10 Mai 2026
On arrive au bout du voyage pour cette deuxième saison de Citadel. Après des semaines à jongler entre les manipulations de Manticore et les secrets de famille des agents, ce septième épisode vient clore le chapitre avec une intention claire : montrer que dans ce monde, personne n’est vraiment à l’abri. On sent que la série a voulu injecter une dose de conséquences réelles là où, jusqu'ici, tout semblait un peu trop lisse. Le résultat ? C’est encore irrégulier, certes, mais on tient enfin un épisode qui ose bousculer le statu quo. Dès l'ouverture, l'ambiance change. On reprend juste après le chaos de l'épisode précédent, et le constat est lourd.
Mason n'est plus là, Nadia est sur le carreau et l'équipe de Bernard Orlick se retrouve à ramasser les morceaux dans leur refuge écossais. Ce qui est intéressant ici, c'est que la série brise enfin ce sentiment d'invulnérabilité qui collait aux personnages. On sort du thriller d'espionnage "catalogue" pour entrer dans quelque chose de plus viscéral. Priyanka Chopra Jonas hérite du rôle de pilier central dans cette conclusion, et honnêtement, ça fait du bien. Son personnage de Nadia devient le cœur battant du récit. Elle se retrouve coincée entre la perte de Mason, une Abby transformée en arme humaine par un contrôle mental flippant, et la froideur absolue de ses propres alliés.
On comprend enfin le message de fond de cette saison : dans l'univers de Citadel, un agent n'est qu'un outil. Qu'on vous efface la mémoire ou qu'on vous implante une puce, votre humanité passe toujours après la mission. L'intrigue autour du sommet du G8 sert de toile de fond à ce cynisme ambiant. Pendant qu'Abby infiltre l'événement sous les ordres de Joana, Bernard Orlick continue de tirer les ficelles en coulisses. Stanley Tucci, qui apportait jusqu'ici une touche d'ironie presque bienvenue, bascule ici dans une zone beaucoup plus sombre. Son personnage est persuadé d'agir pour le bien de l'humanité, mais ses méthodes finissent par ressembler trait pour trait à celles de ses ennemis.
Cette ambiguïté morale sauve l'épisode de la monotonie, même si l'écriture manque encore parfois de finesse dans ses dialogues. C’est d’ailleurs là que le bât blesse encore. Citadel a cette fâcheuse tendance à vouloir tout expliquer. Au lieu de laisser la tension monter d'elle-même, la série se sent obligée de passer par des tunnels de dialogues un peu trop didactiques. La mission d’Abby, par exemple, se déroule sans grande surprise tant les indices semés auparavant étaient voyants. On se laisse porter par le rythme, très efficace au demeurant, mais on cherche encore l'étincelle de pur génie scénaristique. Techniquement, on en a pour notre argent.
On retrouve les marqueurs habituels de la franchise : des hôtels clinquants, des centres de commande qui brillent et des décors internationaux qui en jettent. Mais il faut saluer un vrai progrès par rapport à la saison 1. L’action est devenue lisible. On ne ressort pas de l'assaut final avec une migraine due à un montage trop nerveux. Les fusillades et les scènes d'infiltration sont mieux chorégraphiées, ce qui permet de rester accroché à l'écran malgré un sentiment de déjà-vu persistant. Parce qu'au fond, Citadel court toujours après son identité. Difficile de ne pas voir l'ombre de Jason Bourne ou de Mission Impossible planer sur chaque séquence.
La série possède un budget colossal, mais elle peine encore à s'en détacher pour proposer une mythologie qui lui soit propre. Heureusement, la fin de cet épisode ouvre des pistes encourageantes. Le choix final de Nadia est l'un des moments les plus authentiques de la saison. En décidant de privilégier sa fille plutôt que les guerres de chapelles entre agences, elle gagne une épaisseur que Mason n'a jamais vraiment réussi à atteindre. Elle sort de cette saison avec une trajectoire claire, loin des doutes identitaires qui plombaient le récit jusqu'ici.
Note : 6.5/10. En bref, cette saison 2 de Citadel remonte un peu le niveau. C’est plus cohérent, plus solide visuellement et moins brouillon que les débuts. On reste face à un divertissement calibré, parfois prévisible, mais qui finit sur une note assez sombre pour nous donner envie de voir si la suite saura enfin s’affranchir de ses modèles. C'est un thriller efficace qui fait le job, sans pour autant devenir le nouveau classique du genre.
Disponible sur Amazon Prime Video
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog