25 Septembre 2025
Netflix a misé gros avec L’Invitée (La huésped, ou The Guest). Une série colombienne de vingt épisodes, chacun durant autour de 45 minutes. Rien qu’à lire ça, je savais déjà que ça sentait le piège. Et j’avais raison. Regarder cette saison, c’est un peu comme suivre une séance de méditation forcée : on attend que quelque chose se passe, mais la seule chose qui arrive, c’est le sommeil. Tout commence par le suicide d’une conseillère conjugale. Un choc qui aurait pu lancer une intrigue tendue, sombre, haletante. Sauf qu’après cette ouverture, tout s’écroule. La série se concentre sur Silvia et Lorenzo, un couple en pleine crise. Lui rêve de devenir procureur général et tente de faire oublier ses infidélités.
Un couple qui tente de sauver son mariage après une liaison se retrouve dans la tourmente quand une mystérieuse amie de la femme s'invite chez eux.
Elle supporte tant bien que mal un mariage fissuré et une fille droguée à la méthamphétamine. Ça devrait être explosif, mais au lieu de ça, c’est plat. L’ennui s’installe dès le deuxième épisode, et ne lâche plus jusqu’au vingtième. Et puis il y a Sonia, la fameuse invitée. Elle arrive un soir pluvieux, entre dans la vie du couple comme un grain de sable dans une machine déjà rouillée, et s’installe pour longtemps. Son objectif est clair : se venger et détruire la famille. Tout est fait pour la rendre fascinante, imprévisible, dangereuse. Pourtant, elle finit par ressembler à une caricature. Ses manipulations se répètent, ses coups de théâtre se ressemblent, et sa présence devient plus fatigante qu’inquiétante.
On la voit arriver avec ses combines, et on devine immédiatement comment tout va tourner. Le vrai problème de cette série, c’est son format. Vingt épisodes de 45 minutes pour raconter une histoire qui tiendrait largement dans huit. C’est comme si les scénaristes avaient pris une intrigue de base et décidé de la gonfler à coups de scènes inutiles. Chaque révélation est étirée jusqu’au ridicule, chaque conflit traîne sur des heures, et on finit par regarder l’horloge en espérant que ça avance. Au bout d’un moment, j’ai compris que le seul moyen d’apprécier la série, c’était de la laisser tourner en arrière-plan. Parfaite pour repasser, faire le ménage ou préparer un plat qui demande des heures de cuisson.
On peut quitter la pièce, revenir, et comprendre immédiatement ce qu’il se passe. Un exploit, mais pas vraiment celui qu’on attend d’un thriller psychologique. Silvia est censée incarner la femme courageuse, déchirée entre sa famille et son besoin de vérité. Sauf qu’elle ferme les yeux sur absolument tout, et finit par devenir insupportable. Lorenzo, son mari, se veut protecteur mais passe surtout son temps à sauver sa carrière. Quant à Sonia, elle devait être l’atout mystérieux de l’histoire. Elle se transforme vite en machine à intrigues bancales, aussi crédible qu’un méchant de telenovela. Il est impossible de s’attacher à l’un d’eux. Tous passent leur temps à prendre les pires décisions possibles, comme si leur mission était de frustrer le spectateur.
Les “twists” promis par la série se résument à des disputes, des mensonges et des secrets éventés depuis longtemps. Les dialogues veulent créer du suspense, mais tout tombe à plat. Les épisodes avancent au ralenti, et les retournements deviennent prévisibles dès leur amorce. À force, on se surprend à deviner les scènes à l’avance, comme si on lisait un manuel de soap. Le dernier épisode tente un grand baroud d’honneur. Des armes, des flammes, des secrets qui explosent les uns après les autres. Tout part dans tous les sens, comme si la série cherchait à compenser des heures d’ennui par une avalanche de drame. Mais l’effet est raté. Plutôt que d’être surpris, j’ai juste ressenti un soulagement : c’était terminé.
Je ne vais pas tirer sur l’ambulance sans nuance : les comédiens ne sont pas à blâmer. Carmen Villalobos met de l’intensité dans Sonia, Laura Londoño donne de la crédibilité à Silvia, Jason Day fait ce qu’il peut avec Lorenzo. Le problème n’est pas leur jeu, mais les personnages eux-mêmes. Mal écrits, incohérents, enfermés dans une boucle de décisions absurdes, ils empêchent toute vraie immersion. Après vingt épisodes, le constat est simple : L’Invitée n’est pas une série à regarder, mais une série à subir en arrière-plan. Elle ne captive pas, mais elle meuble. Elle ne surprend pas, mais elle berce. C’est une bande-son idéale pour plier du linge ou nettoyer la cuisine.
Une série conçue malgré elle comme un accessoire de la vie quotidienne, plus qu’un divertissement digne de ce nom. Je ne m’attendais pas à une révolution, mais j’espérais au moins un thriller qui tienne debout. Ce que j’ai eu, c’est une longue répétition, une succession de scènes interchangeables et des personnages plus exaspérants que touchants. L’Invitée ne réussit même pas à devenir un guilty pleasure. C’est juste un mélodrame interminable, qui se prend au sérieux alors qu’il aurait mieux valu assumer le côté soap totalement décomplexé.
Note : 2/10. En bref, si quelqu’un cherche une série qui ne demande aucune attention, qui s’étire comme un chewing-gum et qui peut accompagner trois lessives d’affilée, L’Invitée est parfaite. Pour le reste, mieux vaut économiser vingt précieuses heures de sa vie.
Disponible sur Netflix
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