29 Septembre 2025
Tulsa King // Saison 3. Episode 2. The Fifty.
Après un premier épisode solide qui lançait les bases d’un nouveau conflit, Tulsa King revient avec un deuxième chapitre encore plus sombre et brutal. Intitulé “The Fifty”, cet épisode confirme le virage de la série : moins de dramedy léger, plus d’action brute et de tension mafieuse. Si j’avais reproché au final de la saison 2 son manque de souffle, ce nouvel épisode me rassure sur un point : Tulsa King ne cherche plus à jouer la comédie, elle assume son ADN de série criminelle impitoyable. La révélation du premier épisode se confirme : Jeremiah Dunmire, incarné par Robert Patrick, est un adversaire d’une autre trempe. Là où Chickie était imprévisible et parfois ridicule, Jeremiah est une véritable machine de guerre psychologique.
Sa violence est froide, calculée, presque biblique. Il ne se contente pas d’intimider, il détruit, y compris sa propre famille. L’épisode nous montre à quel point son emprise sur son fils Cole est malsaine. La scène où il brûle la plaie de son fils avec un fer chauffé, au lieu de l’emmener à l’hôpital, est l’une des plus choquantes de la série. Cette brutalité paternelle illustre parfaitement ce contraste : Dwight fédère par loyauté et respect, Jeremiah domine par peur et humiliation. L’intrigue du bourbon prend une ampleur inattendue. La découverte d’une réserve de bouteilles vieilles de 50 ans, estimée à 150 millions de dollars, propulse l’affaire Montague au cœur du récit.
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Ce trésor liquide attire évidemment toutes les convoitises et transforme une opportunité commerciale en véritable guerre ouverte. J’ai aimé la façon dont la série mêle le côté absurde — une chasse au trésor alcoolisée presque trop grosse pour être crédible — à un enjeu dramatique réel : ce bourbon devient un symbole de pouvoir et de légitimité. Dwight le sait, et Jeremiah encore plus. Dans cet épisode, Dwight Manfredi prouve encore une fois qu’il est un maître dans l’art de retourner les rapports de force. Il réduit la part de Bill Bevilaqua sans ciller et fait face directement à Jeremiah en lui lançant un avertissement clair : “touche à mes proches et je t’anéantis.” Mais derrière cette assurance, je sens que Dwight commence à être dépassé. Depuis deux saisons, il se sort de tout grâce à son charisme et à sa chance insolente.
Or, face à Dunmire, cette stratégie pourrait atteindre ses limites. Dwight n’a jamais affronté un ennemi qui méprise à ce point la vie humaine, y compris celle de ses proches. Cette guerre ne sera pas seulement une question d’affaires, mais un duel moral. Ce que j’apprécie dans Tulsa King, c’est sa galerie de personnages secondaires qui évoluent réellement. Joanne, la sœur de Dwight, sort enfin de l’ombre. Elle prend les rênes de la distillerie et prouve qu’elle n’a rien à envier aux mafieux autour d’elle. Sa lucidité et son aplomb en font un personnage central, et j’ai trouvé sa montée en puissance parfaitement crédible. Mitch, jusque-là relégué au rôle de soutien, brille dans ce deuxième épisode.
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Son combat à mains nues et sa relation avec Chloe lui donnent une épaisseur nouvelle. On sent que le duo pourrait devenir un pilier face à Dunmire. Bodhi, de son côté, continue de surprendre. Marqué par la mort de Jimmy, il choisit une vengeance plus subtile : le hacking. Son “arme” est désormais numérique, et cette évolution le rend bien plus intéressant que le simple geek sarcastique des débuts. Paradoxalement, c’est le personnage de Cole qui m’a le plus marqué dans cet épisode. Abusé et humilié par son père Jeremiah, rejeté par Chloe, il oscille entre victime et bourreau. Certaines scènes donnent envie de le gifler tant il est arrogant, d’autres révèlent une fragilité qui le rend presque attendrissant.
Le moment où il empêche une agression sexuelle prouve que tout n’est pas noir chez lui. On sent un potentiel de rédemption, et je ne serais pas surpris de le voir basculer un jour dans le camp de Dwight. Si cela arrive, ce serait l’un des arcs les plus passionnants de la saison. L’intrigue de Tyson apporte une respiration bienvenue. Son père refuse de replonger dans le monde de Dwight, traumatisé par ce qu’il a déjà vécu, tandis que sa mère insiste pour garder un œil sur leur fils. Tyson, lui, se perd dans son obsession pour les marques et l’image qu’il renvoie. J’ai trouvé ces scènes touchantes, car elles parlent d’un thème universel : l’identité.
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Tyson veut se réinventer, mais ses parents voient clair dans son jeu. Entre loyauté familiale et attirance pour le monde de Dwight, son destin reste incertain. Si Tulsa King s’enfonce dans une noirceur croissante, l’humour n’a pas totalement disparu. La séquence où Bodhi explique à Dwight ce qu’est un “bunghole” dans une barrique de bourbon est à mourir de rire. Ces touches comiques, parfois absurdes, permettent de ne pas sombrer totalement dans le tragique. C’est ce mélange qui fait, à mon sens, la force unique de la série : un cocktail de violence et de second degré qui garde l’histoire vivante. Avec ce deuxième épisode, Tulsa King saison 3 franchit un cap.
L’affrontement entre Dwight et Jeremiah ne fait que commencer, mais on sent déjà que la série joue désormais dans une autre catégorie. La violence est plus crue, les enjeux plus élevés, et les personnages secondaires gagnent une importance inédite. Bien sûr, il faut accepter certaines invraisemblances (comment un incendie aussi suspect peut être classé en accident ?), mais ce n’est pas une série policière réaliste : c’est une fresque mafieuse, un thriller où la vraisemblance s’efface au profit du spectacle. En deux épisodes, Tulsa King a réussi à se réinventer. Finie la comédie mafieuse légère : la série assume une tonalité plus noire, plus tendue, presque digne d’un Stallone des grandes années.
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Jeremiah Dunmire s’impose déjà comme le meilleur antagoniste de la série, un véritable miroir inversé de Dwight. Mais ce qui me plaît le plus, c’est que malgré cette brutalité, la série continue de mettre en avant les valeurs de Dwight : la loyauté, la famille, l’amitié. C’est ce qui le distingue de ses ennemis et qui, peut-être, fera la différence dans la guerre à venir.
Note : 8/10. En bref, “The Fifty” est un épisode intense, choquant et efficace. Tulsa King n’a jamais été aussi sombre, et c’est précisément ce qu’il fallait pour relancer la machine après les faiblesses de la saison précédente.
Disponible sur Paramount+
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