4 Avril 2025
Avec La Meneuse, Netflix propose une plongée dans le monde du basket professionnel à travers le prisme du business et des luttes de pouvoir. Dès les premiers épisodes, la série installe son décor : une franchise de NBA fictive, les Los Angeles Waves, et une famille richissime qui se déchire pour en garder le contrôle. Isla Gordon, incarnée par Kate Hudson, se retrouve propulsée à la tête de l'équipe après l'hospitalisation de son frère, initialement aux commandes. Ce point de départ pose les bases d'une série qui oscille entre satire sociale, comédie et rivalités familiales. Mais au final, qu’apporte réellement cette série ?
Le quotidien mouvementé d'Isla Gordon, propriétaire de l'équipe de NBA des Lakers de Los Angeles, qui jongle entre sa vie de femme et de mère tout en gérant un groupe sportif représentant beaucoup d'argent.
Pour les amateurs de basketball, La Meneuse pourrait être une promesse alléchante. Pourtant, le sport n’est qu’un prétexte, une toile de fond pour un récit qui s’intéresse bien davantage aux dynamiques internes de la direction d’un club qu’au jeu en lui-même. Les scènes de match ou d'entraînement sont rares et servent plus à rappeler l’univers dans lequel évoluent les personnages qu’à véritablement l’explorer. La série préfère s’attarder sur les enjeux financiers, les négociations de contrats et les luttes de pouvoir au sein de la famille Gordon.
Si l’on espérait une immersion dans le quotidien d’un club de NBA, La Meneuse risque de décevoir. Les coulisses du sport de haut niveau sont effleurées, mais jamais approfondies. La comparaison avec des séries comme Ted Lasso ou Friday Night Lights met en lumière cette absence de profondeur. Là où ces productions parviennent à allier sport et émotion, La Meneuse préfère s’attarder sur des conflits familiaux et professionnels, souvent traités avec légèreté. La force de la série repose en grande partie sur ses personnages et les interactions entre eux. Isla Gordon incarne une femme qui cherche à s’imposer dans un univers masculin, une thématique qui aurait pu être traitée avec plus de nuances.
Si Kate Hudson livre une performance solide, son personnage suit un parcours relativement balisé : celui de l’héritière sous-estimée qui finit par prendre le dessus sur les hommes de son entourage. Les autres protagonistes sont souvent cantonnés à des rôles stéréotypés : le frère arrogant, le conseiller manipulateur, le coach dépassé par les événements. Certains tirent leur épingle du jeu grâce à des dialogues incisifs et une dynamique plaisante, mais l’ensemble manque parfois de subtilité. L’écriture semble chercher un équilibre entre comédie et drame, sans toujours réussir à le trouver.
Malgré ses défauts, La Meneuse reste une série agréable à regarder. L’énergie des dialogues, le rythme soutenu et l’alchimie entre les acteurs permettent d’enchaîner les épisodes sans lassitude. L’humour, bien que parfois forcé, fonctionne dans la plupart des situations. On retrouve ici la patte de Mindy Kaling, co-créatrice du show, qui excelle dans l’écriture de personnages piquants et de situations absurdes. Cependant, le scénario manque de surprises. Les rebondissements sont souvent téléphonés et la trajectoire des personnages ne réserve que peu d’inattendu.
La série s’inscrit dans une tendance actuelle : celle des comédies dramatiques légères qui ne cherchent pas à révolutionner leur genre, mais simplement à offrir un moment de divertissement efficace. Difficile de ne pas voir dans La Meneuse des échos à d’autres séries récentes. Le parallèle avec Ted Lasso est évident : une approche humoristique du monde du sport, un personnage principal projeté dans un rôle qu’il ne maîtrisait pas au départ, et un casting de personnages secondaires excentriques. Mais là où Ted Lasso mise sur une émotion sincère et une écriture subtile, La Meneuse préfère le rythme effréné et les punchlines.
L’influence de Succession se fait également sentir, notamment dans les luttes internes au sein de la famille Gordon. Mais encore une fois, la série Netflix adopte une approche plus légère, moins mordante et moins ambitieuse. Le résultat est un mélange d’inspirations qui fonctionne, sans pour autant proposer une véritable identité propre. Si l’on cherche une série sportive immersive, La Meneuse risque de ne pas répondre aux attentes. En revanche, pour un divertissement sans prise de tête, rempli de dialogues vifs et de situations cocasses, elle fait largement le job.
Ce n’est pas une œuvre révolutionnaire, mais une série efficace pour se changer les idées. Son principal défaut reste son manque de profondeur : ni vraiment une série sur le sport, ni totalement une satire du business, elle jongle entre les genres sans les exploiter à fond. Pourtant, les interactions entre les personnages et le dynamisme général permettent de passer un bon moment. Reste à voir si une éventuelle saison 2 saura affiner cette formule et lui donner un peu plus d’âme.
Note : 5.5/10. En bref, ce n’est pas une œuvre révolutionnaire, mais une série efficace pour se changer les idées. Son principal défaut reste son manque de profondeur : ni vraiment une série sur le sport, ni totalement une satire du business, elle jongle entre les genres sans les exploiter à fond.
Disponible sur Netflix
Netflix a renouvelé La Meneuse pour une saison 2
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