4 Décembre 2025
NCIS: Origins // Saison 2. Episode 7. Crazy Little Thing Called Love.
Cet épisode 7 de la saison 2, « Crazy Little Thing Called Love », s’inscrit dans un fil conducteur que la série travaille depuis plusieurs semaines : la question de l’identité, de ce que l’on montre, et surtout de ce que l’on tait pour continuer à avancer. Après un épisode 6 qui mettait Randy face à ses propres contradictions, c’est au tour de Cliff Wheeler d’occuper le cœur de l’histoire. Et même si la série ne cherche pas à créer un choc particulier, elle met en lumière une réalité qui n’a rien d’anodin, surtout dans le contexte du début des années 90. On savait déjà que Wheeler était un personnage complexe, coincé entre ce qu’il ressent et ce que son environnement lui impose. Mais ici, cette tension devient centrale.
L’épisode montre un homme qui a passé des années à se modeler pour entrer dans les cases, à répondre à ce que l’armée, ses collègues, sa famille ou même la société attendent de lui. Il a grandi avec cette idée que la seule manière de survivre était de se conformer. Et au fil des scènes, on comprend que cette façade n’a jamais été confortable pour lui. Ce n’est pas un personnage héroïque ou tragique : c’est juste quelqu’un qui n’a jamais vraiment eu la possibilité d’être lui-même. Et ce thème-là, la série l’aborde de manière assez directe sans en rajouter, ce que je trouve juste. Ce que j’ai trouvé le plus marquant, c’est la manière dont l’épisode illustre la solitude de Wheeler.
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Pas une solitude spectaculaire, mais celle qui se glisse dans les interstices : personne ne demande vraiment comment il va, on attend de lui qu’il fasse le travail, qu’il soit solide, qu’il ne manque à rien. Et cette absence de regard réel sur lui explique pourquoi sa relation avec Noah compte autant. Il ne s’agit pas d’un grand amour romanesque : c’est simplement quelqu’un qui, pour une fois, le voit comme un être humain et non comme un rouage de l’institution. La scène où Wheeler réalise qu’il n’a plus l’alibi de son mariage, et donc plus de mur pour se cacher, résume bien cette situation. Il n’est pas dévasté parce qu’une union prend fin. Il réalise surtout qu’il n’a plus de place où ranger sa vérité, et que le masque qu’il portait n’a plus d’utilité.
C’est une forme d’épreuve que la série traite avec nuance. Comme dans les épisodes précédents, Mary Jo occupe une position assez unique dans l’équipe. C’est elle qui comprend en premier, qui devine ce que Wheeler cache, et qui choisit de ne pas le laisser s’enfoncer davantage. Elle n’a pas de discours grandiloquent ni de geste spectaculaire : elle fait ce qu’elle fait toujours, elle protège. Non pas au sens de couvrir quelqu’un, mais en créant un espace où l’autre peut respirer un peu. L’épisode 6 révélait déjà sa sensibilité aux fractures invisibles des gens. Ici, elle applique ce même regard sur Wheeler. Et ce lien, fait d’écoute et d’une forme de douceur discrète, donne du relief à l’histoire.
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On sent même que ça coûte parfois à Mary Jo de porter les états d’âme des autres, mais elle le fait avec honnêteté. L’autre pan de l’épisode suit Gibbs et Diane. Même si leur relation est traitée avec respect, elle donne l’impression d’être un détour. On sait déjà — et la série l’assume — que Diane ne sera pas une figure centrale dans le parcours du Gibbs adulte. Cela ne rend pas leurs scènes inutiles, mais elles semblent pointer vers une vérité simple : Gibbs cherche encore un point d’ancrage, et cette relation n’en sera probablement pas un. Comparé à l’importance que prend Lala dans la construction émotionnelle de Gibbs, Diane apparaît plutôt comme une pause dans son évolution.
Et cette impression renforce l’idée que la série nous prépare à quelque chose de plus important la concernant. L’épisode aborde aussi la situation de Lala, et la manière dont elle navigue entre deux perceptions : celle de ses collègues qui la traitent parfois comme l’une des leurs au point d’en oublier son identité de femme, et celle où, au contraire, sa féminité devient un prétexte pour la surprotéger. On avait déjà vu sa solitude dans l’épisode 6, notamment à travers sa peur de perdre Vera. Ici, cela se renforce : sa place dans l’équipe n’est pas remise en question, mais elle doit constamment composer avec des comportements qui, sans être mal intentionnés, finissent par la fatiguer.
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C’est subtil, mais c’est cohérent avec ce que la série construit autour d’elle depuis le début de la saison. L’épisode 7 ne cherche pas à régler quoi que ce soit : Wheeler n’est pas soudain libéré de tout, Lala n’a pas résolu ses tensions, Gibbs ne sait pas encore vraiment ce qu’il veut. La série prend le temps de montrer les choses telles qu’elles sont, parfois maladroites, parfois douloureuses, souvent silencieuses. Et c’est justement cette continuité avec les épisodes précédents qui rend cet opus intéressant : chacun avance à son rythme, parfois d’un pas de côté, parfois en trébuchant. Mais on sent que les événements de ces derniers épisodes, notamment ceux de Randy et maintenant de Wheeler, poussent l’équipe à se regarder autrement.
Note : 6.5/10. En bref, la série prend le temps de montrer les choses telles qu’elles sont, parfois maladroites, parfois douloureuses, souvent silencieuses. Et c’est justement cette continuité avec les épisodes précédents qui rend cet opus intéressant.
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