5 Mai 2025
The Last of Us // Saison 2. Episode 4. Day One.
L’épisode 4 de la saison 2 de The Last of Us marque un tournant dans la série. Après une introduction assez douce la semaine précédente, ce nouvel opus fait l’effet d’un électrochoc. Il nous entraîne au cœur de Seattle, une ville déchirée par les luttes de pouvoir, mais aussi traversée par des moments d’émotion suspendue. Loin d’un simple épisode d’action, c’est une exploration des tensions humaines, politiques et intimes, dans un monde où la survie passe aussi par les sentiments. Dès les premières minutes, une surprise : FEDRA refait surface. Alors qu’on pensait ce vestige autoritaire du gouvernement américain relégué au passé, voilà qu’un convoi militaire fait irruption dans le récit.
La scène se déroule à Seattle, dans un passé récent. On y découvre un groupe de soldats plaisantant sans retenue, comme détachés de toute responsabilité. Mais cette légèreté est rapidement balayée par une trahison brutale : Isaac, personnage déjà mentionné dans les épisodes précédents, prend une décision radicale pour rejoindre les rangs de la WLF. Ce geste, choquant par sa froideur, rappelle à quel point l’idéologie et la survie se confondent désormais. Cette ouverture, bien qu’elle semble initialement déconnectée, plante les graines d’un conflit beaucoup plus vaste.
/image%2F1199205%2F20250505%2Fob_0d9720_vlcsnap-2025-05-05-13h22m59s563.png)
En quelques minutes, elle redéfinit les rapports de force et donne une nouvelle profondeur à Isaac, qui apparaîtra plus tard dans l’épisode sous un jour beaucoup plus sombre. Ce quatrième épisode donne enfin à Seattle un rôle majeur. Contrairement aux villes traversées dans la première saison — comme Boston ou Kansas City, marquées par la chute de l’ordre établi — Seattle est un champ de bataille actif. La guerre entre la WLF (les “Wolves”) et les Seraphites (ou “Scars”) y fait rage, chaque faction ayant ses codes, ses croyances et sa brutalité. Ce face-à-face n’est pas sans rappeler les nombreuses zones grises des conflits modernes : chaque camp se considère légitime, chaque action violente trouve son justification dans la précédente.
Mais cette ville, bien que ravagée, offre aussi une beauté inattendue. Recouverte de végétation, ponctuée de symboles oubliés (drapeaux arc-en-ciel, enseignes effacées), elle devient un personnage à part entière. Pour Ellie et Dina, qui explorent ces ruines, Seattle est à la fois menaçante et mystérieusement paisible. On y croise des squelettes figés dans le temps, un tank abandonné, des souvenirs d’un passé révolu. Et malgré cela, la nature, elle, continue de reprendre ses droits. Au cœur de cet épisode tendu, la relation entre Ellie et Dina gagne en épaisseur. Leur escale dans un magasin de musique, où Ellie interprète une version acoustique de Take On Me, apporte une pause douce et vulnérable.
/image%2F1199205%2F20250505%2Fob_ea08e5_vlcsnap-2025-05-05-14h02m20s817.png)
Ce moment de tendresse, aussi inattendu que sincère, rappelle à quel point The Last of Us excelle lorsqu’il laisse de l’espace à ses personnages. Cette scène fait écho à celle de Bill et Frank dans la première saison. Là aussi, la musique devient un moyen d’expression silencieuse, une façon de dire ce qu’on n’ose pas verbaliser. Mais plus encore, elle montre une facette d’Ellie qu’on voit rarement : celle d’une adolescente qui aurait aimé une vie normale, faite de guitares, de posters de l’espace, et de premiers amours. Mais l’épisode ne s’arrête pas à ces parenthèses sensibles. Il développe surtout les tensions entre les factions en présence.
D’un côté, Isaac, que l’on découvre désormais à la tête des Wolves, incarne une forme de fanatisme déguisé en stratégie militaire. Son évolution entre le début et la fin de l’épisode est frappante : d’un homme qui trahit par conviction, il devient un bourreau sans états d’âme, torturant des prisonniers avec un calme glaçant. Ce contraste suggère que les idéologies, aussi nobles soient-elles à leur naissance, finissent souvent dévorées par leur propre logique de violence. De l’autre côté, les Seraphites ne sont pas présentés comme des victimes idéales. Le message sanglant laissé dans la station de télévision (“Feel Her Love”) et les corps pendus témoignent d’une brutalité équivalente.
/image%2F1199205%2F20250505%2Fob_8191ff_vlcsnap-2025-05-05-13h29m19s283.png)
Ce parallèle dérangeant entre les deux camps renforce l’idée que, dans ce monde post-apocalyptique, personne n’a le monopole de la souffrance ni de la cruauté. Les dialogues entre Ellie et Dina, face à ce carnage, soulèvent une question fondamentale : “Que s’est-il passé à Seattle ?” Mais une réponse simple serait réductrice. C’est dans une séquence haletante que tout bascule. En tentant d’échapper aux Wolves, Ellie et Dina trouvent refuge dans un vieux métro effondré, infesté d’infectés. Alors qu’Ellie sauve Dina in extremis, sa morsure est révélée au grand jour. Le choc est immédiat. Dina, prise de panique, braque son arme sur Ellie. S’ensuit un moment de vérité : Ellie révèle enfin son immunité.
Ce secret, lourd à porter, marque un tournant dans leur relation. Mais l’épisode ne s’arrête pas là. Dina, en retour, confie à Ellie qu’elle est enceinte. Ces révélations croisées, dans le décor décrépit d’un théâtre abandonné, viennent sceller leur union. Malgré la peur, malgré le chaos, elles choisissent de continuer ensemble. “Together.” Un mot simple, mais chargé de sens dans un monde où tout semble vouloir les séparer. Ce quatrième épisode réussit à faire coexister plusieurs niveaux de lecture. Il y a l’aventure et la tension dramatique, bien sûr. Mais il y a aussi un questionnement plus profond sur l’engagement, les convictions, et ce que l’on est prêt à sacrifier au nom de ses idées.
/image%2F1199205%2F20250505%2Fob_9b27a3_vlcsnap-2025-05-05-14h05m45s325.png)
Isaac en est l’illustration glaçante, tandis qu’Ellie et Dina incarnent une autre forme de résistance : celle des sentiments. L’épisode met également en lumière la complexité du monde post-Cordyceps. FEDRA, qu’on croyait disparue, n’est jamais bien loin. Les Wolves ne sont pas les libérateurs qu’ils prétendent être. Les Seraphites, mystiques et impitoyables, viennent ajouter une couche supplémentaire à cette guerre sans fin. Seattle devient le miroir d’un monde où chaque camp finit par se ressembler, tant ils se perdent dans une spirale de vengeance. L’épisode 4 de la saison 2 de The Last of Us est une réussite par sa capacité à entrelacer action, introspection et enjeux politiques.
Il offre un regard sombre, mais nuancé, sur la nature humaine confrontée à l’effondrement de la civilisation. Plus qu’un simple épisode de transition, il s’impose comme un pivot de la saison, redéfinissant les alliances, les menaces, et les espoirs. Et au milieu de ce chaos, une guitare, deux voix, et un mot : ensemble.
Note : 8/10. En bref, un épisode presque suspendu et en même temps un épisode qui mêle intelligemment action, introspection et enjeux politiques.
Disponible sur max
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog