17 Septembre 2025
Lorsque j’ai commencé Acapulco, je ne savais pas vraiment dans quelle direction cette série allait m’emmener. La promesse d’un mélange entre comédie, narration bilingue et esthétique des années 80 avait de quoi intriguer. Après trois saisons solides, l’univers de Las Colinas avait trouvé son équilibre. Pourtant, en découvrant la saison 4, j’ai ressenti une certaine rupture. Ce dernier chapitre de dix épisodes ne m’a pas semblé à la hauteur de ce qui avait été construit auparavant. Ce n’est pas que tout soit raté, mais plutôt que plusieurs choix créatifs m’ont semblé brouiller le ton qui avait fait le charme initial.
Depuis ses débuts, Acapulco repose sur un concept simple : l’ascension d’un jeune homme, Máximo, qui rêve de gravir les échelons dans un hôtel de luxe des années 80. Entre ambitions professionnelles, histoires d’amour compliquées et narration alternant passé et présent, la série avait trouvé un rythme entraînant. Dans cette quatrième saison, l’hôtel reste au cœur du récit, mais l’équilibre entre les différentes intrigues paraît moins bien tenu. Les enjeux sont clairs – sauver Las Colinas et gérer les conséquences des trahisons passées – mais le récit avance parfois sans réelle urgence. Le format en deux temporalités, qui avait apporté une belle profondeur dans les saisons précédentes, devient ici plus lourd et parfois même artificiel.
Au départ, entendre le Máximo plus âgé raconter ses souvenirs donnait une cohérence et une touche humoristique bienvenue. C’était aussi une manière de justifier les flashbacks. Mais cette saison pousse le procédé un peu trop loin. Le personnage adulte raconte des passages à des interlocuteurs qui, en théorie, étaient déjà présents à l’époque des faits. Cette mécanique finit par rompre l’immersion. Il y a même des moments où j’ai eu l’impression que les scénaristes en étaient conscients, comme si des blagues méta servaient à excuser ce choix. Le problème, c’est qu’en reconnaissant la limite sans la corriger, la narration perd une partie de sa crédibilité.
Un autre élément marquant de cette saison est le virage vers une approche beaucoup plus musicale et exagérée dans la mise en scène. Là où l’humour et la légèreté faisaient partie de l’ADN de la série, cette tendance au surjeu m’a sorti de l’histoire plus d’une fois. Certains passages ressemblent davantage à des numéros de comédie musicale qu’à des scènes de sitcom teintée de nostalgie. Ce n’est pas forcément mauvais en soi, mais ce décalage donne parfois l’impression de regarder une série différente. Ceux qui avaient apprécié la fraîcheur et la simplicité des trois premières saisons risquent d’y voir une perte d’identité.
Il faut reconnaître que le casting continue d’apporter une énergie particulière à l’ensemble. Enrique Arrizon, dans le rôle du jeune Máximo, garde cette sincérité qui rend son personnage crédible malgré ses erreurs. Pourtant, son temps d’écran est parfois sous-utilisé, comme si l’accent avait été mis ailleurs. Eugenio Derbez, qui incarne le Máximo adulte, reste central. Sa voix et sa présence contribuent toujours au charme de la série, mais là encore, ses interventions sont parfois trop répétitives. Certains personnages secondaires, que j’avais trouvé attachants dès le début, conservent leur dynamisme. Memo, par exemple, apporte toujours sa touche de tendresse et d’humour.
Pourtant, j’ai trouvé que plusieurs arcs narratifs se perdaient en chemin, sans véritable conclusion satisfaisante. Beaucoup de résolutions arrivent de manière précipitée dans le dernier épisode, ce qui laisse une impression d’inachevé. Impossible de parler d’Acapulco sans mentionner son identité visuelle. Les couleurs vives, les costumes des années 80, le contraste entre les époques : tout cela reste réussi. La saison 4 conserve ce soin esthétique qui avait marqué les débuts. On sent que la production a continué d’investir dans les décors et les détails visuels. Le problème vient davantage du rythme. L’intrigue principale se dilue dans des épisodes qui privilégient des sous-histoires ou des scènes légères qui n’apportent pas grand-chose à l’avancée de l’intrigue.
Puis, dans les derniers épisodes, tout s’accélère. Cette gestion du temps scénaristique déséquilibre l’ensemble. La série a toujours joué avec la nostalgie des années 80, notamment par le biais de chansons espagnoles revisitées. Jusqu’ici, c’était un atout. Mais dans cette saison, j’ai trouvé que l’aspect musical prenait trop de place, au détriment de l’histoire. Certaines scènes semblent conçues uniquement pour placer une reprise musicale. Cela alourdit le récit et donne un côté forcé qui n’était pas présent auparavant. L’un des points les plus frustrants de cette saison 4 est sans doute sa conclusion. Après avoir accompagné les personnages pendant quarante épisodes, j’attendais un final fort, une manière de boucler la boucle avec émotion et cohérence.
Le dernier épisode propose bien une fin, mais celle-ci paraît précipitée. Plusieurs personnages n’ont pas droit à une véritable conclusion, et certains arcs s’achèvent en quelques dialogues rapides. Cela donne le sentiment d’une série qui n’a pas pris le temps de dire au revoir correctement. Malgré mes réserves, je dois reconnaître que certains aspects continuent de fonctionner. L’esprit de famille qui se dégage entre les personnages reste touchant. Les thématiques autour de l’ambition, de la loyauté et des sacrifices sont toujours présentes. Certains dialogues conservent cette petite dose d’humour tendre qui faisait le charme de la série. Et puis, il y a cette atmosphère unique, ce mélange de langues et de cultures, qui rend Acapulco différent d’autres productions plus formatées.
Même si cette saison 4 ne m’a pas convaincu autant que les précédentes, je garde une certaine reconnaissance envers la série. Rarement une production Apple TV+ a su mélanger la légèreté d’une comédie avec une esthétique aussi marquée et une narration bilingue. Là où d’autres séries cherchent à se démarquer par le cynisme ou l’excès de drame, Acapulco a toujours préféré mettre en avant la chaleur humaine et la nostalgie. C’est sans doute pour cela que je m’attendais à une conclusion plus maîtrisée. Faut-il regarder la saison 4 ? La réponse dépend surtout de l’attachement aux personnages. Si vous avez suivi les trois premières saisons, vous aurez sans doute envie de voir comment l’histoire se termine.
Mais si l’attente est celle d’une montée en puissance ou d’un final marquant, il y a un risque de rester sur sa faim. Pour ma part, j’ai trouvé que la saison 4 avait des qualités mais souffrait d’un manque d’équilibre. Trop d’effets de style, pas assez de cohérence dans le rythme, et une fin trop rapide pour vraiment marquer. Après quarante épisodes, Acapulco laisse derrière elle une empreinte singulière dans l’univers des séries Apple TV+. J’ai aimé découvrir les personnages, les voir évoluer et plonger dans cette ambiance rétro colorée. Mais je ressors de la saison 4 avec une impression d’inachevé. La série reste globalement une belle expérience, mais cette conclusion n’a pas su retrouver la fraîcheur et la justesse des débuts. Ce n’est pas un échec total, mais un au revoir qui aurait mérité plus de soin.
Note : 5/10. En bref, je ressors de la saison 4 avec une impression d’inachevé. La série reste globalement une belle expérience, mais cette conclusion n’a pas su retrouver la fraîcheur et la justesse des débuts.
Disponible sur Apple TV+
La saison 4 d’Acapulco est la dernière de la série.
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