27 Mai 2026
Criminal Record // Saison 2. Episode 6. When the Music Stops.
On sort à peine du chaos de la semaine dernière, et autant dire que la série ne nous laisse pas vraiment respirer. Avec ce sixième épisode, la saison 2 de Criminal Record fait le choix de lever un peu le pied sur l’action pure pour appuyer là où ça fait mal : l'humain, les faux-semblants et la paranoïa générale. L'intrigue avance toujours sur ce fil rouge de la menace terroriste à Londres, mais ce qui scotche à l'écran cette fois, c'est de voir à quel point toutes les relations sont en train de cramer. Le titre de l'épisode ne ment pas, la confiance se fissure de tous les côtés, et le spectateur se retrouve au milieu des débris. Le premier gros soulagement, c'est de voir que JP a survécu à la bombe.
On a eu chaud. Mais la série est assez fine pour ne pas nous rejouer le coup du miracle héroïque à l'américaine. Le gars est dans un état lamentable sur son lit d'hôpital, et on comprend vite qu'il doit sa peau uniquement au fait que Marco Rivelli a pris le plus gros du souffle de l'explosion dans la figure. Le problème, c'est que la mort de Rivelli fout un bazar monstre dans l'enquête. C'était le seul lien direct avec le meurtre de Rohaan Hussain. En disparaissant, il laisse un immense point d’interrogation dans le dossier et prive l’équipe d’une carte maîtresse. À partir de là, c'est la guerre froide au commissariat. La cellule policière est complètement explosive.
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Le duo formé par June Lenker et Daniel Hegarty, qui ne tenait déjà que par un fil, est officiellement mort et enterré. June commence enfin à capter l’ampleur des mensonges autour de l'opération Samphire. De son côté, Hegarty joue les vieux briscards froids, persuadé que si la fin justifie les moyens, alors tout est permis, y compris piétiner la loi. C'est précisément cette écriture grise qui fait la force de la série. On n'a pas un gentil flic parfait contre un ripou caricatural. Hegarty est juste un homme obsédé par sa mission, persuadé qu'il est le seul rempart contre le terrorisme, quitte à sacrifier des vies ou à manipuler les témoins comme des pions. Pendant que son boss joue avec le feu, June devient la seule boussole morale du récit.
Elle creuse de son côté sur l'histoire de Billy, et sa petite enquête perso commence à porter ses fruits. En screenant les images de vidéosurveillance de sa prétendue évasion, elle réalise que la version officielle est un énorme tissu de mensonges. La scène fonctionne d'ailleurs super bien parce qu'elle évite le piège du twist spectaculaire. Tout passe par l'observation passive, par des détails visuels qui prouvent qu'Hegarty a tout orchestré en coulisses. Ce constat change totalement notre regard sur Billy. Depuis le début de la saison, on ne savait pas trop sur quel pied danser avec lui : un coup victime, un coup complice, toujours insaisissable.
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Cet épisode remet les pendules à l'heure et montre surtout un gamin paumé, totalement abandonné par le système. Cosmo Thompson le surveille comme le lait sur le feu, et la police s'en sert comme d'un vulgaire outil jetable. Quand Billy tente d'activer le signal d'alerte convenu avec les flics et que personne ne bouge pour venir le sortir de là, on comprend son immense sentiment de trahison. S'il continue de collaborer, ce n'est plus du tout par loyauté envers les flics, mais par pure culpabilité. Il veut juste réparer ses conneries avant que le ciel ne lui tombe sur la tête. En face, Cosmo Thompson est toujours aussi glaçant. Le mec n'a pas besoin de hurler ou de sortir des armes pour foutre les jetons.
Sa relation avec Billy devient de plus en plus toxique et flippante. Il souffle le chaud et le froid, passe d'une affection presque fraternelle à une suspicion maladive en un claquement de doigts. La séquence où il l'enferme dans une pièce le temps de vérifier si le couteau du meurtre a bougé installe un malaise pesant. On est en plein thriller psychologique, la pression monte doucement, et on sent que le moindre faux pas peut être fatal. Pour ne rien arranger, la vie perso de June prend elle aussi l'eau. Alors qu'elle vient de sauver la mise à JP, elle découvre au détour d'un couloir d'hôpital que le mec est fiancé. Le coup de massue. Là encore, la série fait le choix de la retenue.
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Pas de grands cris, pas de larmes surjouées. Juste un regard lourd de sens. On sent que June perd pied sur tous les tableaux. Professionnellement, elle bosse dans un nid de vipères. Personnellement, elle réalise qu'elle s'est fait de fausses idées. Cette solitude totale va pourtant agir comme un déclencheur : elle n'a plus rien à perdre, elle doit reprendre le contrôle de cette enquête, coûte que coûte. Le coup de théâtre arrive avec la suspension d'Hegarty. Mais même mis sur la touche, l'ombre du vieux flic plane toujours sur les bureaux. Une partie des troupes lui reste fidèle, et certains agents commencent même à regarder June de travers, comme si elle était la cause de tout ce bordel juste parce qu'elle a osé poser des questions.
C'est là que l'écriture est brillante : June a raison sur le plan légal et moral, mais son insistance risque de faire capoter une opération antiterroriste majeure. Hegarty est une ordure, mais il a peut-être raison sur l'imminence du danger. Qui faut-il suivre ? Le spectateur est aussi paumé que les personnages. Heureusement, le final de l'épisode vient secouer tout le monde et relancer l'urgence. Billy réussit à faire passer un message crucial à JP : une attaque massive est prévue pour le lendemain à Londres. En une fraction de seconde, le rythme change. Fini les filatures tranquilles et les analyses de vidéosurveillance. Le compte à rebours est lancé, alors même que l'équipe de police est plus divisée et brisée que jamais.
Note : 10/10. En bref, à seulement deux épisodes de la fin de la saison, Criminal Record réussit son pari. L'enquête est au bord du gouffre, mais la tension est à son maximum. Ce sixième chapitre prouve que les pires dégâts de cette affaire ne sont pas collatéraux, mais bien internes. Finalement, la menace terroriste passerait presque au second plan derrière ce canevas de trahisons, de secrets d'État et de choix destructeurs. On a hâte de voir comment tout ce beau monde va s'en sortir, ou finir de se détruire, dans la dernière ligne droite.
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