet épisode.

 

Note : 4/10. En bref, cet épisode 16 donne l’impression d’un moment de transition. Moins intense que l’épisode 14, moins centré émotionnellement que le 15, il sert surtout à repositionner les enjeux pour la suite. Pour autant, ce n’est pas vraiment un bon épisode et les coupes dans le budget de la série sont en train de tuer la série à petit feu. 

NBC a renouvelé Chicago Fire pour une saison 15.

Critiques Séries : Chicago Med (Saison 11, épisode 16), Chicago Fire (Saison 14, épisode 16), Chicago PD (Saison 13, épisode 16)

Chicago PD // Saison 13. Episode 16. Restored.

 

Depuis plusieurs épisodes, la saison 13 de Chicago P.D. alterne entre intrigues centrées sur les personnages et enquêtes plus classiques. Avec l’épisode 16, la série revient à une formule que j’apprécie particulièrement : un épisode porté par Dante Torres. Et, à titre personnel, c’est souvent dans ce type d’épisodes que la série me parle le plus. Depuis son arrivée dans l’Intelligence Unit, Torres a toujours été un personnage un peu différent. Là où d’autres policiers gardent une certaine distance émotionnelle, lui fonctionne à l’instinct, avec beaucoup d’empathie. 

 

C’est d’ailleurs ce qui rend cet épisode cohérent : le voir impliqué dans un programme de justice restaurative avec des adolescents ne sort pas de nulle part. On retrouve ici ce qui faisait déjà la force de ses épisodes précédents, notamment dans l’épisode 10 où il se reconnectait à ses propres convictions. Sauf qu’ici, la situation est encore plus complexe. Il ne s’agit pas seulement de résoudre une affaire, mais de naviguer entre plusieurs vérités, plusieurs douleurs. L’intrigue tourne autour d’un adolescent impliqué dans un programme censé lui donner une seconde chance. Au départ, tout semble aller dans ce sens : Torres essaie de créer un lien, de comprendre, de guider. Mais très vite, la réalité rattrape tout le monde.

Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est la manière dont l’épisode déconstruit les apparences. On commence avec une perception assez simple des rôles — victime, coupable — avant de comprendre que la situation est bien plus trouble. La révélation finale change complètement la lecture de l’épisode. Et c’est là que le dilemme moral prend toute son ampleur : comment réagir quand la personne qui a commis un acte irréparable est aussi une victime d’un autre crime ? Ce genre de situation aurait pu faire basculer n’importe quel personnage. Mais Torres reste fidèle à lui-même. Il comprend la douleur, il voit l’injustice, mais il ne dévie pas de sa mission.

 

C’est probablement ce que j’apprécie le plus chez lui. Il n’est pas froid, il n’est pas détaché. Au contraire, il ressent tout. Mais il arrive à continuer à faire son travail malgré ça. On sent aussi son passé dans chacune de ses décisions. Il sait ce que représente la détention pour un jeune, il sait ce que c’est d’être livré à soi-même. Et même s’il ne peut pas changer l’issue de l’affaire, il essaie d’accompagner, de préparer, d’aider à sa manière. Si on compare avec ses premières apparitions aux côtés de Jay Halstead, le changement est évident. Torres était plus impulsif, plus brut. Aujourd’hui, il est plus posé, sans pour autant perdre ce qui fait son identité. L’épisode 16 confirme cette évolution. Il n’est plus seulement un agent efficace sur le terrain. 

Il devient un véritable enquêteur, capable de lire entre les lignes, de comprendre les gens au-delà des faits. Et c’est aussi ce qui le distingue d’autres personnages de la série. Là où certains épisodes récents (comme celui centré sur Kevin Atwater ou Kim Burgess) exploraient leur vie personnelle, Torres reste ancré dans une approche plus émotionnelle du métier. Depuis quelques épisodes, la relation entre Torres et Eva Imani prend de l’ampleur. Et cet épisode continue dans ce sens, même si ce n’est pas le cœur de l’intrigue. Ce que j’apprécie dans cette dynamique, c’est qu’elle repose sur une forme de compréhension mutuelle. Ils n’ont pas besoin de beaucoup de dialogues pour se suivre. Leur manière de travailler est assez proche : ils observent, ils ressentent, ils prennent le temps.

 

Après l’épisode 12, qui développait davantage Imani, on voit ici comment elle peut s’intégrer dans des histoires plus larges. Et je trouve que leur duo a du potentiel, sans forcément tomber dans une relation romantique. Comme souvent cette saison, l’équipe est moins présente en bloc. Certains peuvent regretter ce choix, surtout si on compare aux premières saisons où chaque membre avait un rôle précis dans l’enquête. Mais dans cet épisode, cela ne m’a pas dérangé. Le focus sur Torres fonctionne, et les autres personnages interviennent juste ce qu’il faut pour faire avancer l’histoire. On retrouve quand même cette idée d’unité, déjà mise en avant dans l’épisode 15. 

Même en étant moins visibles, les membres de l’équipe restent connectés. L’épisode 16 n’est pas le plus simple à regarder. Il aborde des thèmes difficiles, sans chercher à simplifier. Et c’est justement ce qui le rend marquant. Il n’y a pas vraiment de solution satisfaisante, pas de conclusion qui apaise totalement. Et je pense que c’est volontaire. La série montre que certaines situations ne peuvent pas être réparées, même avec les meilleures intentions. Pour moi, c’est aussi ce qui fait la force des épisodes centrés sur Torres. Ils ne cherchent pas à donner des réponses faciles. Ils posent des questions, et laissent le spectateur avec.

 

Si je devais résumer, cet épisode confirme pourquoi Dante Torres est devenu mon personnage préféré de la série. Il apporte quelque chose de différent, une sensibilité qui manque parfois ailleurs. Ce n’est pas un épisode parfait, mais il reste cohérent avec ce que la saison construit depuis plusieurs semaines. Et surtout, il s’inscrit dans une continuité intéressante, où les personnages évoluent sans perdre leur identité. J’espère que la suite de la saison continuera dans cette direction, en gardant cet équilibre entre enquêtes et développement des personnages. Parce que quand Chicago P.D. prend ce temps-là, c’est souvent là qu’elle fonctionne le mieux.

 

Note : 7/10. En bref, cet épisode confirme pourquoi Dante Torres est devenu mon personnage préféré de la série. Il apporte quelque chose de différent, une sensibilité qui manque parfois ailleurs. Ce n’est pas un épisode parfait, mais il reste cohérent avec ce que la saison construit depuis plusieurs semaines. Et surtout, il s’inscrit dans une continuité intéressante, où les personnages évoluent sans perdre leur identité. 

NBC a renouvelé Chicago PD pour une saison 14.

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