16 Avril 2026
The Boys // Saison 5. Episode 3. Every One of You Sons of Bitches.
Cet épisode 3 de la saison 5 de The Boys souffle un peu le chaud et le froid. Après un démarrage en trombe, les scénaristes ont décidé de lever le pied pour se concentrer sur ce qui se passe dans la tête de nos super-héros (et de ceux qui essaient de les dégommer). C’est un choix audacieux pour une dernière saison, mais le résultat est parfois un peu décousu. On sent que l’histoire se met en place, brique par brique, quitte à ce qu’on s’ennuie un tout petit peu entre deux explosions de tripes. Le vrai clou du spectacle, c'est encore et toujours Homelander.
Le leader des Seven ne se contente plus de vouloir être aimé ou craint ; il est en train de passer dans une autre dimension. On n'est plus seulement face à un narcissique en costume moulant, mais face à un type qui commence à se voir comme une divinité. Cette dérive mystique donne lieu à des scènes franchement malaisantes où l'on voit sa santé mentale s'effriter en direct. Pourtant, ce qui le rend toujours aussi fascinant, c'est cette petite étincelle de fragilité qui ne le quitte jamais. Il a beau se prendre pour un dieu, il a toujours besoin que quelqu'un lui dise qu'il est le meilleur. Cette instabilité mentale explose littéralement lors de ses échanges avec son fils, Ryan.
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Leur confrontation est sans doute l'un des moments les plus forts de cet épisode. On sort du simple conflit père-fils pour entrer dans une lutte d'ego et de pouvoir. Ryan prend enfin de l'épaisseur et commence à comprendre que son père n'est pas juste un modèle un peu strict, mais une véritable bombe à retardement. Leur relation devient le pivot central de la saison, et on se demande bien qui de l'amour ou de la haine finira par l'emporter. Pendant ce temps, l'équipe de Butcher tourne un peu en rond. L'intrigue se focalise sur la recherche du fameux Composé V originel. Sur le papier, c'est une super idée pour faire monter la tension, mais dans les faits, ça ressemble un peu à une quête secondaire dans un jeu vidéo pour rallonger la durée de vie.
On nous ajoute une étape supplémentaire avant le grand final, ce qui peut être un brin frustrant quand on sait que la fin de la série approche à grands pas. On a envie que ça avance, que ça tape, mais le récit préfère prendre des chemins de traverse. Même le retour de Stan Edgar laisse un goût d'inachevé. On adore le revoir, surtout pour son calme olympien qui déstabilise n'importe quel Supe, mais ici, il sert surtout de GPS pour guider nos héros vers la suite. C'est efficace, certes, mais on aurait aimé que sa présence ait un impact plus viscéral sur l'histoire. C'est un peu le problème récurrent de cet épisode : on introduit des éléments géniaux, comme le personnage de Maverick, le fils d'un ancien des Seven, mais on ne fait que les effleurer.
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La rencontre avec Hughie aurait pu être un grand moment d'émotion sur le poids de l'héritage, mais elle est expédiée un peu trop vite. Heureusement, l'ADN de The Boys est toujours là pour sauver les meubles. L'humour noir est particulièrement bien dosé cette fois-ci. On navigue entre le rire nerveux et le pur dégoût, ce qui permet de digérer les longueurs du scénario. Les scènes absurdes fonctionnent à merveille et nous rappellent pourquoi on aime tant cette série : elle ose tout, même quand le rythme patine. Du côté de Butcher, c'est toujours la même chanson, mais jouée avec plus de mélancolie. Il manipule tout le monde, Ryan y compris, tout en essayant de se convaincre qu'il le fait pour la bonne cause.
On sent que le personnage arrive au bout de son propre système. Ses alliés, eux, essaient de garder le cap malgré des méthodes qui divergent de plus en plus. Cette cohésion de groupe qui craque de partout ajoute une couche de suspense bienvenue. On se demande à quel moment tout va imploser. L'épisode s'achève sur une note qui redonne un coup de boost à l'ensemble. La capture d'un personnage important et l'intervention des camps adverses nous rappellent que, malgré les discussions psychologiques, la guerre est bien réelle. On finit avec l'impression d'avoir assisté à un épisode de transition nécessaire, mais un peu frustrant.
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Les pions sont avancés, les enjeux sont clairs, mais on attend maintenant que la mèche soit enfin allumée pour de bon. Pour la suite, il faudra que la série retrouve son mordant et arrête de trop regarder dans le rétro si elle veut nous offrir le final épique qu'on mérite.
Note : 6/10. En bref, cet épisode de transition prend le temps d'explorer la dérive mystique de Homelander et sa relation explosive avec Ryan, offrant une profondeur psychologique fascinante malgré quelques longueurs narratives. Si l'intrigue autour du Composé V originel ralentit un peu le rythme global, l'humour noir et la tension constante maintiennent efficacement l'intérêt avant le grand final.
Disponible sur Amazon Prime Video
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