16 Septembre 2026
Lanterns // Saison 1. Episode 4. The Weenie.
Après un troisième chapitre entièrement centré sur le passé de John Stewart, la série revient dans le présent avec ce quatrième épisode beaucoup plus axé sur l'investigation. Je dois dire que ça fait un bien fou. Le flashback de la semaine dernière apportait un vrai relief à Aaron Pierre, mais il avait aussi coupé net l'élan captivant du début de saison. Avec cet épisode intitulé « The Weenie », l'affaire du Manhunter réembraye à toute vitesse, et c'est surtout le duo entre Hal Jordan et John Stewart qui prend une trajectoire vraiment palpitante. Depuis le pilote, leur dynamique carbure à un dosage particulier de méfiance, d'agacement mutuel et de respect larvé.
Hal voit John comme un remplaçant téléguidé par les Gardiens, tandis que John appréhende son mentor comme l'unique obstacle qui le sépare de la bague qu'il doit récupérer. Cet épisode 4 vient bousculer cet équilibre précaire. John subit toujours la pression de sa hiérarchie pour dépouiller Hal de son anneau. Le souci, c'est que le terrain commence à sérieusement contredire la théorie. Hal est certes imbu de sa personne et parfois proprement exaspérant, mais il trimballe un instinct d'enquêteur redoutable et agit bien plus souvent qu'on ne le croit pour le bien commun. C'est exactement ce qui plonge John dans un doute permanent. J'ai vraiment apprécié cette façon d'amener les choses.
La série refuse la simplicité d'un choc binaire entre un vieux briscard amer et une jeune recrue rigide. John saisit enfin la logique interne de Hal, pendant que Hal prend la mesure des capacités de John. Leur complicité affleure par petites touches, au détour d'un piquant bien placé ou dans leur façon de faire équipe quand le danger pointe. Seulement voilà, chacun garde ses cartes cachées. Et forcément, la marmite finit par exploser. Du côté de l'intrigue pure, la traque du Manhunter les emmène jusqu'au domaine de William Macon. Entre matériels bizarres, technologies militaires poussées et tunnels secrets, l'affaire perd son côté purement rural. Cette transition fonctionne très bien parce que Lanterns équilibre enfin ses tonalités de polar poisseux avec de la vraie science-fiction.
La série conserve son cadre de petite bourgade américaine isolée, tout en envoyant de vrais rappels qu'on navigue bien au cœur du lore Green Lantern. La séquence dans le laboratoire avec le bétail et les lasers insuffle une sacrée bizarrerie à l'ensemble. C'est étrange, parfois carrément absurde, mais ce décalage apporte une respiration bienvenue. Quant à William Macon, ses apparitions déroutantes face aux deux héros réservent de superbes moments de comédie. Je suis en revanche plus mesuré sur la répétition de la nudité masculine tout au long de la séquence. Selon moi, l'humour fonctionnait déjà très bien sans qu'il soit nécessaire d'en faire autant, au risque d'installer un malaise inutile sur certains passages.
Mon autre point de réserve concerne la gestion de certaines figures mythiques de DC Comics. Sinestro croise enfin la route de Hal, mais leur face-à-face est expédié bien trop vite. Après la révélation du deuxième épisode, je trépignais d'impatience à l'idée de voir cette confrontation se développer. Il y a un passif immense entre ces deux-là, un respect brisé et une foule d'implicites à creuser. Ulrich Thomsen impose pourtant une prestance immédiate en Sinestro, et la moindre de ses lignes de dialogue avec Hal donne envie d'en avoir plus sous la dent. J'espère sincèrement que la suite de la saison lui ménagera un espace à sa hauteur. Le constat est similaire pour Hector Hammond.
Le nom fait immédiatement dresser les oreilles des fans, mais la série préfère l'utiliser comme une fausse piste pour nous désorienter. Le procédé se tient dramatiquement, même si c'est un peu dommage de consommer une figure aussi emblématique de cette manière. L'autre gros morceau de l'épisode concerne Zoe. Après sa disparition présumée lors du chapitre précédent, plusieurs détails laissaient planer un gros doute. Cet épisode 4 confirme qu'elle est directement branchée sur le Manhunter et qu'elle incarne le fameux « Benefactor » que nos deux inspecteurs traquent. Sans être un coup de théâtre totalement imprévisible, le timing de la révélation tombe juste.
L'écriture avait disséminé suffisamment d'indices pour que le basculement paraisse naturel. Ce qui m'intéresse désormais, c'est de comprendre son mobile réel et la raison exacte pour laquelle elle cherchait à écarter John de Rushville. C'est finalement le final qui vient complètement redistribuer les cartes. Alors qu'une amorce de confiance semblait s'installer, Hal perçoit que John ne lui dit pas tout. Il déploie alors un coup de puy particulièrement vachard pour lui tirer les vers du nez, avant de sceller leur séparation sur un coup d'éclat particulièrement rude. La séquence avec le véhicule est savoureuse tout en révélant parfaitement la nature de Hal : un type imprévisible, taquin et persuadé qu'il gardera toujours un coup d'avance.
Sauf qu'à ce jeu-là, le fil vient de casser net. Après ces quatre premiers chapitres, la série réussit à bâtir une relation d'une grande complexité. Le premier épisode posait le binôme, le deuxième lançait la piste, le troisième éclairait les failles de John, et ce quatrième épisode orchestre la collision frontale entre toutes ces lignes de tension. Si je ressens parfois un peu de frustration face au traitement accéléré de figures comme Sinestro, la trajectoire choisie pour les deux héros paie clairement ses dividendes.
Note : 8.5/10. En bref, à mi-parcours, Lanterns s'éloigne des schémas classiques de super-héros pour s'installer comme un vrai polar de science-fiction tendu, où la confiance devient la ressource la plus difficile à trouver. Et au vu de la conclusion, la reconnexion au prochain épisode s'annonce particulièrement électrique.
Disponible sur HBO max
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