23 Avril 2026
The Boys // Saison 5. Episode 4. King of Hell.
On arrive doucement au milieu de cette ultime saison de The Boys, et après un démarrage qui essayait de poser les bases du grand final, ce quatrième épisode laisse un goût assez étrange. On s'attendait à ce que les choses s'accélèrent, mais la série a choisi de lever le pied. Le problème, c'est que ce ralentissement arrive à un moment où le spectateur a surtout envie de voir les enjeux exploser. On se retrouve face à un épisode de transition qui donne l'impression de faire du surplace. L’intrigue se concentre encore sur la recherche du composé V originel. Sur le papier, c’est l’arme ultime, le truc qui change tout pour la suite des événements.
Pourtant, l’histoire n’avance quasiment pas sur ce point. Les personnages passent le plus clair de leur temps à discuter, à se disputer ou à ressasser des vieux dossiers. Ces tensions internes au groupe de Butcher, on les connaît par cœur. Les voir tourner en rond une fois de plus finit par devenir un peu lassant, surtout quand on sait qu’il ne reste que quelques épisodes avant le point final. Du côté de Homelander, le constat est un peu le même. Sa transformation en figure quasi mystique continue de progresser, et son entourage est désormais totalement terrorisé. C’est cohérent avec le personnage, mais on a la sensation d’avoir déjà vu ces scènes dix fois.
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On assiste à une démonstration de force, à une mise en scène de son ego, mais le récit ne bouge pas d'un iota. Le discours stagne, et la tension, bien que présente, n’apporte rien de vraiment neuf à son arc narratif. L’évolution de Firecracker illustre parfaitement ce manque de profondeur. Elle est devenue une simple courroie de transmission, un outil de propagande pur et dur. C’est efficace pour critiquer les médias et la manipulation des masses, mais cela réduit le personnage à une seule fonction. Il n’y a plus vraiment de surprise ou de nuance dans son parcours, ce qui est dommage pour une figure qui aurait pu bousculer un peu plus la dynamique du groupe des Seven.
Pendant ce temps, les Boys semblent avoir perdu leur boussole. Les échanges entre Hughie, Butcher et les autres ressemblent à des redites. Les débats sur la morale, les sacrifices nécessaires et les méthodes à employer reviennent sur le tapis sans apporter de réponse concrète. On comprend l’idée de montrer un groupe sous pression, mais à ce stade de la compétition, on aurait préféré les voir agir plutôt que de les écouter débattre une fois de plus sur le bien et le mal. Le cœur de l’épisode nous emmène dans une expédition censée apporter des réponses cruciales. Malheureusement, le résultat est assez décevant.
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On se retrouve avec un schéma narratif très classique : un lieu clos qui exacerbe les tensions et pousse les personnages à bout. C’est un ressort que la série a déjà utilisé par le passé et qui semble ici un peu trop prévisible. Tout se déroule exactement comme on l’imagine, sans qu'un véritable choc ne vienne bousculer nos attentes. Le cas de Ryan reste aussi un mystère dans la gestion du rythme. Il apparaît, dit quelques mots, et repart dans l'ombre. On sent que son rôle est pivot pour la fin de la série, mais son arc narratif traîne en longueur. Les scènes avec Butcher sont répétitives et n’apportent pas la charge émotionnelle qu’on pourrait attendre d’une relation père-fils aussi complexe et explosive.
Heureusement, tout n’est pas à jeter. L’intrigue secondaire autour d’Annie sauve un peu les meubles. Sa confrontation avec son passé et sa famille permet d’explorer une facette plus humaine et vulnérable du personnage. C’est un moment de calme qui fait du bien au milieu du chaos habituel de la série. Même si cela arrive un peu tard dans la saison, cette parenthèse apporte une profondeur émotionnelle qui manque cruellement au reste de l’épisode. Ce déséquilibre entre les différentes intrigues rend l’ensemble assez décousu. On a d’un côté des scènes qui prennent le temps de développer les personnages, et de l’autre, des séquences qui semblent simplement là pour remplir le cahier des charges.
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Cette dispersion nuit à la cohérence du récit, et c'est d'autant plus flagrant qu'on approche de la fin. Ce qui frappe aussi, c’est le manque de conséquences réelles. Malgré les dangers et les menaces, les situations critiques se règlent trop facilement. La tension retombe vite, et on a l’impression que l’histoire avance avec le frein à main. Pour une saison finale, cette prudence est assez surprenante. On aimerait que les scénaristes prennent plus de risques et que les actions des personnages aient un véritable impact sur le monde qui les entoure. L’humour noir, marque de fabrique de The Boys, est toujours là, mais il tombe parfois à plat.
Certaines vannes fonctionnent, l’ironie est présente, mais cela ne suffit pas à masquer les faiblesses du scénario. Le ton balance entre la satire féroce et le drame pur sans jamais vraiment trouver son point d'équilibre dans cet épisode. Visuellement, la série reste fidèle à elle-même. La mise en scène est propre, l’ambiance est là, mais la forme ne peut pas tout rattraper. Quand le fond ne suit pas, même les plus belles images finissent par lasser. La conclusion de l’épisode n’offre pas non plus le déclic espéré. On quitte les personnages quasiment au même point où on les avait trouvés. C’est la définition même d’un épisode de transition : on prépare le terrain, on place les pions, mais on ne lance pas encore la partie.
Note : 4/10. En bref, ce quatrième épisode laisse un sentiment mitigé. Il y a de bonnes idées et quelques moments forts, mais l’ensemble manque de punch et de direction. Le récit prend son temps, sans doute un peu trop, et on commence à s'impatienter. Il va falloir que la suite passe la seconde rapidement pour relancer l’intérêt et nous offrir le final épique que la série mérite. Les ingrédients sont là, il ne reste plus qu'à les faire exploser.
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