Berlin et La Dame à l’hermine (Mini-series, épisodes 3 et 4) : la série passe (enfin) la seconde

Berlin et La Dame à l’hermine (Mini-series, épisodes 3 et 4) : la série passe (enfin) la seconde

On commence à bien capter le rythme de cette saison de La Dame à l’hermine. Après deux premiers épisodes qui s'éparpillaient un peu, les épisodes 3 et 4 redressent la barre. Bonne nouvelle pour les amateurs de thrillers : le braquage revient au premier plan. Même si les histoires de cœur des personnages continuent de foutre le bazar dans l'équipe, on trouve enfin un vrai équilibre entre la tension technique du casse, les coups de bluff psychologiques et les embrouilles internes. Ce qui saute aux yeux, c'est le changement de rythme. Berlin, fidèle à lui-même, décide de lancer l’opération sur un coup de tête, sans validation complète du plan. 

 

Forcement, ça coince direct avec Damian. Ce clash résume parfaitement la dynamique du duo. D'un côté, Damian calcule les risques et anticipe les retours de bâton. De l'autre, Berlin fonce à l'instinct, guidé par son ego surdimensionné. Cette impulsivité apporte un gros coup de boost au scénario, mais elle montre aussi les vraies lacunes de Berlin en tant que boss. En réalité, la série appuie là où ça fait mal : Berlin s'en fiche pas mal de réussir le casse parfait. Ce qui l'excite, c'est de défier le duc de Malaga. Son obsession dépasse largement le cadre du simple vol. Le casse se transforme en un duel psychologique hyper intime entre deux hommes persuadés de dominer l'autre.

 

Les épisodes 3 et 4 basculent d'ailleurs dans le pur film de casse sophistiqué, et ça fait du bien. L’exploration des tunnels sous le domaine du duc nous plonge direct dans l'ambiance. Entre les lasers de sécurité, les passages secrets et les hacks de Keila, on retrouve l’ADN qui faisait l’efficacité de La Casa de Papel. La scène dans la cave souterraine est d'ailleurs le meilleur moment de cette livraison d'épisodes. Quand Berlin découvre la collection secrète du duc, le personnage vrille. Face à toutes ces œuvres volées, il perd presque ses moyens. C'est un excellent rappel de sa philosophie : pour lui, un braquage est une performance artistique, pas un délit. 

 

Cette facette du personnage prend ici une dimension beaucoup plus concrète et fascinante. Visuellement, la réalisation fait du super boulot pour accentuer la pression. L'ambiance confinée des souterrains, les jeux d'ombres et les plans hyper serrés créent une vraie sensation de claustrophobie. Cette mise en scène colle parfaitement à l'état d'esprit du groupe, où tout le monde commence doucement à craquer sous la pression. Le vrai point noir de la série reste sa gestion des intrigues amoureuses. Le feuilleton entre Roi et Cameron prend une place immense, au point de nuire au réalisme. Quand leur dispute permet au prisonnier de se faire la malle, on frôle l'overdose. 

 

On comprend l'idée des scénaristes (montrer que les sentiments font capoter les plans les mieux huilés), mais le procédé devient lourd à force de répétition. Le duo Keila et Bruce souffre du même syndrome. Quand Bruce apprend l'infidélité de Keila, il perd totalement ses moyens en pleine mission alors que l'équipe a besoin d'un mec ultra focus. Ce n'est pas l'existence de ces romances qui pose problème, c'est le fait qu'elles volent trop souvent la vedette au thriller pur. Ce déséquilibre est le grand défaut hérité de la première saison de Berlin. La série balance constamment entre le polar sombre et le mélo romantique. 

 

Heureusement, ces épisodes 3 et 4 s'en sortent mieux en connectant directement les déboires sentimentaux aux conséquences directes sur le braquage. La bonne surprise vient aussi du duc de Malaga. D'abord présenté comme un bourgeois arrogant et sûr de lui, il se révèle être un adversaire coriace pour Berlin. Même s'il accepte les demandes de rançon un peu trop facilement (ce qui donne l'impression qu'il sous-estime le danger), ce jeu du chat et de la souris est bien plus rafraîchissant que les habituelles courses-poursuites avec la police. L'intrigue s'accélère franchement quand l'équipe découvre l'argent sale du duc et le coffre sous la chapelle. 

 

Le casse de La Dame à l’hermine change de dimension : on ne parle plus seulement de voler une toile de maître, mais de braquer un véritable empire financier caché. Pendant ce temps, Berlin se disperse encore à cause de Candela. Il s'isole, zappe les urgences et force Damian à porter le plan à bout de bras. Ce contraste entre le leader poète qui plane et le second couteau qui gère la crise fonctionne bien pour le drama, mais il égratigne sérieusement le statut de génie du crime de Berlin. Dans l'épisode 4, son choix de privilégier Candela en pleine crise montre un homme instable, beaucoup moins maître de son jeu que par le passé.

 

Note : 6/10. En bref, la série muscle son jeu. La tension s'installe, les erreurs se payent cash et la mission est en danger de mort permanente. On a enfin l'impression que l'histoire avance après un démarrage timide. Reste à voir si les prochains épisodes sauront calmer le côté soap opéra pour garder le cap sur le thriller.

Disponible sur Netflix

Berlin et La Dame à l’hermine est la saison 2 de la série Berlin (sous titrée Berlin et les joyaux de Paris) qui a connu une saison en 2023. Par ailleurs, l’univers de La Casa de Papel s’étend et reviendra avec le Professeur et Lisbon dans une toute nouvelle aventure prochainement.  

 

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