Critiques Séries : Only Murders in the Building. Saison 5. Episode 3.

Critiques Séries : Only Murders in the Building. Saison 5. Episode 3.

Only Murders in the Building // Saison 5. Episode 3. Rigor.

 

Le troisième épisode de la saison 5 d’Only Murders in the Building poursuit l’enquête autour du meurtre de Lester, mais change de décor et introduit des éléments qui déplacent l’intrigue au-delà des murs de l’Arconia. Cet épisode se distingue par l’apparition d’un lieu chargé d’histoire, la Velvet Room, et par l’arrivée de nouveaux personnages, parmi lesquels des figures puissantes de la haute société new-yorkaise. L’équilibre entre comédie, drame et enquête reste au centre, mais le récit prend une dimension différente grâce à ce mélange d’intrigues souterraines et de révélations inattendues. L’un des points forts de l’épisode est sans doute la découverte du Velvet Room, une salle de jeux clandestine et bar caché qui aurait vu le jour au début du XXe siècle. 

 

L’endroit est présenté comme un lieu mythique, fréquenté autrefois par les élites new-yorkaises et lié aux grandes décisions de la ville. Les rumeurs qui entourent ce sous-sol donnent une aura mystérieuse à l’Arconia, déjà connue pour ses secrets et ses morts inexpliquées. Ce changement de décor ajoute une nouvelle profondeur à la série. Jusqu’ici, l’intrigue se concentrait sur l’immeuble lui-même et ses habitants, mais le Velvet Room ouvre une porte sur un monde parallèle, à la fois mondain et criminel, qui enrichit la mythologie de la série. L’Arconia n’est plus seulement le théâtre des enquêtes ; elle devient aussi la passerelle vers des réseaux souterrains où l’argent, le pouvoir et la corruption circulent librement.

Dans ce même épisode, Oliver se retrouve dans une situation difficile. Coincé dans le Velvet Room, il tombe sur un cadavre de façon aussi grotesque qu’inquiétante. Loin de garder son calme, il tente de se débarrasser du corps en le transportant dans un chariot à linge pour le dissimuler chez Charles. Ce choix impulsif le met immédiatement en danger, puisque des traces de son ADN se retrouvent mêlées à la scène. Cette séquence illustre parfaitement le mélange d’humour et de tension qui fait le style de la série. La maladresse d’Oliver amuse, mais elle révèle aussi à quel point les protagonistes flirtent constamment avec le risque de devenir eux-mêmes suspects. 

 

Le cadavre devient alors un objet de comédie, mais aussi un rappel de la fragilité de leur position dans une enquête où chaque erreur peut être fatale. Pendant ce temps, Mabel prend une initiative décisive : examiner elle-même le corps découvert par Oliver. Son approche se rapproche d’une autopsie improvisée. Elle observe la rigidité des muscles, l’état du corps et déduit que la victime n’est pas morte depuis longtemps, mais qu’elle a probablement été conservée au froid avant d’être retrouvée. Cette hypothèse change radicalement la perception du meurtre : il ne s’agit plus seulement d’un crime opportuniste, mais d’un acte planifié. Ce détail introduit une nouvelle couche de mystère. Qui aurait intérêt à congeler un corps pour le ressortir plus tard ? Pourquoi cette mise en scène ? 

Ces questions laissent entendre que les coupables ne se contentent pas d’éliminer leurs victimes, mais cherchent à manipuler la temporalité de leurs crimes pour brouiller les pistes. Charles, de son côté, continue de montrer une fragilité psychologique. Après la mort de Sazz dans la saison précédente, ses hallucinations reprennent. Dans cet épisode, il croit entendre et même dialoguer avec le cadavre, une expérience qui mêle humour absurde et malaise. Cette nouvelle faille laisse deviner un état mental de plus en plus fragile, qui pourrait compliquer son rôle dans l’enquête. Sa décision de commander des médicaments à la fin de l’épisode soulève des questions importantes. Ses visions sont-elles seulement le fruit d’un esprit fatigué, ou cachent-elles un indice que le spectateur doit interpréter ? 

 

La série joue une fois de plus sur cette frontière entre comédie et drame, où le délire intérieur de Charles fait rire autant qu’il inquiète. La conclusion de l’épisode marque un tournant avec l’introduction de trois nouveaux personnages. Camila White, magnat de l’hôtellerie, Sebastian Steed, géant de la technologie, et Jay Pflug, héritier d’une fortune pharmaceutique, font une entrée remarquée dans la Velvet Room. Tous affichent des fortunes colossales et un pouvoir écrasant sur la ville. La mise en scène insiste sur un détail : la main bandée de Jay Pflug, qui suggère qu’il est lié à un élément crucial de l’enquête, peut-être même au meurtre en cours. 

Ce choix scénaristique place ces milliardaires au centre du récit et annonce une confrontation entre les enquêteurs amateurs et des figures quasi intouchables. L’arrivée de ces personnages pose aussi une question sur l’équilibre de la série. Depuis ses débuts, la force d’Only Murders in the Building repose sur la complicité du trio principal et l’ancrage dans un univers limité, celui de l’Arconia. L’introduction de figures aussi imposantes risque de diluer l’intrigue, mais elle peut aussi renouveler la série en confrontant les héros à des adversaires d’une toute autre ampleur. Ce troisième épisode s’inscrit dans une saison marquée par une abondance de visages connus. 

 

Après Téa Leoni, Bobby Cannavale, Dianne Wiest et Keegan-Michael Key, cette nouvelle salve d’invités renforce l’impression que la série mise de plus en plus sur le prestige de ses castings. Cela suscite une certaine ambivalence. D’un côté, ces apparitions créent l’événement et offrent des interactions inattendues. De l’autre, elles risquent de détourner l’attention de l’histoire principale. L’équilibre reste fragile : si les célébrités deviennent le moteur de l’intrigue, la dynamique du trio pourrait perdre de son impact. Pour l’instant, l’épisode conserve une cohérence grâce à la présence continue de Charles, Oliver et Mabel, mais le danger d’une dispersion plane.

L’épisode 3 de la saison 5 d’Only Murders in the Building confirme que la série n’a pas peur de s’aventurer en dehors de sa zone de confort. Avec la Velvet Room, elle enrichit son univers en y injectant une dose d’histoire et de clandestinité. Avec les hallucinations de Charles, elle explore la fragilité psychologique des personnages. Et avec l’arrivée de nouveaux milliardaires, elle élargit l’échelle de son intrigue. Le risque est réel : celui de perdre l’équilibre entre le mystère, l’humour et la complicité du trio principal. Mais cet épisode montre aussi que la série a encore des ressources pour surprendre, même après cinq saisons. La mort de Lester reste le point de départ, mais chaque nouvel élément complexifie un peu plus l’histoire et accroît l’attente pour la suite.

 

Note : 6.5/10. En bref, l’épisode 3 de la saison 5 d’Only Murders in the Building confirme que la série n’a pas peur de s’aventurer en dehors de sa zone de confort. Avec la Velvet Room, elle enrichit son univers en y injectant une dose d’histoire et de clandestinité.

Disponible sur Disney

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