Critiques Séries : Doctor Who (2023). Saison 2. Episode 7.

Critiques Séries : Doctor Who (2023). Saison 2. Episode 7.

Doctor Who (2023) // Saison 2. Episode 7. Wish World (Part 1).

 

Il y a quelque chose de fascinant dans la manière dont Doctor Who aime s’approprier des récits et des symboles que l’on croit connaître. Dans cet épisode 7 de la saison 2, intitulé « Wish World », on retrouve cette capacité à détourner des codes familiers – ici, des échos à des contes classiques comme Blanche-Neige – pour mieux les plonger dans l’univers si particulier de la série. Mais sous l’apparence d’un monde de souhaits, de couleurs vives et de miracles enfantins, c’est en réalité un décor dystopique qui se dessine, où chaque rêve cache un prix, et chaque bonheur, une illusion. Dès les premières scènes, le ton est donné : le monde tel qu’on le connaît a disparu, remplacé par une réalité remodelée où tout semble possible, et pourtant où tout sonne faux. 

 

Le Docteur et Belinda, perdus dans cette nouvelle vie, ignorent tout de leur passé. Ils ne sont plus que des versions édulcorées d’eux-mêmes, réduits à de simples pions dans un jeu dont ils ne saisissent pas les règles. Ce qui frappe, c’est la manière dont la série construit cette atmosphère d’étrangeté familière : un monde où les tasses se brisent sans raison, où d’étranges silhouettes s’observent en silence, et où tout semble à la fois trop lisse et profondément dérangeant. L’épisode prend le temps de poser ses enjeux. Après la révélation du retour de la Rani à la fin de l’épisode précédent (« The Interstellar Song Contest »), on la retrouve ici en pleine action, en train de façonner ce nouvel univers. Sa collaboration avec Conrad ajoute une autre couche d’intrigue, et on sent que tout cela n’est que la surface d’un plan plus vaste. 

La Rani n’est pas simplement une figure du passé remise au goût du jour : elle incarne ici un pouvoir de manipulation extrême, capable de transformer les souvenirs, de réécrire l’histoire et d’asservir des esprits. Pourtant, cet épisode a un rôle bien précis : celui de préparer le terrain pour le grand final de la saison. On le ressent clairement : « Wish World » est avant tout une mise en place, une longue exposition qui pose les pièces sur l’échiquier avant le grand coup. Ce choix a ses avantages – on découvre un monde riche en détails, des enjeux qui montent en tension, et des personnages qui cherchent à retrouver leur identité – mais il a aussi ses limites. À plusieurs moments, l’épisode donne l’impression de retenir son souffle, comme si l’action était suspendue en attendant le dénouement.

 

Cette sensation est d’autant plus forte que certaines intrigues restent floues. On comprend que la Rani a utilisé un "bébé dieu" pour remodeler la réalité selon ses désirs, mais le lien entre ce pouvoir, Conrad, et le destin du Docteur reste encore brumeux. On a l’impression que des éléments sont posés sans être totalement expliqués – une habitude de Doctor Who, certes, mais qui peut parfois laisser une impression de frustration, surtout à l’approche du final. Cela dit, il serait injuste de réduire cet épisode à un simple outil narratif. Il y a des moments qui marquent, comme le retour de certains personnages secondaires qui viennent briser la monotonie de ce monde factice, ou encore l’introduction de Poppy, la fille du Docteur et de Belinda. 

Cette idée, aussi étrange qu’elle puisse paraître, apporte une note de tendresse inattendue, et pose des questions intéressantes sur l’identité et la mémoire dans un monde où tout peut être réécrit. Visuellement, « Wish World » joue sur une esthétique colorée et presque enfantine, qui contraste avec la noirceur des thèmes abordés. On est à mi-chemin entre le conte de fées et la dystopie, et c’est ce mélange qui donne à l’épisode une identité particulière. Le clin d’œil à l’Eurovision dans l’épisode précédent se transforme ici en une satire du consumérisme et du contrôle, où tout semble beau, mais où personne ne semble vraiment libre.

 

En définitive, « Wish World » remplit sa fonction : il pose les enjeux, il installe un univers intrigant, et il donne envie de voir ce que la suite nous réserve. Mais en tant qu’épisode seul, il peut laisser un goût d’inachevé. Tout est en place pour un final explosif, mais on reste encore dans l’attente. C’est un épisode qui intrigue plus qu’il ne satisfait pleinement, et qui donne surtout envie de découvrir ce que Doctor Who nous réserve pour le grand final.

 

Note : 7/10. En bref, « Wish World » remplit sa fonction : il pose les enjeux, il installe un univers intrigant, et il donne envie de voir ce que la suite nous réserve. Mais en tant qu’épisode seul, il peut laisser un goût d’inachevé. 

Disponible sur Disney+

 

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