28 Avril 2025
Doctor Who (2023) // Saison 2. Episode 3. The Well.
Avec l’épisode 3 de cette saison 2, Doctor Who continue d’explorer de nouveaux horizons tout en renouant avec des éléments du passé. Cet épisode intitulé "The Well" propose une aventure tendue et mystérieuse qui, sans se reposer sur les grandes figures habituelles, parvient à captiver avec une menace beaucoup plus insaisissable. Depuis son retour aux commandes de la série, Russell T Davies avait exprimé son envie de mettre de côté les ennemis les plus célèbres du Docteur, comme les Daleks ou les Cybermen. Une stratégie intelligente pour éviter l’essoufflement.
Pourtant, il a choisi ici de réveiller un souvenir vieux de 17 ans : celui d’un monstre presque oublié, issu d’un épisode culte de l'ère Tennant, sans pour autant céder à la nostalgie facile. L’histoire débute directement après les événements de "Lux", en suivant toujours le Docteur (Ncuti Gatwa) et Belinda (Varada Sethu), perdus dans le temps. Leur tentative pour revenir sur Terre les projette 500 000 ans dans le futur, sur une planète hostile nommée 6-7-6-7. Le duo se retrouve malgré lui au sein d’une expédition militaire chargée d’enquêter sur la disparition soudaine d’une équipe de mineurs. Ce décor froid et oppressant sert parfaitement l’ambiance de l’épisode, jouant sur l’invisible et la paranoïa.
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Très rapidement, le lien avec un ancien épisode s’installe subtilement. Le Docteur réalise que cette planète était autrefois connue sous un autre nom : Midnight. Les fans de longue date se souviendront de ce lieu recouvert de diamants, théâtre d’une rencontre terrifiante avec une entité sans visage ni nom. En revisitant cet endroit bien des millénaires plus tard, la série évite de simplement recycler l’ancien et réussit à insuffler une tension nouvelle. Au cœur de cette intrigue, une survivante : Aliss. Personnage troublant, oscillant entre victime et possible menace, elle révèle peu à peu l’existence d’une créature invisible qui rôde constamment derrière elle.
Cet élément rend chaque scène pesante, car le danger n’est jamais clairement identifié. En reprenant ce principe du "monstre qu’on ne voit pas", Doctor Who confirme son talent pour instiller la peur par l’attente et l’imagination plutôt que par l’action brute. L’épisode s'attarde aussi sur les dynamiques humaines en situation extrême. À travers les réactions des soldats et du Docteur lui-même, on perçoit une peur sourde, une tension qui rappelle les pires instincts humains face à l'inconnu. Le moment où le groupe doit choisir entre sauver ou condamner Aliss est particulièrement marquant, et évoque la même fragilité morale vue dans l’épisode "Midnight" de 2008.
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La réalisation soigne particulièrement la montée en tension, aidée par une bande-son électronique discrète mais efficace. Le rythme est maîtrisé, et l’épisode réussit à maintenir le suspense sans s’éparpiller, ce qui n’était pas toujours le cas dans certains épisodes récents. Côté personnages, Ncuti Gatwa continue de proposer une interprétation sensible et nuancée du Docteur. Son émotion face à cette vieille menace, qu’il reconnaît immédiatement, est palpable sans être excessive. Quant à Varada Sethu, elle confirme tout son potentiel en tant que compagne, en offrant une prestation pleine de subtilités, particulièrement dans les scènes où Belinda est confrontée directement à la terreur invisible.
Un point notable est la manière dont l’épisode élargit l’univers de la série. L'absence totale de souvenir de la Terre chez les soldats rencontrés sur la planète 6-7-6-7 ajoute un mystère plus vaste : que s’est-il réellement passé avec notre planète ? Cette intrigue fil rouge installe une ambiance de fin du monde en filigrane qui donne envie de voir la suite. La fin de l’épisode, bien que dramatique, évite de tomber dans le pathos. Le sacrifice du commandant Shaya, logique et inévitable, est traité avec retenue. À travers ce geste, l’épisode souligne que la véritable horreur n’est pas seulement celle du monstre invisible, mais aussi celle des choix impossibles que ces situations imposent.
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Enfin, le retour discret de Mrs. Flood dans les dernières minutes relance habilement l'intrigue principale. Son apparition, couplée à la présence persistante de la créature dans l’ombre, offre un cliffhanger habilement dosé : intrigant sans être frustrant. En conclusion, "The Well" s'impose comme un épisode solide et cohérent, qui réussit à moderniser un mythe du passé sans tomber dans la simple redite. En retrouvant l'efficacité narrative de ses meilleurs épisodes d'horreur psychologique, Doctor Who montre qu’il peut encore surprendre sans avoir besoin de ses figures emblématiques habituelles. Un beau signe pour la suite de cette saison 2.
Note : 9/10. En bref, un épisode solide et cohérent qui modernise un mythe du passé sans pour autant faire dans la copie carbone.
Disponible sur Disney+
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