26 Juillet 2025
Le plaisir de retrouver une série comme Acapulco tient souvent à peu de choses (même si dans mon cas, j’ai enchaîné les saisons). Une ambiance, un rythme, une galerie de personnages qu’on n’oublie pas facilement. La première saison posait des bases solides, avec son univers coloré et sa narration entre passé et présent. La deuxième saison, composée de dix épisodes, poursuit cette dynamique en affinant certains choix, sans pour autant corriger tous les déséquilibres. Dès le premier épisode de cette saison 2, l’enchaînement est fluide. L’histoire reprend exactement là où elle s’était arrêtée : Máximo, dans le présent, poursuit le récit de sa jeunesse à son neveu Hugo, tandis qu’en 1985, il cherche à rebondir après plusieurs déceptions personnelles et professionnelles.
Ce qui fonctionne d’entrée, c’est la capacité de la série à ne pas perdre de temps. Le spectateur est replongé dans Las Colinas sans longs détours. Le fil narratif s’épaissit doucement, les enjeux se précisent, et surtout, la série évite l’erreur de sa première saison : les éléments narratifs sont mieux répartis, sans attendre les deux derniers épisodes pour faire monter la tension. Cette saison adopte également un ton un peu plus posé. Cela ne signifie pas qu’elle renonce à ses moments légers, mais elle semble assumer davantage les dilemmes moraux de son personnage principal. Le rire n’est plus systématique ; il laisse plus souvent la place à une forme de tendresse ou de réflexion. Ce choix, bien qu’agréable sur certains épisodes, a ses limites sur d’autres.
Le cœur de Acapulco, c’est bien évidemment Máximo Gallardo Ramos. Dans sa version jeune, incarnée par Enrique Arrizon, il prend ici une ampleur plus marquée. Ce n’est plus simplement un jeune ambitieux qui découvre le monde des adultes. C’est un personnage tiraillé entre loyautés, désirs personnels, et attentes des autres. Le regard du présent sur ce passé colore les décisions de Máximo d’un filtre nostalgique, mais pas idéalisé. Cette saison montre davantage les conséquences de ses choix, sans juger, mais en les exposant avec honnêteté. Son lien avec Don Pablo évolue, devient plus intime, presque filial. C’est l’un des points les plus intéressants de cette saison : ce mentorat discret, construit sur la durée. Par ailleurs, son rapport aux autres personnages gagne en nuance.
Les interactions avec Diane, son intérêt croissant pour elle, ne sont jamais appuyées. Il y a une forme de pudeur dans l’écriture, qui laisse les regards ou les silences faire leur travail. Ce n’est pas une romance classique, et c’est ce qui la rend crédible. Du côté du présent, les scènes entre Máximo adulte et son neveu Hugo rythment toujours le récit, mais de manière plus discrète. Cette saison, leur relation évolue doucement. On sent que le but n’est plus uniquement de raconter une success story. Il y a une volonté de transmettre, mais aussi de réinterroger certains souvenirs. Máximo n’idéalise pas tout, et c’est ce recul qui donne de la densité à son récit. Hugo n’est pas un personnage moteur, mais il reste une oreille attentive, un miroir silencieux qui permet à son oncle de mettre en perspective certains moments.
Ce duo fonctionne dans la simplicité. Il n’y a pas de grand discours, juste des échanges souvent banals, mais qui résonnent avec justesse. Parmi les éléments qui ont fait le succès de la série, les personnages secondaires occupaient une place importante. Dans cette saison, leur présence reste solide, mais l’équilibre n’est pas toujours optimal. Memo, toujours fidèle et un peu naïf, apporte une dose d’innocence bienvenue. Son évolution personnelle est cependant plus discrète, parfois sacrifiée au profit de l’intrigue principale. Julia, la jeune femme dont Máximo est amoureux, se retrouve dans une position délicate. Son engagement avec un autre homme pèse sur l’ensemble de la saison, sans vraiment évoluer de manière surprenante. Leur dynamique manque un peu de fraîcheur, comme si les scénaristes hésitaient à prendre des risques.
D’autres personnages, comme Chad ou Don Pablo, trouvent leur place sans forcer. Ils apportent chacun un ton particulier, parfois comique, parfois plus grave. L’intérêt vient surtout de leurs interactions avec Máximo, qui permettent de dévoiler d’autres facettes de sa personnalité. L’un des points faibles de la première saison résidait dans un récit qui tardait à trouver sa direction. Cette fois, la structure est plus cohérente, mieux pensée. Les allers-retours temporels sont mieux dosés, les arcs narratifs avancent à un rythme plus constant. Cela dit, quelques épisodes donnent l’impression de tourner un peu en rond. L’impression que dix épisodes sont peut-être un format un peu long persiste.
Huit épisodes plus resserrés auraient sans doute permis de conserver une tension dramatique plus efficace. Certains moments traînent, certaines scènes semblent répétitives. Le plaisir de suivre Máximo reste intact, mais on sent que le récit aurait pu gagner en densité avec un peu plus de concision. Ce n’est pas rédhibitoire, mais cela nuit parfois à l’implication du spectateur sur la longueur. Visuellement, la série continue d’offrir un cadre agréable. Les décors tropicaux, les couleurs vives, l’ambiance des années 80 restent au rendez-vous. L’aspect rétro n’est pas un simple habillage : il participe réellement à l’atmosphère de la série. La bande-son, elle aussi, joue un rôle important. Elle rythme les scènes, accompagne les émotions sans jamais les surligner.
Ce soin apporté à l’environnement sonore contribue à immerger le spectateur, sans pour autant détourner l’attention du récit. C’est cet ensemble esthétique cohérent qui donne à Acapulco une identité propre. On reconnaît rapidement sa patte, et cela participe au plaisir de retrouver son univers. Bien que classée comme une comédie, la série ne cherche pas à faire rire à tout prix. L’humour y est présent, mais toujours intégré au quotidien des personnages. Ce n’est pas une suite de blagues ou de situations absurdes. C’est un humour doux, souvent basé sur les relations, les petits décalages ou les maladresses. La série mise plutôt sur une émotion contenue, sur des situations qui font sourire plus qu’elles ne provoquent l’éclat de rire.
Ce choix fonctionne si l’on accepte de ne pas être constamment sollicité par l’humour. Cela permet aussi à la série de développer d’autres registres, plus introspectifs, voire plus mélancoliques. Certains épisodes explorent des thématiques plus sérieuses, sans tomber dans le pathos. La famille, la fidélité à ses origines, la difficulté de grandir en restant soi-même : autant de sujets abordés avec simplicité. Là encore, la série préfère la nuance à la démonstration. Malgré ses qualités, cette saison n’est pas exempte de critiques. Certains arcs narratifs semblent trop prévisibles. Les rivalités amoureuses, les tensions au travail ou les petites trahisons manquent parfois de nouveauté. Ce sont des motifs déjà vus, et leur traitement reste assez classique.
De plus, la série peine encore à gérer le temps d’écran de certains personnages. Quelques figures secondaires apparaissent sans vraie fonction, ou disparaissent sans que cela ne pose vraiment question. Il manque parfois une ligne directrice plus affirmée. Enfin, même si le choix d’un ton plus posé est appréciable, il désarçonne parfois. Les attentes créées par la saison 1 ne sont pas toujours satisfaites. Certains spectateurs pourraient regretter un manque de rythme ou une forme de redondance dans les enjeux. Si je salue l’évolution de Máximo et la richesse de certains dialogues, il y a aussi dans cette saison 2 une légère perte de fraîcheur. Le rythme plus lent, l’humour moins présent, ou encore une intrigue moins percutante sont des points régulièrement mentionnés.
La saison 2 de Acapulco confirme la singularité de la série dans le paysage des comédies télévisées. Elle approfondit ses personnages, assume une certaine maturité dans son ton, et continue de proposer un univers chaleureux, sans jamais tomber dans le cynisme ou l’excès de sentimentalité. Malgré quelques longueurs et une certaine prévisibilité, cette saison reste agréable à suivre. Elle offre des moments sincères, des scènes bien écrites, et une continuité qui permet de mieux comprendre le parcours de son héros. C’est une série qui n’a pas besoin d’en faire trop pour séduire. Pas une révolution, pas une série choc, mais un récit cohérent, fidèle à son identité, et porté par des acteurs impliqués. En espérant que les prochaines saisons poursuivent dans cette direction tout en osant un peu plus dans la forme comme dans le fond.
Note : 7/10. En bref, la saison 2 de Acapulco confirme la singularité de la série dans le paysage des comédies télévisées. Elle approfondit ses personnages, assume une certaine maturité dans son ton, et continue de proposer un univers chaleureux, sans jamais tomber dans le cynisme ou l’excès de sentimentalité.
Disponible sur Apple TV+
Acapulco a déjà une saison 3 et la saison 4 (qui sera la dernière de la série) vient tout juste de débuter sur Apple TV+.
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