29 Mai 2025
Nine Perfect Strangers // Saison 2. Episode 3. The Field Trip.
Il y a des séries qui savent maintenir leur cap, d'autres qui osent surprendre, et puis il y a celles qui finissent par tourner en rond, comme si elles s’étaient perdues dans leur propre concept. Malheureusement, c’est le sentiment que m’a laissé l’épisode 3 de la saison 2 de Nine Perfect Strangers. Après deux épisodes déjà inégaux, cet épisode ne fait que confirmer un malaise qui s’installe : une intrigue qui peine à avancer, des personnages qui stagnent et une mise en scène qui, à force de vouloir en mettre plein la vue, finit par étouffer le propos. Dès le début de cet épisode, on sent poindre une certaine lassitude. Martin s’interroge sur le leadership de Masha, tandis qu’Helena se débat avec ses propres problèmes de santé.
Une dynamique qui aurait pu être intéressante si elle n’avait pas été traitée de manière aussi décousue. La scène d’ouverture, pourtant prometteuse avec cette tension entre Martin et Masha, est vite balayée au profit d’une succession de scènes qui donnent l’impression d’un récit qui piétine. On suit des personnages qui semblent eux-mêmes désorientés, sans véritable objectif. On assiste à des dialogues creux, à des actions qui peinent à avoir du sens, et on se surprend à regarder sa montre en se demandant : mais où est-ce que tout cela nous mène ? L’épisode se perd notamment dans des digressions psychédéliques qui, si elles pouvaient apporter un vrai plus en terme de mise en scène et de ressenti dans la saison 1, finissent ici par lasser.
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Les visions sous drogue, les scènes de transe, les hallucinations… tout cela est certes visuellement travaillé, mais sans véritable enjeu narratif, ça devient vite répétitif. Pire encore, cela donne l’impression que la série se cache derrière ces effets pour masquer le vide du scénario. Dans cet épisode, on devrait ressentir de l’empathie pour les personnages, plonger dans leur psyché, comprendre leurs tourments… mais non. Tout reste en surface. Prenons le cas d’Agnes, par exemple : son sentiment de culpabilité lié à une erreur du passé aurait pu être un axe fort, une occasion de creuser le thème du pardon, de la rédemption, de la foi perdue.
Mais cet élément est survolé, noyé dans des scènes confuses et des dialogues qui manquent de profondeur. Les autres personnages ne sont pas mieux lotis. Victoria, par exemple, perd littéralement le contrôle de ses gestes, mais cette scène, au lieu de susciter une véritable inquiétude, laisse surtout perplexe. Quant à David, son retour dans la chambre de Peter et Imogen laisse entrevoir des tensions, mais là encore, tout cela semble jeté là sans véritable fil conducteur. Là où la première saison s’appuyait sur le mystère entourant Masha pour tenir en haleine, cette deuxième saison peine à recréer cet effet. Masha, qui apparaissait comme une figure quasi mystique, devient ici une sorte de coach désabusée, dont les méthodes sont plus discutables que fascinantes.
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Son absence pendant une partie clé de l’épisode ne fait qu’accentuer ce sentiment de flottement. On se demande même si elle contrôle encore quelque chose ou si, comme le spectateur, elle est devenue simple spectatrice d’une expérience qui lui échappe. La dynamique entre Masha et Martin, censée être un moteur de l’intrigue, reste sous-exploitée. On perçoit bien une tension, mais rien de concret n’en découle. Cela contribue à cette impression générale de stagnation : beaucoup de dialogues, de regards appuyés, mais peu de décisions ou de conséquences. C’est peut-être là le cœur du problème.
La série mise beaucoup sur son atmosphère : ces paysages enneigés, ces cadrages léchés, ces scènes de méditation et d’hallucination qui cherchent à créer une ambiance unique. Mais une belle image ne fait pas tout. À force de trop vouloir miser sur le visuel, Nine Perfect Strangers finit par délaisser l’essentiel : raconter une histoire, faire évoluer ses personnages, susciter l’émotion autrement que par des effets de style. On pourrait presque parler d’un syndrome du “beau vide” : une série qui se regarde elle-même, qui s’admire dans le miroir de ses plans soignés, mais qui oublie d’impliquer le spectateur. On reste là, à attendre que quelque chose se passe, que l’intrigue décolle enfin… mais non.
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Cet épisode 3 ne fait que nous plonger un peu plus dans une torpeur d’où il devient difficile de sortir. En fin de compte, ce troisième épisode de la saison 2 de Nine Perfect Strangers donne l’impression d’une série qui ne sait plus vraiment où elle va. On a l’impression qu’elle se cherche, qu’elle essaie de reproduire la recette de la première saison, mais sans la même alchimie. Les enjeux sont flous, les personnages semblent figés, et les effets visuels, bien qu’esthétiques, finissent par lasser à force d’être utilisés sans réelle justification. Le plus frustrant, c’est ce sentiment de potentiel gâché.
La série avait pourtant des pistes intéressantes : la culpabilité d’Agnes, la dynamique tendue entre Masha et Martin, la place ambiguë de David… mais tout cela est survolé, comme si la série se contentait d’effleurer ses propres idées sans jamais vraiment les développer. Il est encore trop tôt pour enterrer complètement Nine Perfect Strangers, mais il est clair que cet épisode 3 marque un tournant. Soit la série parvient à se recentrer, à retrouver un fil narratif solide et à donner plus de consistance à ses personnages, soit elle risque de s’enfermer dans une spirale où l’esthétique prime sur le fond, au risque de perdre définitivement son public.
En attendant, difficile de ne pas ressentir un certain ennui devant cet épisode. Un bel emballage ne suffit pas à masquer l’absence de contenu. Espérons que la suite saura redresser la barre, car pour l’instant, la série donne surtout l’impression de s’enliser dans son propre décor.
Note : 3/10. En bref, je m’ennui terriblement devant cette saison. En dehors de son esthétique et de son casting, elle n’a rien à offrir.
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