Critique Ciné : Apex (2026, Netflix)

Critique Ciné : Apex (2026, Netflix)

Apex // De Baltasar Kormákur. Avec Charlize Theron, Taron Egerton et Eric Bana.

 

Si vous cherchez le film d'action avec Bruce Willis sorti il y a quelques années tourné dans le jardin du producteur Saban Films, vous faites fausse route. Cet Apex cuvée 2026 nous emmène ailleurs, dans une Australie sauvage et impitoyable. Le pitch est simple, presque brut : un face-à-face entre une proie et son chasseur au milieu de nulle part. C’est le genre de scénario qui, sur le papier, promet toujours une bonne dose d’adrénaline, surtout quand on aime voir l'humain poussé dans ses derniers retranchements face à une nature hostile. 

 

Alors qu'elle teste ses limites en solo dans la nature sauvage australienne, une femme en deuil se retrouve prise au piège d'un jeu tordu avec un tueur qui a fait d'elle sa proie.

 

L'histoire nous présente Sasha, une passionnée de sports extrêmes qui a besoin de s'isoler après un drame personnel. Elle choisit l'Australie pour se reconstruire, un décor qui devient rapidement le personnage principal du film. On traverse des forêts denses, on grimpe des falaises vertigineuses et on longe des rivières isolées. Le réalisateur prend vraiment le temps de poser ce cadre, et visuellement, c’est une claque. On ressent la chaleur, l'humidité et surtout cette solitude pesante qui précède le danger. Le basculement arrive quand Sasha croise la route de Ben. Ce qui devait être une rando introspective se transforme en cauchemar : Ben décide de la chasser comme un trophée. 

 

Dès cet instant, le film se transforme en une course-poursuite sans fin. La structure est dépouillée, presque minimaliste, misant tout sur la tension de la traque. Charlize Theron porte le film sur ses épaules. Elle incarne une survivante crédible, loin des clichés de l'héroïne invincible. On sent l'effort physique, la douleur des chutes et la fatigue qui s'installe. Ses scènes d'escalade sont particulièrement réussies et apportent un réalisme bienvenu. Elle n'est pas juste là pour subir ; elle utilise son intelligence et sa connaissance de la survie pour répondre aux attaques. En face, Taron Egerton surprend dans un rôle d'antagoniste instable. Il joue un chasseur qui semble s'amuser de la situation, ce qui rend ses intentions encore plus floues et inquiétantes au début.

 

 La menace qu'il dégage fonctionne bien dans la première partie du film, créant un climat de paranoïa efficace. Pourtant, malgré ce duo solide, le film finit par bégayer. Une fois que la dynamique de chasse est en place, on a l'impression que le scénario a dit tout ce qu'il avait à dire. Les confrontations s'enchaînent mais finissent par toutes se ressembler un peu. Le rythme en pâtit : entre deux pics de tension, le film s'offre des respirations qui, malheureusement, ne servent pas à grand-plan chose. Ces moments calmes auraient pu nous permettre de mieux comprendre ce qui anime Sasha ou d'épaissir le mystère autour de Ben, mais le traitement reste trop superficiel pour qu'on s'attache vraiment à eux.

 

Même le passé de Sasha, qui est censé être le moteur de son voyage, est expédié de manière assez convenue. On comprend l'idée, mais ça manque de relief pour que l'enjeu émotionnel dépasse le simple instinct de survie. Quant à Ben, il reste cantonné à son rôle de méchant de service sans que ses motivations ne soient réellement explorées. C’est dommage, car il y avait de la place pour faire de ce duel quelque chose de plus psychologique. On ne peut pas nier que le film a de la gueule. La mise en scène magnifie les paysages australiens, utilisant chaque rocher et chaque cours d'eau comme un obstacle ou un outil de défense. 

 

On sent l'influence des grands classiques du survival, mais Apex se contente de suivre les sentiers balisés sans jamais tenter un hors-piste. Tout est très prévisible : on devine souvent les rebondissements dix minutes avant qu’ils n’arrivent. La conclusion ne vient pas bousculer ce constat. Le film choisit la sécurité là où un peu d'audace ou un twist bien placé aurait pu transformer ce thriller en une œuvre mémorable. On reste sur un sentiment de "travail bien fait" mais sans l'étincelle qui fait la différence. Au final, Apex (2026) est un divertissement honnête. Si vous aimez les grands espaces, les personnages qui en bavent et les tensions primales, vous passerez un moment sympa devant votre écran. 

 

Note : 5/10. En bref, c’est beau, c’est bien joué et certaines séquences de survie valent vraiment le détour. Mais il faut accepter l'idée que le film ne révolutionnera pas le genre et qu'il s'oublie aussi vite qu'il s'est regardé. Un survival efficace, mais un peu trop sage pour son propre bien.

Sorti le 24 avril 2026 directement sur Netflix

 

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