5 Juin 2025
Nine Perfect Strangers // Saison 2. Episode 4. The Major Lift.
Quatrième épisode, même impression persistante : la saison 2 de Nine Perfect Strangers continue de s’enliser. Ce nouvel épisode, loin de corriger la trajectoire, renforce l’idée que la série semble aujourd’hui se débattre dans une confusion créative presque volontaire, comme si elle avait choisi de sacrifier la narration au profit de l’expérimentation visuelle. Et cette semaine, ce n’est plus seulement ennuyeux : c’est désorientant. L’épisode s’ouvre sur une scène onirique où Tina, en pleine préparation d’un concert, voit son rêve se transformer en cauchemar. Les mains en sang, l’échec sur scène… une métaphore un peu appuyée, certes, mais qui aurait pu poser les bases d’un épisode introspectif solide.
Sauf que rapidement, tout s’emballe, tout se perd. À l’image de cette saison, on reste bloqué dans une succession de visions délirantes et de tensions creuses, sans réelle progression. L’arrivée d’instruments dans le décor du Zauberwald donne l’impression d’une pièce de théâtre qui se monte sans metteur en scène. Tina est furieuse, Wolfe semble dépassée, et nous, spectateurs, on peine à savoir ce que la série cherche à nous dire. Depuis le premier épisode de cette saison, la série peine à donner une direction claire à ses personnages. Dans cet épisode, le couple Tina/Wolfe est mis en avant, et on sent bien qu’il y avait là matière à quelque chose de plus subtil.
/image%2F1199205%2F20250605%2Fob_c302a1_vlcsnap-2025-06-04-11h09m02s641.png)
Mais comme souvent cette saison, les idées sont abordées à demi-mot, les dialogues tournent en rond, et les émotions semblent mécaniques. Tina n’aime plus la musique ? Elle se sent prisonnière d’un parcours qu’on lui a imposé ? Très bien. Mais pourquoi ne pas aller au bout de ce questionnement, au lieu de diluer tout cela dans des discussions vaporeuses et des séquences où tout le monde danse sous LSD ? Et ce n’est pas mieux du côté des autres personnages. Agnes et Brian, toujours en train de “trip”, voient des lapins dans les nuages. David, lui, devient paranoïaque et se met à chercher des caméras cachées. Quant à Masha, elle semble totalement déconnectée, discutant avec des personnages invisibles et orchestrant des révélations dont la portée dramatique tombe à plat.
Tout cela donne l’impression d’un immense brouillon narratif. Chaque personnage semble dans sa propre série, dans sa propre bulle, et aucun fil rouge ne parvient à rassembler ces fragments disparates en une œuvre cohérente. Il faut reconnaître une chose à la saison 2 de Nine Perfect Strangers : l’univers visuel est soigné. Lumières tamisées, décors élégants, mise en scène stylisée… tout est pensé pour en mettre plein la vue. Mais une série n’est pas une galerie d’art. Et à force de trop se regarder dans le miroir de son esthétique, elle finit par oublier de raconter une histoire. Dans cet épisode, les hallucinations et les danses improvisées sous psychotropes prennent un temps d’écran conséquent.
/image%2F1199205%2F20250605%2Fob_b92a9e_vlcsnap-2025-06-04-11h05m58s230.png)
Cela donne parfois l’impression que les scénaristes n’ont plus rien à dire et cherchent à combler le vide par l’image. Ce choix artistique aurait pu être pertinent, si seulement il venait enrichir l’expérience ou explorer des thèmes profonds. Mais ici, ces séquences semblent plaquées, artificielles, et au final, fatigantes. En quatre épisodes, cette deuxième saison n’a toujours pas réussi à construire une intrigue solide. On devine des tensions, on perçoit quelques pistes psychologiques, mais rien ne prend vraiment forme. Les relations entre les personnages se développent à peine, et les révélations – quand elles existent – manquent cruellement d’impact. Dans cet épisode, la discussion entre Tina et Wolfe aurait pu être le cœur émotionnel.
On découvre les origines du mal-être de Tina, ses blessures anciennes liées à sa mère et à sa carrière forcée dans la musique. Mais là encore, la scène reste figée, presque théâtrale, sans que l’on ressente une réelle implication. Même la crise de couple, pourtant au centre de l’intrigue, est traitée avec une distance froide. Ce sentiment est d’autant plus frustrant que la saison 1, malgré ses défauts, parvenait à créer un climat d’étrangeté intrigant, avec un vrai mystère autour de Masha et des enjeux psychologiques clairs. Ici, on a l’impression que tout le monde improvise au jour le jour, y compris les scénaristes. Ce qui rend cette saison difficile à suivre, c’est qu’elle semble pleine de promesses non tenues.
/image%2F1199205%2F20250605%2Fob_a63801_vlcsnap-2025-06-04-11h17m23s746.png)
Chaque épisode introduit de nouvelles tensions, de nouveaux conflits familiaux ou intimes, sans jamais les résoudre, ni même les approfondir. Les thèmes abordés – culpabilité, identité, manipulation, amour toxique – sont tous riches, mais ils sont traités de manière si décousue qu’ils perdent toute force. Le cas d’Imogen et de sa mère Victoria en est un bon exemple. Leur relation, fondée sur l’admiration non réciproque, pourrait être un miroir intéressant des rapports mère-fille déjà explorés chez Tina. Mais là encore, on reste en surface, prisonniers de dialogues génériques et d’un rythme anémique. En refermant cet épisode 4, on ne sait pas très bien ce que la série cherche à nous dire.
Est-ce une satire du développement personnel ? Une exploration des traumas à travers la psychothérapie expérimentale ? Une métaphore du deuil ? Difficile à dire, car rien n’est jamais vraiment assumé. Ce sentiment d’égarement n’est pas seulement le fruit d’un scénario mou : il semble faire partie intégrante de la série. Comme si Nine Perfect Strangers avait décidé de plonger dans le flou total pour refléter la confusion de ses personnages… au risque d’y perdre aussi le spectateur. Avec cet épisode 4, la saison 2 de Nine Perfect Strangers confirme un malaise persistant. Loin d’approfondir ses personnages ou de faire évoluer l’intrigue, la série continue de s’enfoncer dans une sorte de psychodrame sous acide, visuellement travaillé mais narrativement creux.
/image%2F1199205%2F20250605%2Fob_cbc3b9_vlcsnap-2025-06-04-11h06m05s614.png)
Les idées sont là, parfois intéressantes, mais jamais incarnées. Tout semble éthéré, flottant, comme si personne ne voulait prendre le risque de raconter vraiment quelque chose. La série aurait tout à gagner à retrouver un minimum de structure et à faire confiance à ses personnages au lieu de se réfugier derrière une esthétique hallucinée. Sinon, le reste de la saison risque de ressembler à une longue descente, non pas introspective… mais soporifique.
Note : 3.5/10. En bref, une série sous acide qui oublie de raconter quelque chose.
Disponible sur Amazon Prime Video
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog