16 Septembre 2025
Only Murders in the Building // Saison 5. Episode 4. Dirty Birds.
J’ai terminé l’épisode 4 de la saison 5 de Only Murders in the Building avec une impression étrange. L’histoire avance, les intrigues s’imbriquent, mais ce qui m’a marqué, c’est la façon dont les milliardaires introduits dans ce nouveau chapitre manipulent Charles, Oliver et Mabel. À ce stade, les trois enquêteurs semblent piégés dans une partie dont les règles leur échappent complètement. Et ce basculement donne une tonalité différente à la série, moins légère qu’à l’accoutumée, presque étouffante. Tout au long de l’épisode, Camila White, Sebastian Steed et Jay Pflug ne se contentent pas d’apparaître comme de simples suspects. Ils s’immiscent dans la vie personnelle du trio, exploitent leurs faiblesses et les détournent de l’enquête.
Le plus déroutant, c’est la façon dont chacun s’attaque à une insécurité bien précise. Oliver se retrouve humilié chez lui, Charles vacille sous le poids de ses hallucinations et Mabel, de son côté, cède à la tentation d’un accord mal ficelé. Résultat : un contrat signé avec Wondify qui les bâillonne pour trois ans, les empêchant de mentionner ces mêmes milliardaires dans leur podcast. Cette manœuvre m’a semblé brillante dans l’écriture, mais frustrante dans le fond. Comment imaginer ces personnages, toujours si indépendants, se faire piéger de façon aussi grossière ? Surtout Mabel, dont l’instinct a souvent été le plus aiguisé du groupe. En acceptant ce contrat sans creuser davantage, elle a placé l’équipe dans une impasse.
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Parmi les scènes qui m’ont le plus amusé, il y a celle où Camila redécore l’appartement d’Oliver sans son accord. La situation est absurde, intrusive, mais paradoxalement révélatrice. Oliver vit depuis toujours dans un univers de théâtre, saturé de souvenirs, et voir quelqu’un imposer un nouveau décor sans qu’il n’ait son mot à dire a quelque chose de profondément ironique. La scène a le ton de la comédie, mais elle expose aussi le pouvoir que ces milliardaires peuvent exercer : transformer un lieu intime en vitrine, sans demander de permission. Cette séquence illustre à quel point les intrus ne se contentent pas de manipuler l’enquête, mais s’infiltrent jusque dans la vie quotidienne des personnages.
C’est là que la série réussit à brouiller les frontières entre humour et malaise. L’épisode met également en avant Vince Fish, un résident excentrique de l’Arconia, connu pour son obsession pour l’ornithologie et son amitié avec Lester. Sa présence apporte une touche singulière : grâce à ses connaissances, Oliver découvre que le carnet de Lester, rempli de noms d’oiseaux, cache en réalité un code. Chaque espèce correspond à l’un des suspects. Ce détail donne l’impression d’un jeu de piste, fidèle à l’esprit de la série. Pourtant, malgré le charme de cette trouvaille, j’ai ressenti une forme de lourdeur. L’épisode semble accumuler des détours et des clins d’œil, comme si la progression de l’intrigue principale devait être volontairement ralentie.
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J’ai eu le sentiment que le cœur de l’histoire, à savoir le mystère entourant Lester et ce doigt sectionné, restait encore trop en retrait. Un autre aspect intéressant réside dans le retour d’Althea, une ancienne amie de Mabel. Leur relation brisée trouve ici un début d’explication : un éloignement progressif, une sensation de trahison, et une amertume encore palpable. Ces flashbacks et dialogues permettent de donner plus de profondeur à Mabel, qui reste parfois cantonnée au rôle de l’élément sérieux du trio. En découvrant cette faille, j’ai eu l’impression que l’épisode tentait de montrer que Mabel n’est pas uniquement une enquêtrice déterminée, mais aussi une jeune femme marquée par ses pertes et ses désillusions.
L’introduction d’Althea ajoute donc une dimension personnelle, même si son rôle paraît encore un peu accessoire par rapport à l’enquête principale. La conclusion de l’épisode confirme ce que je pressentais dès les premières minutes : Mabel, Charles et Oliver ne mènent plus le jeu. Les trois milliardaires orchestrent tout, jusqu’à contrôler le podcast qui sert normalement de vitrine à leurs découvertes. Le trio signe un contrat qui limite leurs libertés éditoriales, les enfermant dans une collaboration imposée. Ce retournement est frustrant, mais intéressant. Jusqu’ici, les trois enquêteurs se débattaient contre des suspects plus ou moins puissants, mais gardaient toujours une marge de manœuvre.
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Là, leur principal outil, leur voix, leur est confisqué. Cette fragilité donne une tournure nouvelle à la saison. Ce que j’ai trouvé particulièrement habile, c’est la façon dont la série transforme une situation banale — un contrat signé trop vite — en un véritable piège narratif. Cette dimension réaliste, presque administrative, contraste avec l’aspect burlesque habituel des enquêtes, et crée une tension inhabituelle. En parallèle, le fameux doigt reste au centre des interrogations. Ce que j’ai apprécié, c’est la révélation en fin d’épisode : il ne s’agit pas de celui de Jay, contrairement à ce que les indices laissaient croire. Cette information redirige immédiatement les soupçons et relance l’intérêt pour les prochains épisodes.
Qui est réellement la victime derrière cette macabre découverte ? Et surtout, pourquoi tant d’efforts pour brouiller les pistes ? Cette incertitude rappelle que la série sait encore surprendre, même lorsqu’elle paraît s’attarder sur des digressions. Le doigt devient ici le symbole d’un mystère qui refuse de se laisser résoudre trop tôt. Si j’ai apprécié certaines trouvailles, je dois reconnaître que la présence d’autant de guest stars commence à peser. L’arrivée successive de Renée Zellweger, Christoph Waltz et Logan Lerman, en plus des autres célébrités déjà introduites, crée un effet presque artificiel. J’ai parfois l’impression que la série cherche davantage à aligner des noms prestigieux qu’à construire une intrigue fluide.
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Cela ne veut pas dire que ces acteurs n’apportent rien. Au contraire, chacun d’eux insuffle un style particulier à son personnage. Mais leur présence constante détourne l’attention du trio principal, qui reste, à mes yeux, l’âme de la série. Cet épisode 4 m’a laissé partagé. D’un côté, j’ai aimé la manipulation psychologique exercée par les milliardaires, le jeu de piste avec le carnet de Lester et les révélations liées au doigt. De l’autre, j’ai ressenti une certaine fatigue face aux détours inutiles et aux séquences qui semblaient rallonger artificiellement l’intrigue. La force de Only Murders in the Building a toujours été de mêler comédie et mystère avec légèreté. Or, ici, l’équilibre semble vaciller.
L’intrigue avance à petits pas, tandis que les clins d’œil et les sous-intrigues se multiplient. Cela ne retire pas tout le plaisir, mais donne l’impression que la saison tâtonne. L’épisode se termine donc sur un constat : Mabel, Charles et Oliver sont désormais prisonniers d’un contrat qui limite leurs actions, tandis que le mystère du doigt reste entier. J’ai le sentiment que les prochains épisodes devront rapidement resserrer l’intrigue pour éviter que cette saison ne perde en intensité. Pour le moment, je continue de trouver la série agréable, mais j’aimerais voir les auteurs prendre plus de risques. La dynamique des trois personnages principaux fonctionne toujours, mais elle mérite un souffle nouveau.
Note : 6/10. En bref, d’un côté, j’ai aimé la manipulation psychologique exercée par les milliardaires, le jeu de piste avec le carnet de Lester et les révélations liées au doigt. De l’autre, j’ai ressenti une certaine fatigue face aux détours inutiles et aux séquences qui semblaient rallonger artificiellement l’intrigue.
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