Critiques Séries : Nine Perfect Strangers. Saison 2. Episode 6.

Critiques Séries : Nine Perfect Strangers. Saison 2. Episode 6.

Nine Perfect Strangers // Saison 2. Episode 6. The Other Side.

 

Plus on avance dans cette deuxième saison de Nine Perfect Strangers, plus le désintérêt s’installe. Ce n’est pas faute d’essayer, mais quelque chose ne prend pas. L’épisode 6, qui amorce la dernière ligne droite de cette saison en huit épisodes, donne l’illusion de reprendre un peu de souffle… avant de replonger dans un récit toujours aussi désorganisé, aux fondations bancales. Si certaines scènes suscitent un minimum de curiosité, l’ensemble reste à la dérive, à l’image de cette saison dont je ne parviens plus à comprendre la direction. Soyons honnête : cet épisode 6 n’est pas le pire de la saison. Il a même quelques moments intéressants, notamment dans les confrontations entre certains personnages. 

 

On sent que les scénaristes ont voulu injecter un peu de nervosité, de tension dramatique, pour casser la torpeur installée depuis le premier épisode. Certaines relations commencent à s’effriter, d’autres révèlent des intentions plus troubles. La dynamique entre Tina et Wolfie, par exemple, devient plus tendue, et celle entre Imogen et Victoria prend un virage inattendu. Mais aussi tendues soient-elles, ces interactions arrivent bien trop tard et manquent d’impact. Pourquoi devrions-nous nous attacher à ces personnages, ou même nous inquiéter de leurs disputes, quand rien n’a été réellement construit pour nous impliquer émotionnellement ? On a l’impression d’être devant des caricatures qui échangent des répliques bien écrites, certes, mais sans âme. 

C’est symptomatique d’un problème plus large : cette saison tente de produire des effets sans avoir bâti la base émotionnelle nécessaire. Nicole Kidman reste fidèle à elle-même dans le rôle de Masha, mystérieuse et intense. Mais là aussi, quelque chose sonne faux. Sa présence fascine autant qu’elle agace. On sent bien que son personnage est censé incarner une forme de dualité – force et fragilité, contrôle et dérive – mais l’écriture ne suit pas. À force de la maintenir dans une position de demi-déesse intouchable, la série en oublie de lui donner de vraies failles humaines. Dans cet épisode, on perçoit bien que Masha est sur le fil. Elle vacille, elle perd le contrôle, elle devient imprévisible. Mais cette bascule ne surprend pas, car elle n’est pas amenée de manière progressive ou crédible. 

 

On la subit plus qu’on ne la comprend. L’épisode joue avec la notion de “miroir psychologique” entre Masha et ses invités, mais encore une fois, c’est sur le papier que l’idée fonctionne. À l’écran, on se perd dans des séquences parfois esthétiques mais creuses, qui brassent du vent sans avancer le récit. C’est une constante dans cette saison : visuellement, la série ne déçoit pas. Le cadre alpin de Zauberwald est superbe, la photographie est soignée, et la mise en scène joue habilement avec les lumières et les contrastes pour évoquer les états intérieurs des personnages. La bande-son, également, est bien choisie et accompagne efficacement les scènes clés. Mais ces qualités esthétiques ne suffisent plus à faire illusion. À quoi bon enrober l’histoire d’un tel vernis si celle-ci tourne à vide ? 

Depuis l’épisode 1, la série semble privilégier l’apparence au détriment de la cohérence narrative. Ce n’est pas nouveau – on pouvait déjà pointer ce travers dans la saison 1 – mais à l’époque, il y avait un minimum de rythme, de mystère, et surtout une alchimie entre les personnages. Ici, on a l’impression de suivre un groupe de silhouettes posées dans un décor Pinterest, sans réelle interaction ni lien profond. Autre marque de fabrique de cette saison : les incessants retours en arrière. Depuis le début, les épisodes alternent entre passé et présent, essayant de donner un peu d’épaisseur aux personnages à travers des scènes explicatives. Parfois, ça fonctionne – on comprend mieux certaines blessures, certaines motivations – mais la plupart du temps, cela casse le rythme et crée une distance avec le moment présent.

 

Dans cet épisode 6, les flashbacks sont moins nombreux, ce qui allège un peu le tout. Mais le mal est déjà fait : cette approche a fragmenté la saison en petits blocs narratifs indépendants, ce qui empêche toute montée en tension. Là où la saison 1 nous montrait les interactions en temps réel, créant une dynamique de groupe palpable, cette saison 2 isole les personnages dans leurs douleurs passées. Le résultat est une série qui parle de collectif mais ne montre que de l’individuel. Le plus frustrant, c’est qu’il y a des idées. La confrontation avec soi-même, la notion de thérapie psychédélique, le rôle des faux-semblants dans la guérison… Ce sont des thèmes intéressants, pertinents, surtout dans le contexte actuel où le bien-être et la quête de sens sont au cœur des préoccupations. 

Mais la série les traite de manière superficielle, voire confuse. L’épisode 6 tente de relancer la machine avec quelques révélations sur le passé de Zauberwald, ou encore sur le rôle ambigu d’Helena, qui pourrait bien se révéler plus dangereuse qu’il n’y paraît. Là encore, l’intention est louable, mais l’exécution laisse à désirer. On a l’impression d’assister à des scènes censées être importantes, mais qui tombent à plat car elles ne s’inscrivent dans aucune logique narrative forte. C’est peut-être la vraie question. Que reste-t-il de l’essence même de Nine Perfect Strangers ? La saison 1, avec ses défauts, avait su créer un huis clos intrigant, avec une vraie tension dramatique et une dimension presque satirique du monde du bien-être. 

 

Cette saison 2 semble n’avoir retenu que la surface : un lieu isolé, des individus abîmés, une guide mystérieuse. Mais elle oublie d’y insuffler un souffle narratif. À l’épisode 6, je ne ressens plus d’attachement envers aucun personnage. Je ne suis plus curieux de savoir comment cela va se terminer. Je regarde par habitude, ou par espoir que quelque chose, enfin, justifie cette deuxième saison. Mais à chaque fois, je suis déçu. Et plus les épisodes passent, plus je me détache du récit. Il reste deux épisodes. Théoriquement, tout pourrait encore changer. La série pourrait resserrer les fils, clarifier ses intentions, proposer une fin qui donne du sens à cette accumulation de flashbacks et de conflits sous LSD. 

Mais au fond, est-ce que cela suffira ? Même un bon final ne pourra pas effacer six épisodes désorganisés et vides de substance. Il faut parfois savoir reconnaître qu’une histoire n’a pas besoin d’être prolongée. Cette saison donne l’impression d’avoir été commandée pour de mauvaises raisons : capitaliser sur un succès, prolonger artificiellement un concept, sans se demander s’il y avait encore quelque chose à dire. Et cela se ressent à chaque minute. L’épisode 6 de la saison 2 de Nine Perfect Strangers, tente de raviver une flamme qui s’est éteinte depuis bien longtemps. Quelques tensions, une ambiance maîtrisée et des performances honnêtes ne suffisent pas à masquer l’absence de fond. 

 

À ce stade, l’ensemble de la saison ressemble à une errance narrative, où les intentions artistiques ne parviennent jamais à se concrétiser. Plus qu’un tournant, cet épisode incarne une fuite en avant. On avance, oui, mais vers quoi ? Une fin qu’on espère au moins cohérente, ou un énième délire sous substances qui n’aura ni queue ni tête ? Difficile à dire, mais une chose est sûre : il est grand temps que cette série retrouve son sens, ou accepte de s’arrêter.

 

Note : 4.5/10. En bref, l’épisode 6 de la saison 2 de Nine Perfect Strangers, tente de raviver une flamme qui s’est éteinte depuis bien longtemps. Quelques tensions, une ambiance maîtrisée et des performances honnêtes ne suffisent pas à masquer l’absence de fond. 

Disponible sur Amazon Prime Video

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article