25 Juin 2025
Nine Perfect Strangers // Saison 2. Episode 7. Mergers and Acquisitions.
Il ne reste plus qu’un épisode avant la fin de cette deuxième saison de Nine Perfect Strangers. Et si l’on avait encore quelques doutes jusqu’ici, l’épisode 7 confirme une chose : cette saison est partie dans une direction que je ne parviens ni à comprendre, ni à suivre avec intérêt. Là où la première saison proposait une expérience psychologique collective, étrange mais cohérente, cette suite s’éparpille au point d’en devenir presque méconnaissable. Plus les épisodes passent, plus je me détache, non seulement des personnages, mais aussi de ce que la série essaie (mal) de raconter. Dès les premières minutes de cet épisode, on comprend que les scénaristes cherchent à clore certains arcs.
Cela aurait pu être une bonne chose, à condition de ne pas le faire de manière aussi précipitée. Des personnages qui étaient en retrait depuis le début reviennent soudainement sous les projecteurs. On leur accorde enfin un peu de place… pour les faire sortir de l’histoire presque aussitôt. C’est frustrant. Prenons Brian, par exemple. Jusque-là, il faisait office de figure légère, limite accessoire. Dans cet épisode, il a un moment de confrontation intérieure plutôt bien amené. Mais pourquoi attendre si tard ? Pourquoi ne pas avoir développé cette vulnérabilité plus tôt, pour qu’on puisse réellement s’attacher à lui ? C’est un sentiment qui revient souvent dans cette saison : celui de voir de bonnes idées arriver trop tard, et sans préparation.
/image%2F1199205%2F20250625%2Fob_2682fe_vlcsnap-2025-06-25-10h25m36s393.png)
Même chose pour les autres invités de Zauberwald. Certains connaissent des prises de conscience en quelques scènes, comme si l’on survolait leur parcours avec une check-list : traumatisme, révélation, résolution. Voilà, c’est fait. On ne nous laisse pas le temps de ressentir quoi que ce soit de profond, alors qu’on parle quand même de sujets lourds, de blessures psychologiques, de deuil. Cela aurait mérité beaucoup plus de soin. Il est clair que cette saison veut recentrer l’attention sur Masha. Nicole Kidman continue de livrer une performance habitée, mais le personnage qu’elle incarne devient de plus en plus difficile à suivre. Masha est obsédée, incontrôlable, presque délirante par moments. Le souci, ce n’est pas qu’elle sombre dans une forme de folie — cela pourrait être intéressant si c’était traité avec subtilité.
Non, le vrai problème, c’est que sa trajectoire semble déconnectée de tout ce qui se passe autour d’elle. On ne comprend pas pourquoi elle agit comme elle le fait. Son obsession pour David, sa volonté de lui faire porter la responsabilité de la mort de sa fille, son comportement de plus en plus manipulateur… tout cela pourrait être matière à un drame psychologique puissant. Mais dans les faits, ça sonne faux. On peine à suivre sa logique. Pire encore, ses actions semblent ne jamais avoir de vraies conséquences. Elle est là, elle s’agite, mais le récit ne la confronte jamais réellement à ses propres contradictions. Le cœur de cet épisode repose sur une mise en scène assez étrange, dans laquelle Masha organise une sorte de “procès” contre David.
/image%2F1199205%2F20250625%2Fob_f44145_vlcsnap-2025-06-25-10h13m21s274.png)
L’idée de recréer un tribunal au sein de la retraite, avec les autres invités en témoins improvisés, aurait pu être une métaphore intéressante. Mais dans les faits, c’est une scène confuse, limite gênante. David est sous l’effet d’un puissant psychotrope. Il est vulnérable, perdu, et Masha en profite pour jouer une pièce de théâtre personnelle devant un public qui n’a pas vraiment été préparé à ça. Les autres participants, qui devraient être là pour travailler sur eux-mêmes, se retrouvent impliqués dans un règlement de comptes qui ne les concerne pas. À ce stade, on ne sait plus si la série parle de développement personnel, de vengeance familiale, ou d’un conflit corporate entre gourous modernes. Cette incohérence, présente depuis le début de la saison, atteint ici un nouveau palier.
On ne sait plus très bien ce que la série veut dire. Est-ce une critique des dérives du bien-être ? Une exploration du deuil et de la culpabilité ? Un thriller psychologique ? Ou une satire d’un milieu new age en perte de repères ? Tout semble mélangé, sans hiérarchie ni intention claire. Ce qui me dérange le plus, ce n’est pas qu’on tente quelque chose de différent. Après tout, une saison 2 peut, et doit, prendre des risques. Mais ici, les intentions semblent floues. On sent qu’il y a des idées : explorer la fragilité des leaders spirituels, interroger le rôle des substances dans le processus de guérison, montrer les limites d’une thérapie basée sur la transgression. Mais rien de tout cela n’est vraiment incarné. Les dialogues ne creusent pas assez, les scènes marquantes arrivent trop tard ou manquent de contexte.
/image%2F1199205%2F20250625%2Fob_64623a_vlcsnap-2025-06-25-10h20m45s487.png)
Les expérimentations autour du "thé psychédélique" finissent par lasser, tant elles sont mal encadrées. Et surtout, l’univers qui nous avait intrigués dans la saison 1, avec son atmosphère presque claustrophobe et ses interactions humaines fortes, a laissé place à une mécanique floue, où l’humain est souvent relégué au second plan. Rappelez-vous ce qui faisait la force de la première saison. Ce n’était pas seulement Masha, ni même les substances utilisées. C’était ce groupe d’étrangers, tous cabossés par la vie, obligés de cohabiter, de parler, de s’écouter. C’était la montée en tension dans un lieu fermé, propice aux révélations. C’était l’équilibre entre le bizarre et l’émotion, entre le mystique et le profondément humain.
Dans cette saison 2, tout cela a disparu. Les invités n’interagissent presque pas entre eux, ou de manière trop superficielle. Le collectif, qui était au cœur du projet, a été éclipsé par les névroses de Masha et les querelles entre gestionnaires du centre. On assiste à des monologues, à des flashbacks, à des hallucinations... mais on ne voit plus de vrais échanges. Et cela finit par rendre l’expérience fade. À ce stade, difficile d’espérer un final à la hauteur. Bien sûr, on peut toujours espérer un retournement, un moment de grâce, un sursaut qui justifierait cette saison. Mais soyons lucides : l’épisode 7 ne prépare rien de tel. Il semble plus préoccupé par le destin de Masha que par celui des autres personnages.
/image%2F1199205%2F20250625%2Fob_0f6e73_vlcsnap-2025-06-25-10h31m28s915.png)
Et c’est bien ce déséquilibre qui pose problème depuis le début. La possibilité que le dernier épisode tente de réhabiliter Masha, de la présenter comme une figure tragique à sauver, serait profondément décevante. Non seulement cela trahirait les dynamiques initiales de la série, mais cela nierait aussi l’inaction de Masha dans le parcours des autres. Elle n’a pas guidé, elle n’a pas aidé. Elle s’est enfermée dans ses obsessions, en dépit des besoins de ses "invités". Il faut parfois savoir s’arrêter. Nine Perfect Strangers avait trouvé un équilibre rare dans sa première saison. Une tension étrange, une ambiance dérangeante mais captivante, et surtout, une vraie attention portée aux personnages.
Cette saison 2, elle, donne l’impression d’un projet en roue libre. On sent que l’équipe créative a voulu aller plus loin, mais sans vraiment savoir où. On se retrouve avec une série qui ne sait plus ce qu’elle raconte. Les performances des acteurs sont honnêtes, parfois même touchantes, mais elles sont perdues dans un montage chaotique, une narration hachée, et des choix de mise en scène discutables. Même les rares bons moments – comme celui de Brian – semblent isolés, comme des éclats dans un brouillard narratif. L’épisode 7 de la saison 2 de Nine Perfect Strangers ne fait que confirmer un malaise persistant. Il y a bien quelques scènes intéressantes, quelques intentions qui auraient pu fonctionner dans un cadre mieux maîtrisé.
/image%2F1199205%2F20250625%2Fob_66296e_vlcsnap-2025-06-25-10h05m11s304.png)
Mais l’ensemble est trop confus, trop dispersé, pour produire un effet durable. À l’approche du dernier épisode, difficile d’avoir envie de rester. Non par rejet total, mais par lassitude. Cette saison, qui aurait pu renouveler intelligemment la formule, s’est perdue en route. Et plus j’avance, plus je regarde sans y croire, sans y trouver cette petite étincelle qui me donnait envie de continuer. Dommage.
Note : 2/10. En bref, cette saison 2 donne l’impression d’un projet en roue libre. On sent que l’équipe créative a voulu aller plus loin, mais sans vraiment savoir où. On se retrouve avec une série qui ne sait plus ce qu’elle raconte.
Disponible sur Amazon Prime Video
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog