13 Mai 2026
The Boys // Saison 5. Episode 7. The Frenchman, the Female, and the Man Called Mother's Milk.
On arrive au bout du chemin. L’épisode 7 de cette ultime saison de The Boys avait une mission simple sur le papier : faire monter la pression, boucler les dernières boucles et nous laisser en apnée avant le grand final. En théorie, on s’attendait à un rythme effréné, une sorte de sprint final où tout explose. Pourtant, en éteignant l’écran, je reste sur ma faim. Cette saison 5 me chagrine depuis un moment, et cet épisode confirme malheureusement mon impression : la série a toutes les cartes en main, mais elle semble incapable de sortir un coup vraiment percutant.
Le plus gros point de friction, c’est clairement le traitement des gamins de Gen V. Ça fait des plombes qu’on nous tease leur arrivée, surtout avec les ponts jetés entre les deux séries. Voir Marie Moreau et Jordan Li débarquer pour n'occuper l'espace que quelques minutes, c'est presque insultant pour les fans. On attendait une vraie plus-value, un rôle pivot dans la guerre contre Homelander, et finalement, ils sont évacués du décor aussi vite qu'ils sont arrivés. C’est frustrant parce que ça donne l’impression que tout le développement de Gen V ne servait qu’à faire de la figuration de luxe.
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Marie était vendue comme une héroïne capable de tenir tête aux plus grands, et là, elle est réduite à un simple accessoire narratif. C’est un vrai retour en arrière qui fait mal à la cohérence de l'univers. Ce sentiment de potentiel gâché, on le retrouve aussi avec Soldier Boy. Son retour était censé être l'étincelle qui rallume la mèche, surtout avec le passif qu’il a avec Homelander. Mais là encore, on tourne en rond. On ne sait plus trop s’il est une menace sérieuse ou juste un outil que les scénaristes sortent du placard quand ils ont besoin de faire avancer l’intrigue. Son arc dans cet épisode risque d’ailleurs de laisser pas mal de monde sur le carreau.
Pareil pour Sage : on nous l'a présentée comme le cerveau ultime, la femme capable de renverser l'échiquier, mais son écriture est devenue tellement irrégulière qu'on a parfois l'impression que la série ne sait plus quoi inventer pour justifier sa présence. Tout n’est pas à jeter, heureusement. The Boys reste fidèle à son ADN avec cet humour noir qui tape souvent juste. La satire de Vought, les fausses pubs, les discours politiques complètement lunaires… c’est toujours là et ça fonctionne. C’est ce qui fait qu'on reste attaché à ce bordel ambiant. L’épisode prend aussi le temps de s’arrêter un peu sur les anciens. Mother’s Milk nous offre des moments plus humains, plus fragiles, ce qui fait du bien au milieu de tout ce chaos.
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Quant à Butcher, sa chute morale continue. On sent que la frontière entre lui et les types qu'il veut buter est devenue quasi invisible. C’est sombre, c’est poisseux, et c’est sans doute la partie la plus réussie de la saison. Mais voilà, le rythme ne suit pas. Pour un avant-dernier épisode, ça manque cruellement d’urgence. On passe trop de temps sur des discussions qui auraient dû avoir lieu il y a cinq épisodes. À l’approche du dénouement, on a encore trop de dossiers ouverts et trop peu de temps pour les refermer correctement. Et puis, il y a le cas Frenchie. Sa mort est censée être le gros choc de l’épisode.
Le problème, c’est que le personnage a été tellement siphonné par sa relation avec Kimiko ces dernières années qu’il n’existait plus vraiment par lui-même. Sa disparition tombe un peu à plat : c’est prévisible, et l’émotion n’est pas tout à fait au rendez-vous, même si le voir protéger Kimiko jusqu’au bout est logique pour son personnage. On aurait aimé qu'il ait plus d'épaisseur individuelle avant de partir, histoire que le coup de poing nous coupe vraiment le souffle. Au milieu de tout ça, Homelander sauve les meubles. Son rapport au pouvoir est de plus en plus flippant, surtout maintenant qu'il n'a plus aucun garde-fou politique. Ce qui continue de le rendre fascinant, c'est ce vide immense en lui.
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Il a beau être le type le plus puissant du monde, il crève d'envie d'être aimé, et c'est cette faille qui donne encore un peu de relief à la série. C’est d’ailleurs la grande force de The Boys : personne n’est vraiment un héros, tout le monde agit par peur ou par désespoir, et cette zone grise nous empêche de décrocher totalement. En résumé, cet épisode 7 me laisse un goût d’inachevé. Il y a de superbes performances et des scènes qui font mouche, mais la direction globale est floue. Le crossover avec Gen V ressemble à un rendez-vous manqué et les intrigues secondaires prennent encore trop de place alors que le chrono tourne.
Note : 4.5/10. En bref, il ne reste maintenant plus qu’un seul épisode pour tout boucler. Est-ce que la série va réussir à retomber sur ses pattes et nous offrir une fin digne de ce nom ? J'ai envie d'y croire, mais après cet épisode, je commence sérieusement à douter qu'on aura toutes les réponses.
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