28 Août 2025
The Terminal List: Dark Wolf // Saison 1. Episode 2. THE AUDITION.
Après un premier épisode marqué par la mise en place des fondations psychologiques de Ben Edwards, The Terminal List: Dark Wolf poursuit son exploration avec un second chapitre qui change légèrement de ton. Moins focalisé sur les opérations militaires traditionnelles, cet épisode s’aventure dans un registre plus clandestin, où les décisions ne passent plus par les chaînes officielles mais par des manœuvres parallèles. L’ambiance reste lente, presque pesante par moments, mais ce choix met en lumière la transformation progressive d’Edwards, tiraillé entre sa fidélité aux siens et son obsession de régler ses comptes.
Le début de l’épisode revient sur les conséquences directes de l’exécution d’Hamid Al-Jabouri dans le premier volet. Le spectateur sait déjà que les supérieurs hiérarchiques ne peuvent fermer les yeux éternellement sur ce dérapage. La scène de la mise à l’écart d’Edwards en témoigne : un mélange de procédure, de respect affiché et de lourdeur cérémonielle. Cette séquence se prolonge bien plus que nécessaire, au point de donner l’impression que l’épisode cherche à remplir son temps plutôt qu’à avancer. Pourtant, le fond reste intéressant : Edwards échappe à une condamnation car sa version des faits, alignée sur celle de Reece et Hastings, ne peut être remise en cause.
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En revanche, il paie malgré tout le prix de son geste : son départ forcé des SEALs. Ce choix scénaristique permet de créer une rupture claire. L’homme en uniforme, protégé par une structure, laisse place à un individu désormais livré à lui-même, plus vulnérable mais aussi plus libre de ses choix. Hastings, fidèle, choisit de le suivre dans cette chute, alors que Reece reste attaché à sa carrière militaire. Une fois libérés de leurs obligations militaires, Edwards et Hastings se retrouvent à errer dans une sorte de no man’s land narratif. Un hôtel, quelques verres, beaucoup de dialogues qui semblent étirer le temps.
C’est dans cet espace suspendu qu’apparaît Jed Haverford, agent de la CIA, avec une proposition qui va redonner une direction à l’intrigue : éliminer Massoud Danawi, l’homme à l’origine de l’attentat qui a coûté la vie à Daran Amiri. Ce passage, aussi artificiel soit-il dans sa construction, marque un virage. Edwards, encore choqué par la manipulation de Daran et rongé par le sentiment d’injustice, accepte presque sans hésiter. Sa décision montre qu’il ne cherche plus à défendre des principes ou une cause, mais à assouvir une vengeance personnelle. Hastings, plus prudent, finit par se rallier, révélant une dynamique intéressante entre impulsivité et retenue.
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La mission confiée à Edwards et Hastings les conduit dans un lieu inattendu : un plan d’assassinat à mettre en place depuis une planque gérée conjointement par la CIA et le Mossad. Cette alliance illustre la complexité des jeux d’influence au Moyen-Orient et met en avant une autre facette du travail clandestin : l’utilisation de ressources locales ou d’agents infiltrés. La cible, Danawi, se trouve dans un club. Le choix du décor contraste avec les bases militaires poussiéreuses du premier épisode. Ici, la guerre prend des airs de danse macabre sur fond de musique électronique, loin des champs de bataille mais tout aussi dangereuse.
L’un des moments les plus forts de cet épisode se déroule dans ce club. Pour éliminer Danawi, Edwards et Hastings comptent sur Eliza, une agente israélienne infiltrée comme serveuse. L’idée : empoisonner discrètement leur cible. Mais Danawi, méfiant, inverse la situation et contraint Eliza à boire elle-même la boisson suspecte. La tension atteint son apogée : Eliza avale le liquide, sachant pertinemment qu’il est empoisonné. Son sang-froid impressionne, tout comme sa capacité à masquer la douleur pour ne pas éveiller de soupçons. Edwards parvient finalement à lui administrer un antidote in extremis. Cette séquence illustre le prix du travail clandestin : risquer sa vie sans reconnaissance publique, avec la seule satisfaction d’avoir mené la mission à bien.
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Elle rappelle aussi à Edwards que chaque choix entraîne des sacrifices, souvent pour des causes qui dépassent ceux qui exécutent les ordres. La conclusion de l’épisode laisse planer une certaine ambiguïté. La mission ne se déroule pas comme prévu, et c’est Hastings qui semble mettre un terme brutal à l’existence de Danawi. La scène est confuse, presque volontairement floue, comme pour symboliser l’opacité de ces opérations où la vérité se perd entre les versions officielles et la réalité du terrain. Ce règlement de compte expéditif marque un tournant : Edwards et Hastings franchissent définitivement la frontière qui les séparait encore de la légalité.
La logique de vengeance prend désormais le pas sur toute autre considération. Au-delà d’Edwards et Hastings, l’épisode met aussi en avant Raife, introduit précédemment comme une figure importante. Contrairement à Edwards, il agit avec recul, analyse les situations et privilégie le contrôle. Son rôle de stratège contraste avec l’impulsivité de Ben, toujours guidé par l’émotion. Ce duo forme un parallèle intéressant avec la relation entre Reece et Edwards dans la série principale. Là où Reece incarnait l’émotion brute, Ben représentait la raison. Ici, les rôles semblent inversés : Edwards devient le soldat dominé par ses instincts, et Raife le conseiller pragmatique.
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Cette dynamique annonce des tensions futures. Raife, habitué à garder la main sur les événements, se retrouve confronté à des méthodes de terrain où la discipline des SEALs ne suffit plus. Ses doutes quant à la fiabilité de ses partenaires laissent présager des fractures internes. L’épisode souffre d’un problème récurrent : un rythme inégal. Certaines séquences s’éternisent inutilement, notamment la sortie officielle d’Edwards des SEALs ou les discussions à l’hôtel. En revanche, les scènes opérationnelles, comme celle du club, démontrent une efficacité indéniable. Cette alternance crée une frustration. Les moments forts sont bien construits, mais ils se font attendre derrière de longs dialogues qui peinent à maintenir l’attention.
Cette lenteur pourrait être interprétée comme un choix artistique visant à renforcer le contraste entre inertie bureaucratique et intensité du terrain, mais elle risque aussi d’aliéner certains spectateurs. Ce deuxième épisode confirme la trajectoire entamée dans le premier : Ben Edwards n’est plus simplement un militaire obéissant aux ordres. Sa sortie de l’institution et son engagement dans une mission officieuse le rapprochent d’un profil de mercenaire, guidé par la vengeance plutôt que par l’honneur. Ce glissement est central pour comprendre le personnage tel qu’il apparaît plus tard dans The Terminal List. Loin d’être une transformation brutale, il s’agit d’une lente descente, alimentée par des choix discutables, une confiance brisée et une soif de justice personnelle.
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Même si l’épisode se concentre sur une mission précise, il continue de rappeler le rôle ambigu des agences gouvernementales. La CIA, omniprésente, apparaît une fois encore comme une institution qui manipule les situations à son avantage, sacrifiant les hommes sur le terrain lorsque cela sert ses intérêts. Edwards en est conscient, mais il choisit malgré tout de collaborer, preuve que son désir de revanche prend le dessus sur toute logique rationnelle. Ce paradoxe nourrit la complexité du personnage : il rejette l’institution mais continue de s’y associer, incapable de s’en détacher totalement. L’épisode 2 de The Terminal List: Dark Wolf avance lentement, parfois trop.
Les longueurs diluent la tension, mais les scènes clés rappellent l’intérêt de ce spin-off : explorer la construction psychologique de Ben Edwards et montrer comment un soldat modèle glisse vers l’ombre. Les dilemmes moraux, les relations entre personnages et la mise en avant des opérations clandestines enrichissent le récit, malgré un rythme encore perfectible. Ce chapitre n’apporte pas de grands éclats, mais il installe des bases solides pour la suite. L’histoire d’Edwards n’est pas celle d’un héros triomphant, mais celle d’un homme rongé par ses choix et ses contradictions. Ce deuxième épisode le montre clairement : chaque décision l’éloigne un peu plus de son ancien rôle pour le rapprocher d’un chemin où la loyauté devient floue et la vengeance la seule boussole.
Note : 6/10. En bref, l’épisode 2 de The Terminal List: Dark Wolf avance lentement, parfois trop. Les longueurs diluent la tension, mais les scènes clés rappellent l’intérêt de ce spin-off : explorer la construction psychologique de Ben Edwards et montrer comment un soldat modèle glisse vers l’ombre.
Disponible sur Amazon Prime Video
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