12 Mai 2025
The Last of Us // Saison 2. Episode 5. Feel Her Love.
La saison 2 de The Last of Us poursuit son exploration des traumatismes, des pertes et des choix qui nous façonnent dans un monde en ruines. L’épisode 5, attendu après un épisode 4 particulièrement marquant, tente de maintenir ce cap émotionnel tout en injectant une dose significative d’action. Pourtant, malgré quelques séquences fortes, il donne parfois l’impression de marcher dans les traces de son prédécesseur sans vraiment retrouver la même justesse. On commence cet épisode avec un retour en arrière intrigant dans les souterrains de Seattle, où l’on découvre une facette encore inconnue de l’infection : les spores.
Jusque-là, la série s’était affranchie de ce concept hérité du jeu vidéo, préférant une contamination par morsure. Cette réintroduction soulève plusieurs questions, notamment sur la logique de l’univers de la série. Comment expliquer que ce type de contamination n’ait jamais été mentionné ou rencontré par Ellie, Joel ou d’autres survivants ? Certes, le mystère reste entier sur la chronologie exacte de ce flashback, mais l’intégration de cet élément arrive tard et semble peu cohérente avec ce que la série nous a montré jusqu’ici. On comprend bien que les auteurs cherchent à enrichir l’univers et à rappeler certains aspects du jeu, mais le procédé manque de subtilité.
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La conversation entre Hanrahan et la sergente Park, bien qu’intense, reste très expositive. On ne vit pas l’horreur, on nous la raconte. Un choix qui affaiblit l’impact émotionnel que cette découverte aurait pu avoir. De retour dans le présent, l’épisode s’attarde sur le lien entre Ellie et Dina. Leur relation, déjà éprouvée par les événements récents, prend une nouvelle dimension alors que Dina partage une part sombre de son passé. Un traumatisme d’enfance, révélé sans détour mais sans flashback, qui aurait mérité d’être incarné à l’écran pour nous permettre de mieux comprendre ce personnage encore peu développé. Cette scène soulève une autre question : que savent vraiment Ellie et Dina l’une de l’autre ?
Après cinq années passées ensemble, les non-dits persistent. Ellie n’a jamais parlé de Riley ni de son immunité. Dina, quant à elle, semble n’avoir jamais abordé son passé avant Jackson. Leur intimité semble profonde, mais lacunaire. C’est ce paradoxe qui rend leur lien à la fois réaliste et frustrant. À force de se protéger mutuellement de leurs souvenirs, elles avancent ensemble sans vraiment tout partager. Le trajet vers l’hôpital est ponctué d’angoisse et d’embûches. Les patrouilles ennemies, les territoires hostiles et les souvenirs douloureux rendent chaque pas plus lourd que le précédent. Dina, enceinte, persiste dans sa volonté de continuer, ce qui complique encore davantage la quête d’Ellie.
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Cette dernière est de plus en plus tiraillée entre son désir de vengeance et la nécessité de protéger ce qu’il lui reste. Cependant, certains moments manquent de naturel. La manière dont elles échappent aux dangers, notamment aux infectés dans une usine abandonnée, frôle parfois l’invraisemblable. On ressent bien le rythme tendu et les enjeux, mais le déroulement reste mécanique. L’intervention salvatrice de Jesse, bien que bienvenue, accentue ce sentiment de "sauvetage scénaristique" un peu trop opportun. L’introduction des spores, reléguée à un sous-sol bien délimité et soigneusement barricadé, crée un malaise. Si ce type de contamination est aussi dangereux, pourquoi les survivants continuent-ils à vivre quelques étages au-dessus ?
Le choix scénaristique laisse une impression de bricolage. L’idée est forte, mais son traitement manque de rigueur. La scène finale dans le sous-sol de l’hôpital, avec Nora piégée et Ellie prête à tout pour obtenir des informations, aurait pu être l’un des moments les plus puissants de la saison. Et pourtant, on reste un peu à distance. La tension est là, la violence est frontale, mais l’émotion se fait attendre. Le choix de ne pas montrer l’interrogatoire dans son intégralité, mais de le juxtaposer à un souvenir apaisant avec Joel, montre bien le décalage grandissant entre ce qu’Ellie fait et ce qu’elle ressent. Ce qui frappe dans cet épisode, c’est la froideur croissante d’Ellie. Elle avance, déterminée, prête à tout sacrifier.
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Et même si elle s’inquiète pour Dina, même si elle doute par moments, sa trajectoire est claire : elle veut trouver Abby, coûte que coûte. C’est là que réside la tragédie du personnage. Elle ne voit pas qu’en poursuivant la vengeance de Joel, elle s’enferme dans le même cycle de violence qui l’a menée là. Bella Ramsey continue d’incarner ce tiraillement avec nuance. Son regard, sa posture, ses silences racontent plus que bien des dialogues. Lorsqu’elle interroge Nora dans un couloir saturé de spores, on comprend que ce n’est plus seulement une quête de justice. C’est une descente aux enfers. Et si Ellie ne porte pas de masque, c’est moins parce qu’elle est immunisée que parce qu’elle ne se protège plus de rien.
Ce cinquième épisode souffre de sa structure. Trop d’idées sont jetées à l’écran sans avoir le temps d’être pleinement explorées. Les spores, le passé de Dina, la dissociation d’Ellie, le retour de Jesse… Tous ces éléments auraient mérité un développement plus organique. À force de vouloir en dire trop, l’épisode perd en fluidité. Contrairement à l’épisode précédent, qui avait trouvé un équilibre subtil entre introspection et action, celui-ci donne l’impression de courir après ses propres enjeux. Les scènes s’enchaînent, parfois sans respiration, et l’émotion en pâtit. Ce n’est pas un mauvais épisode, loin de là. Mais il manque cette étincelle qui fait qu’un moment de télévision devient inoubliable.
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Alors que l’épisode se termine, une chose est claire : Ellie ne reviendra pas indemne de cette mission. Non seulement physiquement, mais surtout psychologiquement. La révélation selon laquelle elle sait ce que Joel a fait aux Lucioles change toute la dynamique. Elle n’est plus une enfant ignorante cherchant des réponses, mais une jeune femme consciente du sang versé, et prête à en rajouter. Cela prépare habilement l’épisode suivant, probablement centré sur un flashback explicatif. Mais ce cinquième chapitre laisse un goût amer. Non pas parce qu’il est brutal ou sombre – The Last of Us l’a toujours été – mais parce qu’il manque de cohérence dans sa narration.
L’épisode 5 de la saison 2 de The Last of Us fonctionne par moments, notamment grâce au jeu solide des acteurs et à quelques scènes poignantes. Mais en voulant trop en dire, il finit par s’éparpiller. L’action prend le dessus sur l’émotion, les enjeux sont posés plus qu’ils ne sont vécus, et l’univers perd un peu de sa logique interne. Cela reste un maillon important de l’histoire globale, notamment pour ce qu’il dévoile sur Ellie et sa détermination destructrice. Mais après un épisode 4 très réussi, celui-ci fait figure de transition moins aboutie. Espérons que les prochaines étapes sauront renouer avec la force narrative qui a fait la réputation de la série.
Note : 6/10. En bref, l’épisode 5 de la saison 2 de The Last of Us fonctionne par moments, notamment grâce au jeu solide des acteurs et à quelques scènes poignantes. Mais en voulant trop en dire, il finit par s’éparpiller.
Disponible sur max
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