Critique Ciné : Falcon Express (2025)

Critique Ciné : Falcon Express (2025)

Falcon Express // De Benoît Daffis, Jean-Christian Tassy. Avec la voix de Damien Ferrette, Herve Jolly, Kaycie Chase.

 

L’animation française continue de chercher sa place dans le paysage du divertissement familial, et Falcon Express arrive justement à un moment où ce cinéma-là montre une vraie envie d’action et d’audace. J’ai découvert ce film comme un spectateur qui aime le cinéma de genre autant que les histoires animées capables de dépasser le simple divertissement. Et à ma grande surprise, ce trajet ferroviaire signé par le studio toulousain TAT a un charme particulier, même si tout ne roule pas toujours parfaitement. Le point de départ est limpide : un train incontrôlable lancé à pleine vitesse, une bande d’animaux complètement dépassés, et un méchant décidé à faire payer au monde entier ses rancœurs. 

 

Des animaux de compagnie, piégés dans un train lancé à toute allure, vont devoir déjouer les plans de Hans, un blaireau rancunier en quête de vengeance. Alors que le crash semble inévitable, les animaux peuvent compter sur Falcon, un raton-laveur filou et débrouillard, prêt à tout pour les sauver !

 

Ce cadre rappelle beaucoup de classiques de l’action ferroviaire. Mais au lieu de mettre en scène des humains, Falcon Express préfère un casting animalier riche et varié. Au cœur de ce chaos sur rails, Falcon, un raton-laveur débrouillard, se retrouve projeté dans un rôle de héros presque malgré lui. Ce personnage porte l’histoire grâce à un mélange de ruse, de maladresse et de courage. Il s’éloigne du cliché du héros parfait, ce qui le rend plutôt plaisant à suivre. Son passé de voleur qui s’attaque aux riches ajoute même une petite nuance morale. Autour de lui, la galerie de personnages s’accumule wagon après wagon. Certains sont très attachants, comme l’ocelot passionnée de technologie ou le duo de lapins hippies qui apportent une douceur inattendue. 

 

D’autres jouent davantage sur l’excentricité, parfois au point de devenir fatigants, notamment le chihuahua anxieux qui passe beaucoup de temps à hurler. Ce mélange crée un ensemble hétérogène qui donne du rythme, mais qui laisse aussi une impression un peu brouillonne par moments. Ce qui m’a frappé dans Falcon Express, c’est à quel point le film assume pleinement son identité d’action à l’ancienne. Les références aux années vidéoclub sautent aux yeux : du cinéma musclé des 80’s aux thrillers ferroviaires des années 90, les clins d’œil se succèdent. Les réalisateurs semblent s’être amusés à piocher dans leurs influences, et même si certaines références sont très visibles, l’ensemble garde une énergie agréable.

 

Le film multiplie les séquences tendues : chutes de wagons, incendies, combats acrobatiques, tentatives désespérées pour ralentir la machine… Je m’attendais à quelques temps morts, mais l’histoire garde un rythme constant. Pour un jeune public, c’est l’assurance de ne pas décrocher. Pour un adulte, ce rythme soutenu peut parfois laisser peu de place à la respiration ou à la construction émotionnelle. La mise en scène bénéficie d’une animation fluide et de décors bien pensés. Le train est le véritable décor principal, et le fait de rester dans ce cadre unique tout au long du film demande une vraie créativité. 

 

À ce niveau, le studio TAT délivre un travail solide, même si certaines expressions faciales manquent de finesse, ce qui peut légèrement nuire à l’attachement aux personnages. Falcon Express tente de concilier humour pour enfants et références pour adultes. Cette volonté de plaire à tout le monde crée parfois un décalage : certains gags très visuels fonctionnent immédiatement, d’autres prennent appui sur des codes que les plus jeunes ne saisiront pas. Mon ressenti reste mitigé sur l’aspect comique. Certaines blagues tombent à plat, notamment celles trop soulignées ou répétées. À l’inverse, quelques répliques bien placées ou des décalages inattendus entre les personnages apportent de vrais sourires. 

 

L’humour repose beaucoup sur les personnalités très marquées des animaux, ce qui permet des scènes efficaces, mais aussi quelques excès. Le film glisse aussi quelques réflexions sur les inégalités, la célébrité ou encore le poids des apparences. Rien de trop appuyé, et c’est plutôt appréciable. Le message existe, mais ne cherche pas à voler la vedette à l’action. L’opposition entre les animaux privilégiés enfermés dans des cages et les marginaux libres dans les autres wagons évoque une forme de critique sociale assez actuelle, sans basculer dans le discours moralisateur. Falcon Express n’a pas la prétention de révolutionner le cinéma d’animation. 

 

Le scénario reste prévisible, certains rebondissements sont attendus et l’influence des grands films d’action manque parfois de subtilité. Pourtant, malgré ces limites, le film dégage une vraie générosité de mise en scène. L’équipe semble motivée par l’envie simple de raconter une histoire de train fou avec du cœur et beaucoup de mouvement. La dernière partie, construite comme un affrontement final entre Falcon et Hans, assume complètement un côté rock et débridé. À ce moment du film, j’ai apprécié l’énergie et le plaisir évident que les créateurs ont mis dans cette séquence. Rien de révolutionnaire, mais une conclusion qui fonctionne. Falcon Express ne coche pas toutes les cases, mais il possède une sincérité qui se ressent. 

 

L’aventure manque parfois de nuance et certains personnages auraient mérité un traitement plus subtil. Cependant, l’ensemble reste plaisant, rythmé et accessible. Pour un public jeune, c’est un divertissement efficace. Pour un adulte, c’est l’occasion de retrouver l’esprit des films d’action d’autrefois, revisité par une animation française qui continue d’avancer. Falcon Express ne déraille pas totalement, même s’il tangue parfois. Et au final, ce trajet mérite d’être vécu.

 

Note : 5.5/10. En bref, Falcon Express ne coche pas toutes les cases, mais il possède une sincérité qui se ressent. L’aventure manque parfois de nuance et certains personnages auraient mérité un traitement plus subtil. Cependant, l’ensemble reste plaisant, rythmé et accessible. 

Sorti le 2 juillet 2025 au cinéma - Disponible en VOD

 

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G
coucou toi<br /> bien pour ton article<br /> je vais aller voir ca :OP<br /> bonne apres midi
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