Critiques Séries : Criminal Record. Saison 2. Episode 2.

Critiques Séries : Criminal Record. Saison 2. Episode 2.

Criminal Record // Saison 2. Episode 2. #2.2.

 

Après un démarrage en trombe qui nous avait laissé les nerfs à vif, ce deuxième épisode de la saison 2 de Criminal Record choisit de lever un peu le pied sur l'action pure pour mieux creuser les zones d'ombre. Si le premier chapitre était celui du choc, celui-ci est celui des conséquences. On quitte l'urgence du drame immédiat pour entrer dans une phase plus stratégique, où chaque décision semble peser une tonne. L’intrigue reprend pile là où on s'était arrêtés. Billy Fielding est désormais au centre de l'attention policière, mais rien n'est simple. Très vite, on sent que l’enquête glisse vers quelque chose de plus opaque. 

 

Daniel Hegarty, toujours aussi magnifiquement campé par un Peter Capaldi impénétrable, commence à tirer les ficelles dans son coin. Il court-circuite les procédures, garde ses cartes près de la poitrine et laisse planer ce sentiment désagréable qu'il joue sa propre partition, même face à ses collègues. Pour June Lenker, la situation devient vite invivable. Elle se retrouve à naviguer à vue, consciente qu'Hegarty lui cache la moitié des dossiers. Leur duo, déjà basé sur une méfiance historique, prend ici une tournure encore plus fragile. On sent que leur collaboration ne tient qu'à un fil, uniquement soudée par la nécessité de l'enquête, mais sans aucune base de confiance réelle. 

C’est là que la série brille : dans cette tension permanente entre deux visions du métier qui s'entrechoquent. L’épisode passe aussi à la vitesse supérieure en nous présentant plus concrètement Cosmo Thompson. On ne parle plus seulement d'un simple fait divers ou d'un meurtre isolé. Avec Cosmo, on bascule dans le grand banditisme, le trafic d'armes et les réseaux radicaux. L'histoire de ces explosifs volés fait monter la pression d'un cran. Ce qui n'était qu'une bavure ou un drame de quartier se transforme en une menace de plus grande ampleur, potentiellement terroriste. C'est ici que le dilemme moral explose. Hegarty propose un marché risqué : utiliser Billy comme infiltré pour atteindre Cosmo plutôt que de le renvoyer derrière les barreaux. 

 

C’est le vieux débat de la fin qui justifie les moyens. Est-ce qu'on peut décemment libérer un coupable pour en attraper un plus gros ? Pour June, c'est un coup de poignard dans ses principes. Elle qui croit fermement aux règles se retrouve à devoir valider un arrangement douteux. Ce qui est intéressant, c'est que June ne s'oppose pas frontalement par de grands discours héroïques. Son tiraillement est plus subtil, plus humain. Il passe par des regards fuyants et de longs silences. Elle finit par céder, non pas parce qu'elle est d'accord avec Hegarty, mais parce qu'elle veut désespérément des réponses pour le jeune Rohaan. Sa quête de justice est en train de la pousser à accepter des méthodes qu'elle aurait dénoncées quelques mois plus tôt.

En parallèle, on entre un peu plus dans l'intimité de June. Sa relation avec son fils bat de l'aile, et cette distance qui s'installe entre eux apporte une couche de vulnérabilité bienvenue. On voit une femme qui semble tout maîtriser sur une scène de crime mais qui perd totalement pied une fois rentrée chez elle. Ce contraste donne de l'épaisseur au personnage et évite d'en faire une "super-flic" déconnectée du réel. L’ambiance de cet épisode reste fidèle à l'ADN de la série : c'est tendu, mais sans forcément avoir besoin de coups de feu. Il y a cette scène dans l'immeuble, où un type du réseau cherche Billy, qui est un modèle de suspense. 

 

Pas de poursuite spectaculaire, juste de la tension pure basée sur la peur d'être découvert. C’est bien plus efficace que n'importe quelle explosion. Cosmo, de son côté, utilise les réseaux sociaux pour diffuser ses idées et contester les versions officielles. C'est un aspect très actuel qui permet à la série de parler de désinformation sans que ça paraisse forcé. On comprend que l'ennemi n'est pas seulement dans la rue, mais aussi dans les esprits. En envoyant Billy au casse-pipe pour cette infiltration, l'épisode pose les jalons de la suite de la saison. On sait maintenant vers quoi on va, mais on ignore totalement jusqu'où Hegarty est prêt à aller et si June pourra se regarder dans une glace à la fin de l'histoire. 

 

Note : 8/10. En bref, ce deuxième épisode construit une tension durable, qui s'installe sous la peau pour ne plus nous lâcher. C’est du polar solide, intelligent, qui prend son temps pour mieux nous piéger.

Disponible sur Apple TV

 

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