10 Mai 2026
On commence à bien connaître la recette Citadel : des agents secrets qui courent partout, des gadgets qui coûtent un bras et des trahisons à chaque coin de rue. Mais avec les épisodes 5 et 6, la série Prime Video semble avoir eu un petit déclic. On lâche un peu la pédale d'accélérateur sur les explosions pour s'intéresser à ce qui se passe dans la tête des personnages. C'est moins spectaculaire, mais franchement, ça fait du bien de voir que ces espions ont un cœur (ou au moins des problèmes de conscience). L’épisode 5 se focalise pas mal sur Mason Kane.
Le pauvre est toujours complètement paumé entre ses deux identités, Kyle et Mason. Ce conflit intérieur traîne un peu depuis le début, mais ici, ça devient enfin le moteur de l'histoire. Son alliance forcée avec Dahlia pour essayer de récupérer Abby apporte une vraie tension. On ne sait jamais vraiment sur quel pied danser avec lui, et cette instabilité rend le personnage plus intéressant qu'à l'accoutumée. Ce qui change surtout, c'est la place laissée aux discussions. On sort du simple manuel de l'espion parfait pour aborder des thèmes comme la culpabilité ou ce qu'on transmet à ses enfants. Les échanges entre Mason et Dahlia essaient d'apporter une couche de réflexion sur la violence et l'héritage familial.
C'est pas forcément du Shakespeare, mais ça donne au moins un peu de relief à une intrigue qui restait jusque-là très en surface. Un truc qui revient souvent dans ces deux épisodes, c'est l'excuse de la famille. Tous les personnages justifient leurs pires coups bas en disant qu'ils font ça pour protéger les leurs. C'est un peu ironique, parce qu'en voulant les sauver, ils finissent toujours par les mettre en plein dans le viseur. Cette contradiction apporte une cohérence émotionnelle qui manquait cruellement aux épisodes précédents. On comprend enfin pourquoi ils prennent des décisions parfois complètement absurdes. Sur la forme, l'épisode 5 reste assez classique.
On a le droit au pack complet : échange de prisonniers, manipulations et révélations qu'on voit venir à dix kilomètres. Pourtant, le rythme est mieux géré. L'action est moins brouillonne et la mise en scène prend le temps d'installer une vraie pression, notamment pendant la fausse négociation autour de Braga. C'est propre, c'est luxueux, et ça fait le job. Priyanka Chopra Jonas confirme qu'elle est le pilier de cette saison. Son personnage de Nadia gagne en épaisseur. Elle n'est plus juste l'espionne badass de la saison 1, elle montre enfin des failles. Face aux doutes de Mason, elle apporte une stabilité qui rend leur duo plus crédible.
De son côté, Richard Madden s'en sort bien, même si son côté je suis perdu dans ma mémoire commence à tourner un peu en rond. On a compris qu'il devait choisir qui il voulait être, et la série a tendance à nous le répéter un peu trop souvent. Heureusement, l'épisode 6 vient bousculer tout ça en isolant les personnages dans un refuge avant le sommet du G8. Cet épisode 6 est sans doute le plus calme de la saison, et c'est peut-être le meilleur pour cette raison précise. En ralentissant l'intrigue, la série oblige Mason, Abby et Nadia à se confronter. On parle enfin du coût humain de toute cette technologie. Ces agents sont littéralement des outils qu'on reprogramme ou dont on efface les souvenirs selon les besoins.
C'est le côté le plus sombre et le plus fascinant de Citadel, et c'est plaisant de voir la série s'y arrêter un moment. Alors oui, l'écriture manque encore de finesse par moments. Certaines scènes de ménage ou déclarations enflammées virent un peu au mélo et rappellent presque les feuilletons de l'après-midi. Le triangle amoureux entre les trois protagonistes manque parfois de subtilité pour qu'on soit totalement ému. Mais malgré ça, on sent une vraie évolution. Les choix faits ici ont des conséquences concrètes et on sent que la suite ne pourra pas juste revenir à la normale comme si de rien n'était.
Globalement, cette saison 2 est bien plus solide que la première. C'est plus cohérent, les personnages ne sont plus juste des pions sur un échiquier international et l'action est mieux intégrée au récit. Visuellement, c'est toujours aussi impeccable, avec des décors grandioses et une image très soignée, mais cette fois, l'esthétique sert un peu plus l'émotion.
Note : 6.5/10. En bref, Citadel reste une série très codée, parfois trop prévisible, mais ces épisodes 5 et 6 prouvent qu'elle a plus à offrir que de simples poursuites en voiture. Si la franchise continue de creuser ce sillon plus intime et psychologique, elle pourrait enfin devenir la grande série d'espionnage qu'elle ambitionne d'être. J'attends de voir si le final transformera l'essai ou si elle retombera dans ses travers habituels.
Disponible sur Amazon Prime Video
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