4 Décembre 2025
My Secret Santa // De Mike Rohl. Avec Alexandra Breckenridge, Ryan Eggold et Madison MacIsaac.
Chaque année, dès que décembre pointe le bout de son nez, une vague de films de Noël déferle comme si le monde allait manquer de guirlandes. Et dans cette avalanche de productions interchangeables, My Secret Santa s’ajoute à la pile sans vraiment chercher à s’en démarquer. J’ai lancé le film en espérant au moins un petit twist ou un souffle nouveau, mais très vite j’ai compris que j’allais traverser un terrain déjà piétiné. Pire : un terrain épuisé depuis longtemps. L’histoire tourne autour de Taylor, une mère célibataire qui travaille dans une boulangerie et qui a eu jadis une carrière dans la musique. Ce passé de chanteuse aurait pu donner des scènes touchantes ou un lien intéressant avec sa situation actuelle, mais le film n’en fait quasiment rien.
Une mère célibataire cherche un emploi. Une station de ski cherche un père Noël. Déguisée pour la circonstance, Taylor pourra-t-elle convaincre un bel héritier de l'embaucher ?
Au lieu de ça, Taylor accumule les galères : loyer impayé, propriétaire insupportable, perte de boulot et une fille qui rêve de rejoindre une école de snowboard, avec en prime la demande d’une planche comme cadeau. On sent bien que le film veut que je m’attache à Taylor, mais il ne lui donne jamais la profondeur qui ferait la différence. Pour assurer l’inscription de sa fille dans l’académie, Taylor accepte finalement un travail de Père Noël dans un resort de ski. Et c’est là que My Secret Santa tente son gros concept : le fameux double-jeu façon Mrs. Doubtfire. Le genre de mécanique où le personnage doit jongler entre identité normale et rôle déguisé, multipliant les quiproquos. Tout est là sur le papier, mais rien ne s’envole vraiment.
La romance, évidemment obligatoire dans ce type de film, débarque comme un cahier des charges qu’il fallait remplir avant la date limite. Un homme tombe sous le charme de Taylor, mais elle refuse d’y penser, noyée dans ses soucis et ses responsabilités. C’est prévisible, réglé au millimètre, et sans une once d’étincelle. Je ne dis pas qu’un film de Noël doit révolutionner la romance, mais un minimum d’alchimie aurait fait du bien. Le plus gros problème, c’est que le scénario ne propose rien qui puisse surprendre. Je savais dès les dix premières minutes ce qui m’attendait, et le film n’a jamais cherché à contredire cette impression. À force de recycler les mêmes ficelles, My Secret Santa devient une sorte de compilation de clichés flottant dans un décor enneigé.
Et pas question d’espoir : rien ne vient dynamiser l’ensemble. C’est prévisible du début à la fin, sans même un petit moment de folie ou une touche d’autodérision. Ce manque d’originalité entraîne une conséquence assez brutale : l’ennui. Pas celui qui s’installe doucement, non. Celui qui arrive en plein milieu d’une scène où je sais exactement ce qui va se passer avant même que quelqu’un ouvre la bouche. Pourquoi continuer dans ces conditions ? Le film ne se donne jamais les moyens d’aller plus loin que sa formule de base. Du coup, je regarde, mais je décroche rapidement. L’interprétation n’aide pas. Taylor, notamment, navigue dans une palette de réactions qui semblent toutes trop forcées.
J’ai eu l’impression qu’elle jouait chaque situation comme si elle devait compenser quelque chose, mais ça tire l’ensemble vers un surjeu fatigant. Les autres personnages ne rattrapent pas vraiment le tir : certains seconds rôles sont tellement appuyés qu’ils frôlent la caricature. Peut-être que c’était volontaire, peut-être pas, mais dans tous les cas ça ne marche pas. La sincérité, dans un film de Noël, c’est essentiel. Ici, elle se perd dans des réactions qui sonnent faux. La mise en scène de Mike Rohl (réalisateur de la franchise La Princesse de Chicago pour Netflix) reste correcte, mais elle ne fait jamais plus que le minimum. C’est du Hallmark transposé sur Netflix : propre, un peu trop lisse, jamais audacieux, jamais drôle, jamais vraiment chaleureux non plus.
L'esprit des fêtes existe dans le décor, mais pas dans les émotions. Je ne me suis pas senti plongé dans une ambiance de Noël, juste dans une imitation prévue pour occuper l’espace. Le rythme accentue encore ce ressenti. Autant le dire clairement : c’est lent. Lorsque le film montre la chute de Taylor, tout s’enchaîne vite, presque trop. Puis tout retombe, et je me retrouve dans un enchaînement de scènes qui tirent sur la corde, comme si le film ne savait pas comment remplir ses minutes. C’est plat, sans tension, sans dynamique. Même les moments qui devraient être drôles restent lointains. On sent presque un décalage entre ce que la scène essaie de provoquer et ce que je ressens réellement.
Il y a aussi un détail scénaristique qui m’a laissé perplexe : un avantage accordé à la fille, basé sur un mensonge de la mère concernant son emploi. Le film ne semble jamais totalement savoir quoi faire de ce point, ni comment en tirer quelque chose de cohérent. Ça flotte dans le vide, sans vrai impact. La romance, je l’ai dit, n’est pas envahissante, ce qui est presque un soulagement. Mais elle manque d’intérêt. L’angle avec l’assistante du directeur, lui, ne sert à rien. On croit d’abord qu'il va créer une tension ou un obstacle amusant, mais finalement il n’apporte ni humour ni drame. Il est là, puis disparaît mentalement avant même de quitter l’écran. Et c’est bien ça qui résume My Secret Santa. Tout semble installé mécaniquement, sans émotion réelle derrière.
Une histoire qui aurait pu jouer sur la légèreté, l’humour, le côté absurde du double-rôle, mais qui choisit au contraire de se prendre trop au sérieux. Résultat : un film sage, presque effacé, qui n’assume jamais son potentiel comique. À vouloir rester “gentil” et accessible, il oublie d’être vivant. Je ne dirais pas que c’est honteux ou catastrophique. Le film se regarde si je n’ai rien d’autre à faire, mais une fois terminé, il s’efface immédiatement. Pas d’image marquante, pas de scène mémorable, pas de moment où j’ai vraiment souri. Je suis sorti de là avec l’impression d’avoir coché une case, pas d’avoir vécu un instant de Noël.
Au final, My Secret Santa fait partie de ces films qui remplissent juste le catalogue. Il est regardable, parfois mignon dans l’idée, mais il ne laisse aucune trace. Si je cherche un vrai film de Noël qui me met dans l’ambiance, je me tournerai vers un classique. Celui-ci, je ne le relancerai pas. Et je doute que quelqu’un en garde un souvenir solide. C’est un film de saison, sans relief, sans âme, qui passe comme un flocon avant de fondre.
Note : 3/10. En bref, quand Netflix recycle encore un Noël déjà vu. My Secret Santa fait partie de ces films qui remplissent juste le catalogue. Il est regardable, parfois mignon dans l’idée, mais il ne laisse aucune trace.
Sorti le 3 décembre 2025 directement sur Netflix
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog