12 Décembre 2025
Elsbeth // Saison 3. Episode 9. Glamazons.
Après un épisode 8 qui m’avait laissée un peu perplexe, Elsbeth revient avec « Glamazons », un chapitre qui mise sur une ambiance très différente : celle des années 90 revisitées à coups de glamour fatigué, de vieilles rivalités et de comptes jamais vraiment réglés. L’idée était prometteuse, surtout après les épisodes où la série avait déjà montré sa capacité à utiliser le passé comme moteur dramatique – je pense notamment à « Basket Case » et à sa manière d’utiliser la nostalgie sportive, ou même à certains moments de la saison 2 où les fantômes des décisions passées d’Elsbeth revenaient l’ébranler. Ici, le passé des Glamazons sert de décor mais aussi d’arme. Et ce n’est pas toujours confortable.
L’intrigue repose en grande partie sur Tiff, ancienne mannequin marquée physiquement et mentalement par une agression jamais résolue. Sa réapparition n’a rien du simple effet nostalgique : c’est un retour chargé de griefs, de méfiance et d’une colère qui n’a jamais vraiment diminué. Contrairement à d’autres antagonistes que la série aime caricaturer, Tiff est plus sombre, plus en retenue, presque dangereusement rationnelle dans sa manière de réécrire les événements. Là où l’épisode 8 affichait une méchante volontairement outrancière, ici la série prend un virage plus émotionnel. Le contraste m’a frappée, justement parce qu’il fonctionne mieux : le comportement de Tiff n’est pas présenté comme un caprice mais comme la conséquence logique d’une vie déviée.
J’ai retrouvé dans cet épisode un écho à ce que la série avait tenté de faire dans l’affaire Rod Bedford de la saison 2, où l’on voyait comment une souffrance jamais adressée pouvait dériver en acte criminel. Dans « Glamazons », Tiff n’est pas excusée, mais elle est compréhensible, et cela change la manière dont on reçoit le déroulé de l’enquête. Comme souvent dans Elsbeth, l’épisode tente une critique amusée d’un univers très codifié – ici, la mode, ses contradictions, ses discours de façade, et ses efforts maladroits pour paraître progressiste. Mais là où la série réussit parfois des satires fines, « Glamazons » tape parfois un peu trop dans l’exagération.
Les piques sur les habitudes alimentaires, les trois jeunes mannequins réduites à des silhouettes naïves et les remarques sur leur origine produisent un humour bancal. La série nous a habitués à mieux, notamment dans les épisodes où elle jouait sur les clichés sans les reprendre littéralement. Pour le coup, j’ai trouvé que l’écriture s’éloignait de la finesse qu’elle avait dans ses meilleurs moments. Même les scènes censées montrer la superficialité du milieu manquent de cette nuance légère qu’on a déjà vue dans « Doll Day Afternoon », où la critique sociale était glissée avec plus de naturel. Cela n’empêche pas certaines scènes de fonctionner, notamment lorsque l’épisode montre comment le milieu instrumentalise le discours féministe.
Maddie et sa marque « Sheroes » résument assez bien ce phénomène : beaucoup d’images, peu de substance. Ce thème aurait mérité plus de place, car il touche un point sensible et souvent bien observé par la série. Même si la satire vacille, le volet enquête reste solide. Tiff élabore un plan précis, s’appuie sur les failles du couple Maddie–TJ et joue sur l’image du mari agaçant mais pas dangereux. Là encore, on sent un parallèle avec l’épisode 7 de la saison : un personnage que l’on juge trop vite, mais qui porte finalement un passé moins propre que prévu, sans pour autant être le meurtrier. Ce que j’ai surtout aimé ici, c’est la manière dont l’épisode introduit le doute.
Tiff tient un discours qui paraît presque logique, au point qu’on pourrait la croire si l’on oubliait la méthode. Et c’est là qu’Elsbeth entre en scène comme elle le fait le mieux : en repérant le détail qui déraille. L’objet déclencheur – le petit morceau de métal que les bartenders gardent machinalement – est un choix assez malin. Ce n’est pas un rebondissement spectaculaire, mais un geste du quotidien, exactement le genre d’indice qu’Elsbeth sait magnifier. J’ai particulièrement apprécié la place accordée à l’équipe, notamment à Hackett. Sa représentation en scène ouverte, et surtout la manière dont le groupe la soutient, donnent une respiration bienvenue.
Cette solidarité un peu improvisée, déjà présente dans d’autres épisodes, confirme que la série installe doucement une dynamique familiale. Dans un épisode où la rivalité féminine est omniprésente, voir ces personnages s’écouter, se soutenir et rire ensemble donne un contraste intéressant. Et puis, cela rappelle quelque chose que la série réussit depuis le début : montrer que le travail d’Elsbeth s’appuie aussi sur une atmosphère humaine. « Glamazons » n’est pas l’épisode le plus homogène de la saison. Sa critique du milieu de la mode est parfois trop caricaturale, et certains gags n’atterrissent pas.
Mais l’intrigue autour de Tiff offre un vrai fil émotionnel, et l’enquête retrouve une précision qui me manquait la semaine précédente. C’est un épisode qui montre mieux les cicatrices que les paillettes, et qui rappelle que la série est souvent plus forte quand elle explore le passé de ses personnages que lorsqu’elle joue uniquement sur le ton satirique.
Note : 7/10. En bref, « Glamazons » n’est pas l’épisode le plus homogène de la saison. Sa critique du milieu de la mode est parfois trop caricaturale, et certains gags n’atterrissent pas. Mais l’intrigue autour de Tiff offre un vrai fil émotionnel, et l’enquête retrouve une précision qui me manquait la semaine précédente.
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