16 Septembre 2026
Lanterns // Saison 1. Episode 5. Lights Out.
L’épisode 5 de la saison 1 de Lanterns marque un vrai virage. Après un épisode 3 centré sur le passé de John et un épisode 4 axé sur la tension qui grimpait entre nos deux héros, cette fois, le rythme s'accélère franchement. L'affaire Rushville explose complètement, et les choix de Hal Jordan comme de John Stewart se paient cash. Le spectacle est au rendez-vous, c'est certain, mais ce sont surtout les trajectoires des personnages qui prennent un sacré coup de projecteur. Même si certains choix de scénario me laissent un peu perplexe, la série a au moins le mérite de pousser ses protagonistes dans leurs derniers retranchements. Dans cet épisode intitulé « Lights Out », on reprend les choses exactement là où on les avait laissées.
Zoe est démasquée en tant que Manhunter, et Hal décide qu'il faut trancher rapidement. Son plan ? Créer un affrontement direct entre l'armée de Zoe et celle d'Antaan pour capturer la Manhunter pendant le boxon. L’idée se tient, mais la méthode pose un vrai problème : Hal est prêt à sacrifier des tas d'innocents au passage. C'est là que le bonhomme commence à devenir dérangeant. Jusqu'ici, on avait un Hal sûr de lui, arrogant, parfois agaçant mais toujours sous contrôle. Dans cet épisode, cette assurance tourne carrément à l'obsession. Il ne cherche plus vraiment à régler le problème de Rushville. Il veut juste récupérer sa place de Green Lantern, peu importe les dégâts. Et John devient soudain l’obstacle qu’il doit dégager.
Ce parti pris risque de faire grincer quelques dents. Hal va jusqu'à planter John dans une bagnole accidentée alors qu'il est mal en point, sans même vérifier s’il est encore en vie. Honnêtement, j'ai eu du mal avec ce passage. Hal a toujours été égocentrique et imbu de sa personne, d’accord. Il prenait son apprenti de haut et jouait sur ses nerfs. Mais il restait un pro sur le terrain. Là, son comportement va trop loin et casse un peu la logique installée jusque-là. La série tente d'expliquer ce revirement par la peur de l'abandon. Depuis le pilote, sa grande tirade sur l'absence de peur sonnait un peu faux. La mort de son père était censée l'avoir rendu invincible psychologiquement, mais John incarne justement sa hantise absolue : voir un autre prendre son relais.
La phrase qu'il lui balance pour lui rappeler qu'il ne le remplacera jamais résume parfaitement sa panique intérieure. Pendant que Hal poursuit son idée fixe, Zoe vient en aide à John. Leur échange montre d'ailleurs une dynamique super intéressante. Zoe cerne très bien la frustration de John, son éducation rigide, la pression familiale et cette promesse d'un destin tout tracé. Elle lui tend alors un piège parfait : le tirer d'affaire, lui laisser dégommer Hal et récupérer le précieux anneau. Évidemment, marcher dans son jeu serait une erreur monumentale. John choisit une autre voie et reprend enfin la main sur sa propre histoire. Après des années à tourner autour de ce symbole, il enfile enfin l'anneau de Green Lantern. Résultat : sa première vraie explication avec Hal se règle à coups de poings.
Voir les deux gars se détruire la tronche dans une chambre d'hôtel miteuse pendant que la ville s'effondre dehors, c'est limite absurde. Mais l'impact émotionnel marche à fond parce que tout ce qui crevait sous la surface depuis le début finit par exploser. Hal refuse d'abandonner son statut, et John refuse de rester l’éternel second. L'épisode 5 prend aussi le temps d'éclairer le fonctionnement de Zoe sur la ville. Elle n'a pas régné que par la terreur. Elle a rendu des services, abrité des gens et tissé des liens d'interdépendance très forts. Le cas de Kerry Kane le prouve : elle n'est pas juste soumise par la peur, elle est convaincue de lui devoir la vie. Ce relief fait du bien et sort enfin Zoe du cliché de la menace extraterrestre basique.
La discussion entre elle et John fait directement écho à ce qu'on a vu dans l'épisode 3. Pour Zoe, l'épreuve est ce qui façonne l'individu. John ne le sait que trop bien : ses parents l'ont élevé dans cette même logique, en lui apprenant à blinder son cœur contre la peur, quitte à lui gâcher une partie de son enfance. Les deux se ressemblent plus qu'ils ne veulent l'admettre. La confrontation finale scelle définitivement le sort de Zoe. Après avoir percé à jour ses petits jeux, John prend la décision de l'éliminer. Ce n'est pas une victoire glorieuse pour autant. John comprend d'où vient Zoe, il voit sa vulnérabilité et ce qui l'a poussée là. Mais comprendre n'excusera jamais ce qu'elle a fait. C'est ce choix qui donne de la bouteille à l'épisode, bien plus que les scènes d'action pure.
Au milieu des décombres, John prend soudain une immense claque : devenir Green Lantern ne résout aucun de ses problèmes personnels. Il a passé sa vie à fantasmer sur cet anneau, pensant qu'il obtiendrait enfin la reconnaissance qu'il méritait et qu'il clouerait le bec à Hal. Mais une fois l'anneau au doigt, le soulagement n'est pas là. C’est vraiment sur ce point que cet épisode 5 marque des points. Sous ses airs de blockbuster avec explosions et bastons, l'histoire parle avant tout de crise d'identité. Hal pense qu'il existe uniquement à travers son statut de Green Lantern. John pensait que devenir Green Lantern donnerait un sens à toutes ses souffrances passées.
Et puis John réalise qu'un objet ne définira jamais qui il est vraiment. C'est précisément pour ça qu'il décide de rendre l'anneau. Après avoir patiemment posé ses pions autour de Rushville, des Manhunters et des Gardiens, la série casse complètement son moule. La boucle de cette période semble bouclée, mais le flou reste total pour la suite, surtout concernant le parcours de Hal, le rôle de Sinestro et les événements qui séparent cette époque du futur.
Note : 8.5/10. En bref, l’épisode manque parfois un peu de finesse dans l'écriture, forçant un peu la main aux personnages pour faire avancer la machine. En revanche, le final offre une vraie justesse sur le plan émotionnel. Lanterns pose enfin la seule question qui comptait vraiment : qu'est-ce qu'on fait quand on décroche enfin ce qu'on a passé sa vie à chercher et qu'on réalise que ça ne change rien ? Pour John Stewart, le vrai travail commence maintenant.
Disponible sur HBO max
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